Déclaration du Bureau national de l’AFPS à propos d’un arrêté du Préfet de l’Hérault

AFPS, mardi 3 novembre 2015

L’AFPS a pris connaissance d’un arrêté du Préfet de l’Hérault qui vient d’interdire une manifestation du « comité BDS 34 » prévue le 31 octobre en s’appuyant notamment sur le fait que « la manifestation organisée (…) vise au boycott de produits israéliens ; que cet appel au boycott constitue un délit constitutif de provocation à la discrimination, ainsi que vient de le confirmer la Cour de cassation dans un arrêt du 30 octobre 2015 » (sic, en réalité du 20 octobre).

Cette utilisation du jugement de la Cour de cassation est particulièrement grave.

Pour sa part, l’AFPS ne se laissera pas intimider et poursuivra ses actions dans le cadre de la campagne internationale BDS, aussi souvent que possible dans le cadre de collectifs locaux, et toujours avec le souci de refuser toute provocation. La journée d’action du 7 novembre en direction de la grande distribution sera de ce point de vue une nouvelle étape de la mobilisation pour obtenir le retrait de la vente de tout produit susceptible de provenir des colonies israéliennes établies en Palestine occupée en violation du droit international et des Conventions de Genève.

Cette décision est justifiée également par le fait que « compte-tenu de son objet même et des mots d’ordre habituellement scandés, la manifestation constitue en elle-même un trouble à l’ordre public ». L’arrêté se place là dans une logique « préventive » parfaitement spécieuse et dangereuse qui s’inscrit dans la mise en cause générale des libertés publiques installée par diverses mesures à la suite des attentats de janvier.

Par ailleurs l’arrêté ne s’embarrasse pas de scrupules pour tordre la réalité et mettre en cause la LDH la créditant d’une contre-manifestation imaginaire en mai dernier.

A l’heure où la jeunesse palestinienne dans les territoires occupés se dresse contre l’occupation en payant un lourd tribut à la répression, l’AFPS condamne fermement ce type de mesure administrative dérisoire qui accompagne de façon choquante le renoncement politique de la France à sanctionner les apprentis sorciers au pouvoir en Israël. Contre ce blanc seing donné à des responsables qui relèvent de la Cour pénale internationale, nous poursuivrons notre recherche de rassemblement le plus large pour permettre l’expression politique de la solidarité du peuple de France.

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