Des nouvelles du Liban

Beit Atfal Assoumoud, mercredi 30 mai 2007

Nous recevons chaque jour des mes­sages élec­tro­niques de la part de par­rains et mar­raines qui nous demandent des nou­velles de leur filleul(e) de Nahr El-​​Bared, tant ils sont inquiets pour leur sécurité.

Chers amis,

Nous recevons chaque jour des mes­sages élec­tro­niques de la part de par­rains et mar­raines qui nous demandent des nou­velles de leur filleul(e) de Nahr El-​​Bared, tant ils sont inquiets pour leur sécurité. Nous vou­drions ras­surer tout le monde : tous les enfants et l’équipe de Nahr El-​​Bared sont sains et saufs mais psy­cho­lo­gi­quement encore sous le choc. Une équipe de tra­vailleurs de terrain a lancé une mission de recherche pour loca­liser ces enfants et essayer de ras­sembler de l’information sur eux. Abdallah, directeur du centre, a confirmé qu’il n’y a aucun enfant de BAS parmi les blessés et les morts, mais en ce qui concerne les des­truc­tions de maisons aucune n’a été épargnée, bien que le chif­frage exact des dom­mages ne soit pas connu à l’heure qu’il est.

Nous tra­vaillons également à loca­liser les familles qui sont réfu­giées dans d’autres camps et à ce stade nous dis­posons des chiffres suivants :

Burj El-​​Barajneh : 170 familles Chatila : 100 Burj El-​​Shemali : 32 Rashidieh : 25

Le nombre de familles dis­persées dans dif­fé­rentes zones en dehors des camps est inconnu.

La plupart de ces familles restent avec des parents ou des amis, mais, à cause de la capacité limitée d’accueil, les comités à l’intérieur des camps ont décidé d’ouvrir toutes les maisons inoc­cupées (dont les pro­prié­taires sont absents) pour accueillir les familles à la rue.

La tension est très grande et le désastre dépasse l’imagination. Notre équipe subit une incroyable pression mentale et phy­sique et ceux de Nahr El-​​Bared qui ont également été frappés par la catas­trophe connaissent des moments de désespoir ; dans ces moments, ils ne peuvent rien faire d’autre que s’asseoir et pleurer toutes les larmes de leur corps.

J’aimerais sug­gérer aux volon­taires de dif­fé­rents pays d’écrire des lettres récon­for­tantes de soli­darité et d’encouragement, pas seulement aux enfants et aux familles mais aussi à notre équipe. Car je crois que le secours ne se limite pas à l’aide maté­rielle : après tout nous sommes des êtres humains, et nous payons au prix fort notre longue endu­rance, notre résis­tance illi­mitée. Et ce serait vraiment bien si des enfants de chez vous par­ti­ci­paient à une telle campagne.

Merci à tous. Amicalement,

Hanan