Crise politique en Israël

Rouge, dimanche 2 novembre 2008

Que sortira-​​t-​​il des élections qui devraient se dérouler le 17 février ?

En Israël, chaque jour sou­ligne la dés­in­té­gration du système poli­tique tra­di­tionnel, le dis­crédit des élites et leur cor­ruption, la com­mu­nau­ta­ri­sation de la société.

Désignée pour prendre la suite d’Ehud Olmert, com­promis dans une suc­cession de scan­dales, Tzipi Livni, l’ancienne ministre des Affaires étran­gères devenue chef de file de Kadima (le parti fondé par Ariel Sharon), a fina­lement dû renoncer, le 26 octobre, à former un gou­ver­nement dis­posant d’une majorité à la Knesset.

Le parti reli­gieux séfarade Shass (douze par­le­men­taires), qui avait choisi de pro­fiter de la crise poli­tique pour faire monter les enchères en exi­geant que les dis­cus­sions avec les Pales­ti­niens n’abordent à aucun moment la question du statut de Jéru­salem, avait en effet décidé de ne pas revenir dans la coa­lition formée autour de Kadima et du Parti travailliste.

Que sortira-​​t-​​il des élec­tions qui devraient se dérouler le 17 février ? Seules deux choses sont d’ores et déjà certaines.

D’abord, aucun des partis en lice ne défendra un pro­gramme de rupture avec les poli­tiques qui ont mené l’État israélien à sa crise écono­mique, sociale, ins­ti­tu­tion­nelle, morale et iden­ti­taire présente.

Ensuite, les Pales­ti­niens risquent bien de faire les frais des futurs équi­libres poli­tiques. Que Kadima reste la force pivot d’une coa­lition par­le­men­taire, à laquelle se ral­lie­raient de nouveau des tra­vaillistes n’incarnant plus la moindre poli­tique de gauche depuis long­temps, ou que la droite néo­con­ser­va­trice et ultra­sio­niste, regroupée autour du Likoud et de Benyamin Néta­nyahou profite de l’instabilité gou­ver­ne­mentale pour revenir aux affaires, l’horizon de leur combat pour l’autodétermination ne se débou­chera pas…