Crime contre l’humanité ; Le juge espagnol poursuit son enquête contre Israël

el Watan et Le NouvelObs, mercredi 6 mai 2009

Le juge d’instruction espagnol Fer­nando Andreu a décidé, hier, contre l’avis du parquet, de pour­suivre son enquête pour « crimes contre l’humanité » visant des res­pon­sables israé­liens pré­sumés d’un bom­bar­dement meur­trier à Ghaza en 2002, a-​​t-​​on appris de source judi­ciaire [1]

Le parquet de l’Audience nationale avait réclamé le 2 avril le clas­sement pro­vi­soire de la plainte à l’origine de cette pro­cédure, au motif que les faits visés fai­saient, selon lui, déjà l’objet d’enquêtes en Israël. Le juge Fer­nando Andreu a décidé de ne pas suivre ces réqui­si­tions, estimant au contraire que la justice israé­lienne n’enquêtait pas sur ces faits et que, quand bien même ce serait le cas, la justice espa­gnole res­terait compétente.

L’ouverture de cette ins­truction avait pro­voqué, fin janvier, la colère d’Israël et l’embarras du gou­ver­nement espagnol qui sou­haite jouer un rôle diplo­ma­tique actif en faveur de la paix au Proche-​​Orient. L’enquête espa­gnole se base sur une plainte du Centre pales­tinien pour les droits de l’homme à la suite d’un bom­bar­dement qui avait tué un diri­geant du Hamas, Salah Che­hadeh et 14 civils pales­ti­niens, « en majorité des enfants et des bébés », le 22 juillet 2002. Quelque 150 Pales­ti­niens avaient également été blessés pendant cette attaque, par l’explosion d’une bombe d’une tonne larguée par un F-​​16 israélien à Ghaza, sur une maison du quartier Al Daraj.

La plainte vise l’ex-ministre israélien de la Défense Ben­jamin Ben Eliezer et six hauts res­pon­sables mili­taires israé­liens. La justice espa­gnole se reconnaît, depuis 2005 ,une com­pé­tence uni­ver­selle pour enquêter sur les crimes contre l’humanité, de génocide, ou de tor­tures commis dans le monde, même si les bour­reaux ou les vic­times ne sont pas Espa­gnols. Le parquet espagnol sou­tient tou­tefois que cette com­pé­tence est condi­tionnée par le fait qu’aucune enquête ne soit ou n’ait été menée dans le pays où les faits ont été commis, ce que conteste le juge Andreu dans son procès-​​verbal en se basant sur une dis­po­sition de la Convention de Genève. Le magistrat espagnol conteste, par ailleurs, la version du parquet espagnol, sou­li­gnant qu’« aucune inves­ti­gation cri­mi­nelle, qui pourrait donner lieu à un conflit de juri­dic­tions ne s’est pro­duite jusqu’à présent » en Israël.

[1] voir aussi le NouvelObs :

Le juge espagnol poursuit son enquête contre Israël

L’ouverture d’une ins­truction pour "crimes contre l’humanité" à l’encontre de l’État-major israélien, res­pon­sable présumé d’un bom­bar­dement meur­trier à Gaza en 2002, avait pro­voqué fin janvier la colère d’Israël.

Le juge d’instruction espagnol Fer­nando Andreu a décidé, contre l’avis du parquet, de pour­suivre son enquête pour "crimes contre l’humanité" contre des res­pon­sables israé­liens pré­sumés d’un bom­bar­dement meur­trier à Gaza en 2002, a-​​​​t-​​​​on appris lundi 4 mai de source judi­ciaire. Le parquet de l’Audience nationale avait réclamé le 2 avril le clas­sement pro­vi­soire de la plainte à l’origine de cette pro­cédure, au motif que les faits visés fai­saient, selon lui, déjà l’objet d’enquêtes en Israël.

Embarras espagnol

Le juge Fer­nando Andreu a décidé de ne pas suivre ces réqui­si­tions, estimant au contraire que la justice israé­lienne n’enquêtait pas sur ces faits et que, quand bien même ce serait le cas, la justice espa­gnole res­terait com­pé­tente, selon un procès verbal. L’ouverture de cette ins­truction avait pro­voqué fin janvier la colère d’Israël et l’embarras du gou­ver­nement espagnol qui sou­haite jouer un rôle diplo­ma­tique actif en faveur de la paix au Proche-​​​​Orient.

L’ex-ministre israélien de la Défense visé

L’enquête espa­gnole se base sur une plainte du Centre pales­tinien pour les droits de l’homme à la suite d’un bom­bar­dement qui avait tué un diri­geant du Hamas, Salah Che­hadeh et 14 civils pales­ti­niens, "en majorité des enfants et des bébés", le 22 juillet 2002. Quelque 150 Pales­ti­niens avaient également été blessés pendant cette attaque, par l’explosion d’une bombe d’une tonne larguée par un F-​​​​16 israélien à Gaza, sur une maison du quartier Al Daraj. La plainte vise l’ex-ministre israélien de la Défense Ben­jamin Ben-​​​​Eliezer et six hauts res­pon­sables militaires israéliens.

"Aucune investigation criminelle"

La justice espa­gnole se reconnaît depuis 2005 une com­pé­tence uni­ver­selle pour enquêter sur les crimes contre l’humanité, de génocide, ou de tor­tures commis dans le monde, même si les bour­reaux ou les vic­times ne sont pas espa­gnols. Le parquet espagnol sou­tient tou­tefois que cette com­pé­tence est condi­tionnée par le fait qu’aucune enquête ne soit ou n’ait été menée dans le pays où les faits ont été commis, ce que conteste le juge Andreu dans son procès verbal en se basant sur une dis­po­sition de la Convention de Genève.

Le magistrat espagnol conteste par ailleurs la version du parquet espagnol, sou­li­gnant qu’"aucune inves­ti­gation cri­mi­nelle, qui pourrait donner lieu à un conflit de juri­dic­tions ne s’est pro­duite jusqu’à présent" en Israël. http://​tempsreel​.nou​velobs​.com/actu…