Décès de Jawaher Abu Rahma : Contre la dés­in­for­mation exiger une com­mission d’enquête indépendante.

samedi 22 janvier 2011

Jawaher Abu Rahma, jeune mili­tante pales­ti­nienne paci­fique contre le mur israélien de l’annexion de la Palestine, est décédée dans le village pales­tinien de Bil’in dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

Le 1er janvier 2011, l’armée israé­lienne trans­mettait aux médias une version qui attri­buait le décès de Jawaher Abu Rahma à une maladie chro­nique et qui mettait même en doute sa pré­sence à la mani­fes­tation heb­do­ma­daire de Bil’In.

Dans une décla­ration datée du 19 janvier 2011, l’armée israé­lienne revient sur cette question et reconnaît que Jawaher Abu Rahma a par­ticipé à la mani­fes­tation de Bil’in le dernier ven­dredi de 2010, qu’elle a inhalé du gaz lacry­mogène tiré par l’armée sur les mani­fes­tants et qu’elle a ensuite été trans­portée vers l’hôpital de Ramallah. Elle n’est pas allée jusqu’à attribuer le décès au gaz inhalé, mais cette version contredit les men­songes, repris dans les médias, dif­fusés pré­cé­demment par l’armée.

Jawaher était bel et bien à la mani­fes­tation, elle a eu droit à un nuage de gaz, elle s’est effondrée devant plu­sieurs témoins pales­ti­niens, israé­liens et inter­na­tionaux qui ont essayé de la secourir avant son transport à l’hôpital. Le rapport du médecin qui a tenté de la sauver dit que « Jawaher Abu Rahma est décédée d’une crise car­diaque due à une insuf­fi­sance pul­mo­naire qui a été causée par l’inhalation de gaz lacrymogène … ».

Nous savons que Jawaher n’est pas la pre­mière victime (son frère Bassam Abu Rahma est mort à la suite d’un tir tendu en pleine poi­trine en avril 2009). Elle doit en être la der­nière, ce qui signifie que tout doit être mis en œuvre pour mettre fin à cette inad­mis­sible impunité de l’État d’Israël. Le gou­ver­nement israélien veut briser par les arres­ta­tions, les assas­sinats, les incur­sions noc­turnes de terreur, toute forme de résis­tance et notamment la résis­tance popu­laire non vio­lente menée par les vil­la­geois de Bil’In, Al Ma’sara, Ni’lin, Nabi Saleh …. Cette résis­tance qui a pour but de mettre fin à l’occupation, à la colo­ni­sation et à l’expropriation des terres pales­ti­niennes et qui jouit du soutien gran­dissant de mili­tants anti-​​colonialistes israé­liens et internationaux.

Le gou­ver­nement français est par­fai­tement au courant, grâce à la repré­sen­tation fran­çaise à Jéru­salem, de ce qui se passe dans ces vil­lages en lutte. Il doit agir pour mettre fin à cette dra­ma­tique situation. On ne peut pas se cacher der­rière la soi-​​disant sou­ve­raineté d’un État ami. Les crimes sont en effet commis par une puis­sance occu­pante contre une popu­lation qui subit l’occupation dans des ter­ri­toires inter­na­tio­na­lement reconnus comme occupés.

La com­mu­nauté inter­na­tionale, et plus par­ti­cu­liè­rement le gou­ver­nement français, doivent exiger, comme le réclame la « coor­di­nation des comités popu­laires », une com­mission d’enquête indé­pen­dante sur les cir­cons­tances du décès de Jawaher Abu Rahma. L’armée israé­lienne, accusée par un rapport des Nations unies de crimes de guerre et pos­sibles crimes contre l’Humanité lors de l’offensive "Plomb durci" contre la popu­lation de Gaza, qui pra­tique la dés­in­for­mation, et qui surtout est l’accusée prin­cipal de ce drame, ne peut mener ce travail d’une façon crédible.