Des militants détenus en Israël

Communiqué de presse, 22 octobre 2012

Campagne suédoise "Un bateau pour Gaza", mardi 23 octobre 2012

"Je suis maintenant en route vers chez moi mais je n’arrête pas de penser à mes camarades du bateau, mes compagnons militants venus d’autres pays qui sont toujours emprisonnés dans des conditions dures, soumis à aux interrogatoires du Shabak, le service de sécurité. Parmi eux, des parlementaires de plusieurs pays"a déclaré Elik Elhanan, l’un des militants israéliens qui se trouvaient à bord du navire suédois, l’Estelle, qui se rendait à Gaza.

Aujourd’hui le tribunal a décidé de le libérer, comme deux autres Israéliens détenus, Yonatan Shapira [1] et Reut Mor. "Au début ils ont essayé de nous accuser de toutes sortes de délits graves, comme ’aide à l’ennemi’. Le tribunal a tout de suite rejeté ça. Aujourd’hui ils ont essayé d’utiliser un article de loi intitulé ’Tentative d’infiltration dans une partie de la terre d’Israël qui ne fait pas partie de l’Etat d’Israël’(sic). Mais le tribunal a également rejeté cette accusation."

Les militants emprisonnés étaient défendus par l’avocate Gaby Lasky et son équipe, qui ont une très longue expérience des cas de défense des droits humains.

Les militants libérés [2] ont été accueillis dans la joie par des militants de la paix qui s’étaient rendus au tribunal, dont les parents d’ Elik Elhanan - Rami Elhanan et Nurit Peled-Elhanan, la fille du défunt Major Général Matti Peled. Smadar Elhanan, la soeur d’Elik, fut tuée dans un attentat suicide au centre de Jérusalem - une expérience horrible qui a renforcé la détermination des membres survivants de la famille à rechercher la paix entre Israéliens et Palestiniens, afin d’empêcher qu’il y ait d’autres victimes de part et d’autre.

"J’ai vécu des jours difficiles, mais je ne regrette absolument pas d’être monté sur ce bateau. Je savais à quoi m’attendre" a déclaré Elik Elhanan. "Pendant le voyage, un contact particulier s’est établi entre moi et Evangelis, un parlementaire grec qui naviguait avec nous. Quand les commandos marins sont montés à bord et que leur barrions l’accès au pont, Evangelis m’a dit que nous avions fait naître chez lui l’amour du peuple d’Israël et l’espoir d’un avenir meilleur au Moyen-Orient. Peu de temps après ils nous ont séparés. Hier soir, quand ils ont mis Dror Feiler dans notre cellule, il nous a dit que les interrogateurs du Shabak avaient durement frappé Evangelis. Le Shabak a menti honteusement aux Consuls et aux représentants des pays étrangers, en leur disant que leurs nationaux et parlementaires avaient été bien traités." Dror Feiler, né en Israël et dont la mère, Pnina, vit dans le kibboutz Yad Hana, a renoncé à la citoyenneté israélienne quand il est parti à Stockholm, aussi a-t-il presque tout le temps été séparé des détenus israéliens.

"Ils ont fait un usage de la force complètement disproportionné contre nous" continue Elhanan. "Quand la marine est arrivée pour nous aborder, Yonatan Shapira a compté pas moins de 15 navires qui nous entouraient de toutes parts. Des grands bateaux et des petits, un porte-hélicoptère, et les zodiacs des commandos de la marine. 15 vaisseaux militaires armés contre un petit bateau civil qui transportait des jeux pour les enfants de Gaza. Nous avons dû déranger sérieusement la Marine et ceux qui leur donnent les ordres.

Quand ils sont montés à bord et que leur barrions le chemin, ils savaient parfaitement qui j’étais. Ils ont crié en hébreu : ’Elhanan, tu vas payer pour tes idées de gauche !’ et ils ont utilisé un taser pour m’infliger des chocs électriques. Alors qu’ils avaient fini de prendre le contrôle de notre bateau, ils ont continué à utiliser des tasers et à nous infliger des chocs électriques. Mais s’ils pensent nous dissuader, moi et ceux qui étaient avec moi, ils se trompent. Le blocus de Gaza est un crime qui dure et auquel il faut mettre fin. Nous continuerons le combat".

Contact :

Elik Elhanan +972-2-5700112

or via Nurit Peled-Elhanan +972-547-578703

Adv. Gaby Lasky +972-54-4418988

[1ancien pilote de chasse, qui a refusé de bombarder les villes et villages palestiniens pendant la deuxième Intifada

[2nous apprenons au moment de publier que les trois Israéliens de l’Estelle sont assignés à résidence, 14 passagers étant encore détenus