Des Palestiniens attaquent Israël en justice

jeudi 16 octobre 2008

Pour la pre­mière fois dans l’histoire des confis­ca­tions de terres privées pales­ti­niennes, cinq Pales­ti­niens attaquent l’Etat d’Israël en justice pour ne rien avoir entrepris pour leur rendre leur terre, sur laquelle se trouve aujourd’hui l’avant-poste illégal de Migron.

Maître Michaël Sfard repré­sente cinq Pales­ti­niens des vil­lages de Burka et Dir Dibwan. Il a déposé la plainte dimanche auprès du Tri­bunal d’instance de Jérusalem.

Migron a été établi en 1999 sur le faux pré­texte de construire une antenne près de l’implantation d’Ofra. En 2001, pendant la seconde Intifada, ses fon­da­teurs y ont ins­tallé leurs mobiles homes puis ont construit des struc­tures per­ma­nentes en 2003. Aujourd’hui, il s’y trouve plus de 60 mobiles homes et deux struc­tures per­ma­nentes, d’après Sfard. Quarante-​​trois familles y vivent.

Le gou­ver­nement serait impliqué de près dans le déve­lop­pement de Migron. Le ministère de la Construction et du Logement aurait alloué 4 325 mil­lions de shekels à son infrastructure.

D’après Sfard, en réponse à une plainte déposée par les pro­prié­taires pales­ti­niens le 30 janvier 2006, le gou­ver­nement a confirmé que la terre sur laquelle Migron repose est pales­ti­nienne, que l’avant-poste est illégal, qu’un un ordre de démo­lition de toutes les construc­tions et une inter­diction de bâtir sur ce terrain ont été publié.

En réalité, au lieu d’évacuer l’avant-poste, le gou­ver­nement a tenté cet été, avec l’autorisation de la Haute Cour de justice, de par­venir à des accords avec le Conseil des com­mu­nautés juives de Judée-​​Samarie et de Gaza pour relo­ca­liser Migron sur un site voisin. Le Conseil a jusqu’au 6 novembre pour choisir son nouvel empla­cement et trouver un logement à ses habitants.

Les familles pourront rester jusqu’à la construction de leurs nou­velles maisons sur ce site alter­natif. Ce n’est qu’à ce moment que l’avant-poste sera évacué.

Mais les familles n’ont pas l’intention de partir. Elles consi­dèrent que leur pré­sence à Migron et les inves­tis­se­ments faits par le gou­ver­nement sont les preuves qu’il pré­voyait d’autoriser l’existence de cet avant-​​poste. Elles affirment aussi avoir acheté une partie du terrain, question également débattue au tribunal.