De Vinisud à Casimex : les colons débusqués

AFPS 34, lundi 13 février 2017

L’AFPS34, groupe local AFPS sur l’Hérault, a découvert qu’à Vinisud, salon des vins méditerranéens qui s’est tenu du 29 au 31 janvier 2017 à Montpellier, serait présente une entreprise vinicole d’une colonie israélienne dans le Golan : Golan Heights Winery (GHW). Cette société et ses produits ont été présentés comme étant situés en Israël, en contradiction avec la réglementation européenne et française. L’AFPS34 a alerté le Conseil régional Occitanie, partenaire organisateur du salon, la DDPP34, les Douanes et protesté auprès de l’organisateur du salon. En conséquence la présentation de GHW sur le site Web du salon (http://www.vinisud.com/), a été modifiée : l’origine « Israël » a été remplacée par « Israeli settlement » et l’exposant GHW s’est engagé à modifier les étiquettes des bouteilles de vin en ce sens. Une conférence de presse a été tenue le 26 janvier par l’AFPS34, la CGT-INRA, l’UL CGT Montpellier et la LDH Montpellier (cf. articles ci-après).

PDF - 192.9 ko
La Marseillaise 27 01 2017
PDF - 157.7 ko
Midi Libre -30 01 2017

Cependant l’AFPS34, après l’ouverture du salon, a voulu vérifier. Son président s’est rendu sur le stand accompagné par le Commissaire Général du salon. Ils ont constaté alors que l’engagement pris par écrit d’appliquer la législation française en matière d’étiquetage des produits des colonies israéliennes n’était pas respecté.

L’AFPS34 a alors demandé à M. Knafou, le PDG de Casimex, importateur de vins de GHW en France et présent sur le stand de GHW à Vinisud, de changer les étiquettes.

Mais il a refusé catégoriquement. M. Knafou a indiqué qu’il était invité à un échange de vues au Parlement européen le jeudi 2 février et que celui-ci lui donnerait raison.

Avec l’aide de correspondants au Parlement Européen (PE), l’AFPS34 a alors alerté un certain nombre de députés européens qui ont adressé une lettre urgente au Président du PE. (Copie de la lettre ci-après et ci-dessous le lien pour la vidéo de l’audition très intéressante de M. Knafou à la Délégation des Relations avec Israël du PE : http://www.europarl.europa.eu/news/...). A noter les calomnies déversées par M. Knafou contre l’action de l’AFPS tout en se gardant bien de la nommer).

PDF - 461.4 ko
Lettre au président du PE

Un deuxième courrier d’eurodéputés, ci-après, a été adressé à Mme Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, concernant les manquements dans l’application de la directive sur l’étiquetage des produits des colonies notamment en France en partant du cas de Casimex. La Commission européenne examinera la mise en œuvre de la réglementation en matière d’étiquetage. Il est important de lui rappeler comment ce règlement est appliqué dans différents pays et lorsqu’il y a tricherie d’en fournir les preuves.

PDF - 146.8 ko
Lettre à Mme Mogherini

Nous savons que les entreprises israéliennes, avec l’appui de leur Etat, trichent lors de la déclaration en douane ou de l’étiquetage des produits exportés vers l’Europe en jouant sur la difficulté d’identifier les produits des colonies. Cependant dans ce cas la preuve a été flagrante tant lors du salon Vinisud que sur le site de Casimex (http://www.casimex.fr/) où figurent clairement la mention « Israël » et non « Colonie israélienne » pour les vins de GHW ou de Gvaot Winery (colonie en Cisjordanie) dans la rubrique « les vins israéliens » ainsi que dans le catalogue à la rubrique « liquides ». L’AFPS est intervenue auprès de Casimex pour exiger qu’elle se mette en conformité avec la législation française.

Par ailleurs l’AFPS34 a découvert que GHW était toujours liée contractuellement à une filiale commune à l’INRA et à l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin). Elle est donc intervenue auprès de l’INRA, de l’IFV et de leur filiale commune ENTAV International. Rappelons qu’en 2014, suite à l’intervention des élus CGT, le Conseil Scientifique de l’INRA avait soutenu la demande du PDG de suspendre ce partenariat. Demande qui n’a toujours pas abouti en janvier 2017. La CGT-INRA est donc intervenue à nouveau en ce sens. L’INRA est une institution publique dont la mission est le développement de la recherche agronomique en France. L’Etat français déclare son opposition à la colonisation, mais en pratique, par l’intermédiaire d’un de ses établissements, il en devient complice. L’AFPS34 a écrit à l’INRA pour demander la rupture de contrat et le Bureau national de l’AFPS interviendra dans le même sens en direction du gouvernement français.