Des communes françaises pour la libération des prisonniers palestiniens

À l’occasion de la journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens, la mairie de Gennevilliers réitère son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne.

Margaux Mazellier, Politis, mercredi 20 avril 2016

« La bataille pour la libération de Marwan Barghouti est une bataille pour tous les prisonniers palestiniens », a lancé lundi soir Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, lors d’une réunion qui se tenait en mairie à l’occasion de la journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens. Le maire communiste participe activement à la campagne internationale de libération de ce député palestinien, détenu par Israël depuis quatorze ans. Une campagne qui compte aujourd’hui plus de 7.400 signataires.

La ville de Gennevilliers fait parti du « Réseau Barghouti » regroupant vingt-deux communes qui ont fait le choix d’élever le prisonnier au rang de citoyen d’honneur. Une délégation est d’ailleurs prévue au mois de juin pour permettre à chaque maire participant, accompagné du député européen Patrick Le Hyaric, d’aller rendre visite à Marwan Barghouti dans sa prison israélienne.

Le « Mandela palestinien »

Emprisonné depuis le 15 avril 2002, Marwan Barghouti est devenu un symbole de l’occupation. Ce militant du Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, est accusé du meurtre de cinq civils israéliens et d’avoir été impliqué dans quatre attaques terroristes. Son fils, Qassam s’est rendu hier à Gennevilliers, dans le cadre de la journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens, pour continuer à faire vivre la parole de son père au-delà des portes de sa cellule :

Marwan Barghouti appelle à la libération de la Palestine et à la création de l’État palestinien selon les frontières d’avant 1967, reconnues par la communauté internationale. Ce n’est pas son but, c’est celui de tous les Palestiniens !

Un discours dans lequel se reconnaît une majorité des Palestiniens qui voient en lui un vrai leader politique. Un discours qui vise aussi à réunifier un peuple pris en étau entre diverses factions armées et politiques. « Il est membre du Fatah mais essaye de coordonner les positions des différentes factions comme celles du Hamas ou encore du jihad islamique, précise Qassam, ce qui signifie que nous avons une base pour mettre tout le monde plus ou moins d’accord et unifier la parole politique du peuple palestinien. »

Pour les coordinateurs de la campagne internationale de libération de Marwan Barghouti, ce discours unificateur et ce combat contre l’apartheid rappellent celui de Nelson Mandela. Cette campagne provoque la rage de la Ligue de Défense Juive qui accuse la mairie de Gennevilliers de faire l’apologie du terrorisme et de pratiquer des politiques « communistes antijuives ». Une dénonciation accompagnée de menaces contre les Gennevillois.

440 enfants dans les prisons israéliennes

Qassam lui aussi a connu la prison. Étudiant dans une université américaine, c’est lors d’un séjour en Palestine qu’il a été arrêté à la frontière par les forces israéliennes. « J’avais 17 ans. J’ai du passer quatre ans en prison, juste parce que j’étais le fils de Marwan Barghouti. Ils essayaient de trouver d’autres accusations : membre du Fatah, étudiant activiste... Mais c’est ce que font tous les Palestiniens ! »

Selon un rapport de Human Rights Watch, le nombre de mineurs détenus en Israël aurait plus que doublé depuis octobre 2015. Parmi les 7.000 prisonniers palestiniens estimés, 440 seraient âgés de 12 à 17 ans. Des prisonniers, enfants comme adultes, retenus en toute illégalité au regard du droit international puisque la Convention de Genève interdit le déplacement d’un prisonnier d’une zone occupée vers le pays occupant.