Crimes de guerre

Imemc, lundi 14 novembre 2005

Un res­pon­sable du Hamas est assassiné de sang froid à Naplouse ce matin alors qu’ un résistant du Fatah, blessé, était achevé à Jénine hier.

Alors que Rice est au Proche-​​Orient pour relancer les contacts rompus par Israël avec l’Autorité nationale Pales­ti­nienne et que les Clinton approuvent le "mur de sécurité" et appellent les Pales­ti­niens à "mettre un terme à leur vio­lence" (sic), les nou­veaux assas­sinats commis par l’armée d’occupation israé­lienne sont un obs­tacle de plus mis par Israël à toute pers­pective de paix.

Lundi 14 novembre en Cis­jor­danie, une unité secrète israé­lienne a tué Amjad Hinnawi, 32 ans, de Naplouse, diri­geant des Bri­gades Al-​​Qassam, la branche armée du Hamas, en lui tirant à bout portant une balle dans la tête, selon PNN (Pales­tinian News Network).

Les forces israé­liennes ont envahi la ville de Naplouse, encerclé une maison où se trouvait Hinnawi. Selon des témoins ocu­laires, ils ont demandé à tous les habi­tants de sortir, nus,ils ont déclaré que Hinnawi était en état d’arrestation, sans résis­tance, mais un des soldats israé­liens lui a appuyé une arme contre la tête et l’a exécuté devant les habi­tants.

Le per­sonnel médical pales­tinien indique que les soldats ont été d’une extrême bru­talité. "Ils ont démoli un mur qu’ils ont fait écrouler sur le corps de Hinnawi et contraint sa femme à se tenir debout sur les débris qui cou­vraient le corps de son mari" a dit l’un des médecins.

Il a ajouté qu’après l’assassinat les soldats ont lâché les chiens qu’ils avaient amenés contre Ibrahim Kit­taneh, le pro­prié­taire de la maison où se trouvait Hinnawi.

Tou­jours d’après les médecins pré­sents sur place, les soldats israé­liens ont mis le haut parleur de leur jeep devant la bouche de Kit­taneh pendant qu’il criait au moment où les chiens le mor­daient, afin que tout le monde dans le quartier puisse l’entendre et ils ont interdit au per­sonnel médical de lui apporter de l’aide.

Hinnawi était dans la clan­des­tinité depuis long­temps, il avait échappé à plu­sieurs ten­ta­tives d’assassinat dont le dernier l’an dernier.

Yasser Mansour le diri­geant du hamas à Naplouse a déclaré que l’assassinat de sang froid de Hannawi devant les habi­tants du quartier était "un meurtre de sang froid dont le but était de ter­ro­riser les habitants".

Il a ajouté que c’était le "message à l’Autorité Pales­ti­nienne et à tous ceux qui aiment la paix qu’Israël ne com­prend que le langage des armes, du sang, des meurtres, des arres­ta­tions et des démo­li­tions de maisons".

Les bri­gades Al-​​Qassam ont juré de venger l’assassinat de Hinnawi, et qu’Israël paierait le prix de cet assas­sinat.

Le chef d’état major de l’armée israé­lienne, Dan Halutz, avait annoncé un peu plus tôt qu’Israël n’arrêterait pas sa poli­tique d’assassinats contre les membres de la résis­tance pales­ti­nienne. Le Hamas répond que cette poli­tique ruinera les efforts pour main­tenir la trêve [1]car il répondra aux assas­sinats et que ce sera une stra­tégie pour le peuple israélien.

L’assassinat de Hinnawi est le deuxième commis de sang froid en moins de 12 heures.

Dimanche soir l’agence de presse pales­ti­nienne WAFA annonçait que Shuja’ Bal’awy, 26 ans,membre des Bri­gades al-​​Aqsa, la branche armée du Fatah, avait été blessé à la jambe par une unité de l’armée israé­lienne, près de l’entrée sud de Jénine.

Bal’awy réussit à s’échapper et à se cacher dans une maison voisine mais les forces spé­ciales sont entrées dans la maison et l’ont abattu alors qu’il était allongé sur le sol, sans arme, bai­gnant dans son sang, comme l’a reconnu une enquête de l’armée israélienne.

Selon des sources médi­cales à Jénine, Bal’awy qui n’était que légè­rement blessé au départ, a reçu de nom­breuses bles­sures, infligées de près.

Kifath Nathmi, un parent de Balawi, a déclaré que les soldats et les chiens de l’armée ont mutilé le corps.

Il a ajouté que Bal’awy avait arrêté toutes ses acti­vités de résis­tance armée afin de se conformer à la trêve, malgré les vio­la­tions constantes par Israël.

[1] depuis février 2005, les orga­ni­sa­tions de la résis­tance pales­ti­nienne se sont engagées à res­pecter une trêve jusqu’à la fin de l’année, à condition que les auto­rités israé­liennes tiennent leur enga­gement de mettre fin aux assas­sinats ciblés, démo­li­tions de maisons, arres­ta­tions et attaques contre la popu­la­tyion pales­ti­nienne et allègent les bou­clages, couvre-​​​​feux et autres check-​​​​points. A part quelques actions ponc­tuelles, la trêve a été res­pectée par les résis­tants pales­ti­niens alors qu’Isrtaël n’a tenu aucun de ses engagements