Ligue des étudiants arabes en Europe, jeudi 11 mars 2010
La lutte pour l’égalité des sexes dans le monde arabe s’intègre dans une lutte plus vaste pour l’émancipation et la progression des femmes dans le monde.
Chaque année, le 8 mars, la Journée internationale de la Femme est célébrée à travers le monde. Journée importante où, tous, nous pensons à ces femmes qui ont été, et qui sont toujours, dans une détresse affligeante, principalement là où les maltraitances et les inégalités entre les sexes prévalent toujours. Le savoir nous conduit à faire des choix, c’est pourquoi en tant qu’Arabes, comme en tant qu’êtres humains simplement, nous nous opposons avec force à ces comportements révoltants envers les femmes et à toutes les autres pratiques maléfiques scandaleuses dans leur pays d’origine. Les violations des droits humains élémentaires, tels que les crimes d’honneur en Jordanie, les mariages d’enfants en Arabie saoudite, les mauvais traitements des domestiques étrangères au Liban et en Syrie, dans le Golfe et au Maroc, sont toujours en pratique, à l’heure où nous parlons.
La lutte pour l’égalité des sexes dans le monde arabe s’intègre dans une lutte plus vaste pour l’émancipation et la progression des femmes dans le monde. Les apparences peuvent être trompeuses, car la situation des femmes en Europe est autant inquiétante que dans les autres pays, les femmes dans les pays occidentaux sont loin d’être choyées. Par exemple, elles gagnent beaucoup moins que les hommes pour un même travail et sont confrontées encore à bien des obstacles pour leur carrière. En ce qui concerne la politique, c’est toujours la voix des hommes qui prédomine. Les abus sexuels et les violences domestiques restent des tabous dans le monde entier.
Dans le même temps, nous ne tolérons pas certaines projections occidentales sur les femmes arabes et cette façon de traiter avec condescendance la lutte féministe arabe. Les féministes d’Occident creusent leurs propres tombes et mêlent les femmes arabes à un soi-disant concept de libération, qui n’est autre qu’une projection de leur propre manière de vivre. Certaines féministes occidentales sont allées jusqu’à applaudir aux invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, et comme il est généralement reconnu, la situation de la femme iraquienne s’est considérablement détériorée depuis l’invasion. La prostitution, la peur du terrorisme, la perte des moyens de subsister, le veuvage, une aggravation de la violence domestique, l’incapacité à envoyer les enfants à l’école, et toutes les autres formes de carences sont le reflet d’un Iraq et d’un Afghanistan « libérés ». Une idée fausse tenace est qu’une domination patriarcale serait liée inextricablement à la civilisation arabo-islamique. Le nombre croissant des femmes islamistes en politique a joué un rôle important dans ces mouvements. Ailleurs, en Europe par exemple, nous voyons que la femme voilée fait partie de l’avant-garde pour l’égalité des sexes et la liberté de choix.
Dans le cadre de son combat pour un monde basé sur la justice, la Ligue des étudiants arabes en Europe ne peut pas ne pas reconnaître que l’égalité des sexes joue un rôle indispensable dans la réalisation de cet objectif. A quelque chose malheur est bon, par conséquent nous adhérons pleinement à la Journée internationale de la Femme et nous espérons que le noble objectif de l’émancipation des femmes ne reste pas un vœu pieux ou un slogan creux.