Déclaration de l’AFPS après l’élection présidentielle

AFPS, dimanche 13 mai 2007

Nicolas Sarkozy vient d’être élu pré­sident de la Répu­blique. L’Association France-​​Palestine-​​Solidarité en prend acte. A l’occasion de son congrès national réuni ces 12 et 13 mai, l’AFPS tient à rap­peler à la fois l’urgente nécessité d’une solution poli­tique au Proche-​​Orient fondée sur le respect du droit inter­na­tional per­mettant d’aboutir à une paix juste et durable, et celle d’un enga­gement résolu de la France pour y parvenir.

Saint-​​Denis, 13 mai 2007

Le Moyen-​​Orient tout entier, et plus lar­gement la Médi­ter­ranée, subissent les ondes de choc désas­treuses, tant humai­nement que poli­ti­quement, de la pour­suite de la guerre en Afgha­nistan, de la pour­suite de l’occupation en Irak. Lancée dans le men­songe, au nom de l’anti-terrorisme, au mépris du droit et des Nations unies, la guerre contre l’Irak n’a pas produit la sécurité annoncée, bien au contraire. Après les élec­tions amé­ri­caines désa­vouant la poli­tique de la Maison Blanche, le rapport de la com­mission amé­ri­caine bipar­tisane Baker-​​Hamilton a confirmé le désastre que repré­sente cette occupation.

Et voici pourtant que des menaces de nou­velle guerre se pro­filent, en l’occurrence contre l’Iran, dont les consé­quences ris­que­raient d’être au moins aussi funestes. Que cer­taines des décla­ra­tions de l’actuel pré­sident iranien sus­citent la répro­bation est une chose ; que les actuelles vel­léités ira­niennes de se doter de cen­trales nucléaires donnent lieu à des cam­pagnes pré­parant à l’hypothèse d’une nou­velle guerre en est une autre. Celles-​​ci sont d’autant plus injus­ti­fiables que per­siste un silence com­plice quant à l’armement nucléaire de la puis­sance israé­lienne, lequel est quant à lui non pas virtuel mais bien réel ; et qu’est exclue de l’ordre du jour l’option de la dénu­cléa­ri­sation com­plète et sous contrôle de toute la région.

Les rap­por­teurs du rapport Baker-​​Hamilton sou­li­gnaient aussi la cen­tralité du conflit israélo-​​palestinien dans les crises du Proche-​​Orient, la nécessité d’une paix globale israélo-​​arabe et sin­gu­liè­rement d’une paix israélo-​​palestinienne fondée sur la solution des deux Etats. On en est loin. La Palestine, alors que les ter­ri­toires de la bande de Gaza, de la Cis­jor­danie et de Jéru­salem sont occupés depuis qua­rante ans cette année, est soumise à un véri­table siège. La poli­tique de colo­ni­sation s’intensifie en vio­lation du droit inter­na­tional, le réseau de murs condamnés par la Cour inter­na­tionale de Justice et l’assemblée générale des Nations unies en est le prin­cipal ins­trument. Les diri­geants israé­liens ont opté pour l’unilatéralisme contre toute pers­pective de négo­ciation, pour la sépa­ration contre la coexis­tence, pour une fixation uni­la­térale de fron­tières à vocation annexion­niste contre la paix. Cette absence d’horizon poli­tique ne peut que nourrir toutes les frus­tra­tions, tous les extré­mismes. Il faut en sortir.

La com­mu­nauté inter­na­tionale, les Etats-​​Unis puis l’Europe, ont imposé voici plus d’un an, au mépris de la démo­cratie pales­ti­nienne, des sanc­tions contre les ins­ti­tu­tions pales­ti­niennes aux consé­quences sociales, écono­miques et poli­tiques catas­tro­phiques. Les Etats-​​Unis et l’UE exigent du gou­ver­nement pales­tinien la recon­nais­sance d’Israël, le respect des accords signés, l’arrêt de la vio­lence. A aucun moment en revanche des exi­gences simi­laires ne sont for­mulées à l’égard de la puis­sance occu­pante, dès lors laissée à une impunité qui insulte non seulement le peuple pales­tinien mais aussi les anti-​​colonialistes israé­liens et tous les défen­seurs du droit. Une telle situation doit cesser. Après l’accord pales­tinien de La Mecque, puis la pro­po­sition de Riyad sou­tenue par le gou­ver­nement pales­tinien d’union nationale, en par­ti­culier, la France doit lever les sanc­tions imposées au peuple pales­tinien et ses ins­ti­tu­tions et impulser ce choix auprès de ses par­te­naires. L’impunité d’Israël doit cesser. L’AFPS, avec ses par­te­naires français et euro­péens, exige la sus­pension de l’accord d’association entre l’UE et Israël tant que ce dernier ne res­pecte pas le droit huma­ni­taire, le droit inter­na­tional, l’ensemble des accords signés. La France doit aussi s’engager pour la libé­ration de tous les pri­son­niers poli­tiques, en par­ti­culier des enfants et des mineurs. Elle doit s’engager pour l’envoi d’une force de pro­tection inter­na­tionale du peuple pales­tinien. Elle doit s’engager pour une solution poli­tique fondée sur le droit inter­na­tional sur l’ensemble des dos­siers du conflit -qu’il s’agisse du statut de Jéru­salem, du déman­tè­lement des colonies, des droits des réfugiés, de l’établissement d’un Etat pales­tinien dans les fron­tières de 1967. La paix est la condition de la sécurité.

Nous prenons acte de ce que, répondant au ques­tion­naire de la Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine aux can­didats à l’élection pré­si­den­tielle, Nicolas Sarkozy a reconnu qu’« un peuple occupé ne renoncera jamais, quoi qu’il endure ». Nous prenons acte également de ce qu’il a rappelé l’objectif mis en évidence à plu­sieurs reprises par les Nations unies, d’une solution qui consiste en « deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité » et ajouté : « Le plan de paix saoudien repré­sente une très bonne ini­tiative, reconnue comme telle par la com­mu­nauté inter­na­tionale. Il repose sur un principe simple, celui de l’échange des ter­ri­toires contre la paix, avec la création d’un Etat pales­tinien indé­pendant dans les fron­tières de 1967 ».

Il s’agit main­tenant de mettre les actes en conformité avec cet objectif. L’AFPS en appelle à la convo­cation rapide d’une confé­rence inter­na­tionale de paix israélo-​​arabe et sin­gu­liè­rement israélo-​​palestinienne fondée sur le droit inter­na­tional, sous l’égide des Nations unies.