Derrière les Fronts - Résistance et Résilience en Palestine

AFPS Gennevilliers, jeudi 1er décembre 2016

Le film "DERRIÈRE LES FRONTS - RÉSISTANCES ET RÉSILIENCE EN PALESTINE", de la réalisatrice Alexandra DOLS, a été projeté le lundi 28 novembre au cinéma Jean VIGO à Gennevilliers, à l’initiative du comité France Palestine de Gennevilliers (groupe local de l’Association France Palestine Solidarité) de Gennevilliers, de la ville et en partenariat avec "Femmes solidaires" et l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France).

C’est un film au thème original et pourtant évident : la colonisation et, en réaction, les résistances non pas seulement à l’occupation des terres mais des ESPRITS ("Derrière les fronts...") dans une situation prégnante de violences permanentes et traumatisantes mais aussi de guerre psychologique misant sur la peur, la honte, l’humiliation et donc enjeu de luttes intimes pour l’estime de soi et le moral.

Conclu par une salve nourrie d’applaudissements, le film a été suivi d’un débat avec la réalisatrice et la psychiatre palestinienne Samah JABR, principale protagoniste et inspiratrice du film. cette discussion de près de 2h avec une salle pleine a été passionnant.

La réalisatrice a expliqué l’origine de son film après la découverte de textes de Samah JABR, également écrivaine, commentant Frantz FANON et à l’occasion de son précédent documentaire sur les femmes combattantes algériennes lors de la guerre de libération.

En réponses aux questions, elle est revenue sur les conditions de réalisation et les difficultés de production en l’absence de toute subvention institutionnelle, hormis celles de quelques villes (dont Gennevilliers et Fontenay / Bois) et avec le seul soutien financier d’associations (dont l’AFPS) et d’un financement participatif qui en a permis la poursuite et l’achèvement. Cependant la subvention du Département du 94 et de la municipalité d’Echirolles auront permis le déroulement de la tournée du film, en région Parisienne et en Province une dernière séance aura lieu à Paris, vendredi 2/12 au cinéma Accattone dans l’attente d’un distributeur pour une sortie nationale espérée début 2017.

Samah JABR a précisé sa position professionnelle (responsable du secteur santé psychiatrique de l’Autorité Palestinienne et du principal centre de soin, celui de Ramallah), mais surtout conceptuelle : le refus de "pathologiser" des difficultés individuelles liées au contexte traumatique particulier de l’occupation violente, de la colonisation et de l’apartheid et la volonté de construire la résilience dans la solidarité et les luttes de résistance populaires.

Dans le débat, elle donnera l’exemple d’un garçon de 14 ans, arrêté 14 fois depuis l’age de 12 ans, et rétif à l’autorité familiale de ceux qui n’avait pas su le protéger. Son problème ne pouvait se résoudre par un traitement médical.....

Avant le générique, le film commence sur une réunion de psychiatres israéliens lors de laquelle Samah JABR est interrogée sur les traitements thérapeutiques des traumatismes constatés chez leurs patients, et induits par les violences dont ils ont été témoins ou protagonistes. D’emblée et directement elle leur répond que ce ne peut être son problème car tout ce qui aidera ses occupants à souffler contribuera, elle, à l’étouffer. Dans le débat, elle explicitera sa position : ceux qui vivent mal les violences qu’ils infligent aux palestiniens ne peuvent de surcroit demander un traitement pour pouvoir continuer.

Ce film n’est pas construit sur des scènes de traitements psychiatriques, des approches médicales et thérapeutiques mais, très pédagogiquement, sur un inventaire thématique des violences subies (avec de nombreux prêts de photos et vidéos, parfois violentes) et des formes de résistances qui expliquent l’incroyable résilience, la persévérance et l’imperturbable moral des palestiniens, forgés dans la solidarité de leur lutte pour un État.

La soirée à Gennevilliers a été prolongée le lendemain par la signature du jumelage entre la Ville de Gennevilliers et la Ville d’El Bireh, jumelage qui donne plus d’extension à la convention de coopération qui liait ces deux villes et à l’engagement de la ville de Gennevilliers dans la solidarité avec la Palestine