Des universitaires britanniques votent le boycott d’universités israéliennes

Extraits de la presse britannique, jeudi 28 avril 2005

Des uni­ver­si­taires pales­ti­niens ont lancé une cam­pagne pour le boycott uni­ver­si­taire et culturel d’Israël. Ils ont été entendus par les uni­ver­si­taires britanniques.

En Grande Bre­tagne le plus grand syn­dicat d’universitaires AUT, Asso­ciation of Uni­oversity Tea­chers) a voté le boycot de 3 Uni­ver­sités israé­liennes pour com­plicité dans l’occupation des Ter­ri­toires palestiniens.

Les semaines passées, le débat a attiré l’attention inter­na­tionale sur le syn­dicat qui repré­sente environ 48 000 ensei­gnants dans des Uni­ver­sités qui datent presue toutes d’avant 1992

Selon des sources internes, l’Autorité pales­ti­nienne a accueilli favo­ra­blement ce "geste de soli­darité avec le peuple pales­tinien" et émis le voeu que d’"autres groupes inter­na­tionaux fassent pression sur Israël".

Omar Bar­ghouti, l’un des ini­tia­teurs de la Cam­pagne pales­ti­nienne pour le boycot uni­ver­si­taire et culturel d’Israëla déclaré :" Le tabou est enfin détruit. A pârtir de main­tenant il sera accep­table de com­parer le système d’apartheid d’Israêl à celui quyi l’a précédé en Afrique du Sud".


En Grande Bre­tagne, le plus grand syn­dicat d’enseignants des Uni­ver­sités a été accusé le 22 avril 2005 de miner la liberté uni­ver­si­taire par suite du vote sur le boycott de deux uni­ver­sités en Israël.

Ses 40.000 membres seront invités à ne pas co-​​opérer avec les uni­ver­si­taires de Haïfa et de Bar-​​Ilan, ce qui pourrait signifier la mise au rancart de projets communs.

Sally Hunt, la secré­taire générale de l’Association of Uni­versity Tea­chers (AUT) (asso­ciation de pro­fes­seurs d’université) dit que les membres rece­vront sans doute un guide sur la façon de mener le boycott. Les diri­geants vont aussi se pencher sur la pos­si­bilité de boy­cotter une troi­sième uni­versité, l’université Hébraïque de Jérusalem.

Sally dit que l’Union fera également cir­culer une décla­ration des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes demandant un boycott uni­ver­si­taire de toutes les ins­ti­tu­tions israéliennes.

La décision prise pendant la confé­rence annuelle de l’Union à East­bourne, a été décrite comme « étant une voie dan­ge­reuse » par les Amis Uni­ver­si­taires d’Israël. « Si les sponsors de cette cam­pagne de boycott réus­sissent quelque chose, ce ne fera que miner encore plus le progrès, la col­la­bo­ration et la paix au Moyen Orient » a dit Ronnie Fraser, son président.

Le boycott a été proposé par la branche de l’Union de Bir­mingham qui repré­sente environ la moitié des ensei­gnants du supé­rieur dans les uni­ver­sités tra­di­tion­nelles d’avant 1992.

Shereen Ben­jamin, une ensei­gnante juive du supé­rieur à l’Université de Bir­mingham, sou­tient l’action en disant : « Quelqu’un m’a demandé ce que cela avait à voir avec ‘AUT’. Ceci a tout à voir avec ‘AUT’. »

« Nous sommes une com­mu­nauté uni­ver­si­taire globale et le silence vaut approbation ».

John Bennett, de l’Université Ouverte, a déclaré qu’il était temps pour l’Union de réagir à ce qui se passe en Cis­jor­danie. « L’appel à l’aide pales­tinien devrait être traité comme s’il venait des Uni­ver­sités de Not­tingham ou du Middlesex ».

L’ambassade israé­lienne considère le boycott comme « pervers ». Un porte-​​parole a dit « Les uni­ver­sités israé­liennes sont des balises de liberté uni­ver­si­taire où les juifs et les arabes étudient ensemble ».

« Les uni­ver­si­taires devraient être à la pointe de la coopé­ration inter­na­tionale ; en faisant passer ces réso­lu­tions, l’AUT fait exac­tement le contraire ».


Le syndicat AUT vote le boycott de deux universités israéliennes

L’AUT (Asso­ciation of Uni­versity Tea­chers) regroupe 48.700 ensei­gnants d’université en Grande-​​Bretagne. C’est le prin­cipal syn­dicat d’universitaires.

Lors de sa session du 22 avril, le conseil national de ce syn­dicat (200 délégués) a voté le boycott de deux uni­ver­sités israé­liennes, Haifa et Bar-​​Ilan, repré­sentant le quart des effectifs uni­ver­si­taires israé­liens. Cette décision a été acquise malgré, semble-​​t-​​il, les réti­cences du bureau exé­cutif du syndicat.

L’université de Haifa est boy­cottée pour avoir res­treint la liberté d’expression de ceux qui condam­naient la poli­tique israé­lienne. On se sou­vient notamment des mesures prises à l’encontre de Ilan Pappé et des ten­ta­tives faites pour l’exclure du corps enseignant.

L’université Bar-​​Ilan est boy­cottée pour avoir créé un établis­sement en Cis­jor­danie dans la colonie Ariel. Une troi­sième, l’Université Hébraïque de Jéru­salem, était sur la sel­lette mais les délégués ont sou­haité reporter leur décision à son encontre dans l’attente d’informations com­plé­men­taires. Elle est accusée d’avoir confisquée des terres à des familles palestiniennes.

Les rela­tions avec les uni­ver­si­taires israé­liens qui s’opposent à la poli­tique israé­lienne d’occupation seront évidemment maintenues.

La « machine pro-​​israélienne » est en marche pour essayer de contrer cette décision : Malcolm Grant, pré­sident de l’Université de Londres, a condamné cette décision en invo­quant la liberté d’expression, déclarant qu’il ne fallait pas mélanger la poli­tique et la coopé­ration académique.

Et comme d’habitude, pour faire taire toute oppo­sition à la poli­tique israé­lienne, on retrouve des accu­sa­tions d’antisémitisme.

A la sortie du conseil du 22 avril, plu­sieurs délégués de l’AUT qui ont par­ticipé à l’élaboration des motions, ont exprimé leur fierté d’appartenir à un syn­dicat qui défende les droits de l’homme dans le monde et leur volonté de pour­suivre ce combat.


*The texte intégral de l’appel pales­tinien se trouve sur les sites web suivants : http://​right2edu​.birzeit​.edu/​n​ews/a… et http://​www​.bricup​.org​.uk


Sue Bla­ckwell, une ensei­gnante du supé­rieur à l’université de Bir­mingham et une des auteurs des motions de boycott, dit que le boycott signi­fierait que des uni­ver­si­taires refu­seront de visiter les ins­ti­tu­tions ou prendre part dans des projets financés conjoin­tement. Elle sou­tient que les uni­ver­si­taires et étudiants pales­ti­niens conti­nuent à souffrir à cause de la « des­truction infligée par le gou­ver­nement israélien aux infra­struc­tures palestiniennes ».

Mme Bla­ckwell dit aussi que cer­tains étudiants de pre­mière année de Gaza qui passent leur licence en Cis­jor­danie ont été « illé­ga­lement déportés » à Gaza et ne peuvent plus ter­miner leur licences.

Ce sera la deuxième fois que le débat sera discuté par l’ ‘AUT’. En 2003, il a été rejeté suite à une forte oppo­sition venant de la direction de l’Union. La direction est tou­jours opposée au boycott mais elle est prête à faire cir­culer l’appel des Pales­ti­niens pour un boycott à des fins « d’information et de discussion ».

Néan­moins, les diri­geants de l’Union vont essayer de per­suader les membres de rejeter le boycott et ils ont mis en avant une motion rivale sou­tenant qu’une « réso­lution paci­fique des pro­blèmes au Moyen Orient ne se trouvera pas en érigeant des bar­rières mais seulement par un dia­logue ouvert ».

Ronnie Fraser, pré­sident des Amis Uni­ver­si­taires d’Israël, a écrit aux délégués d’ ‘AUT’ pour les pousser à rejeter les motions qui, soutient-​​il, ne sont qu’une ten­tative des extré­mistes pour dia­bo­liser Israël. « Les motions, si elles passent, condui­raient à la mise en place de com­mis­sions du style McCar­thyste au sein de l’AUT afin d’examiner les points de vue poli­tiques des uni­ver­si­taires israé­liens avant de passer en revue leur travail ou de consi­dérer une col­la­bo­ration » dit-​​il. « En fin de compte, ce sont des ten­ta­tives d’extrémistes pour jus­tifier une poli­tique dis­cri­mi­na­toire qui dia­bolise Israël ».

Le Pro­fesseur Yeheskel Taler, pré­sident adjoint du Conseil Israélien pour l’Education Supé­rieur, a recom­mandé à l’Union de rester en dehors « de toute activité poli­tique arbi­traire ». Il dit : « Les accu­sa­tions portées contre les uni­ver­sités israé­liennes sont basées sur des infor­ma­tions biaisées et trom­peuses. Nous demandons à l’ ‘AUT’ de s’abstenir de toute activité poli­tique arbi­traire qui n’a rien à faire avec l’avancement de la connais­sance et la science ».

Un boycott est une question débattue depuis long­temps et conten­tieuse. Une pétition insistant sur la non-​​ coopé­ration avec les uni­ver­sités israé­liennes a été signée par des cen­taines d’universitaires de par le monde.