Crémisan : la France au pied du Mur

Communiqué de l’AFPS, dimanche 10 avril 2016

Le ministère des Affaires étrangères a publié le 7 avril 2016 un communiqué condamnant la relance de la construction du mur dans la vallée de Crémisan, près de Bethléem. Nous nous félicitons de voir qu’il rappelle que « Conformément à l’avis de la cour internationale de justice du 9 juillet 2004, l’édification du mur dans les Territoires palestiniens occupés est illégale au regard du droit international » et appelle en conséquence Israël à y renoncer.

Nous relevons par contre une incohérence grave dans le titre du communiqué lui-même qui reprend à son compte le terme « Mur de sécurité » utilisé par la propagande israélienne et récusé par la cour internationale de justice.

La France ne peut pas dire une chose et son contraire.

Mahmoud Abbas sera prochainement de passage à Paris avant de se rendre à l’ONU pour défendre au nom de l’OLP une résolution proposée au Conseil de sécurité condamnant la colonisation. La France, membre permanent du Conseil, répète qu’elle considère la colonisation « illégale au regard du droit international et comme un obstacle majeur à la paix ». Elle l’a encore rappelé solennellement au nom de Jean-Marc Ayrault le 7 mars à Djakarta au sommet extraordinaire de l’Organisation de la conférence islamique sur la question de Palestine.

La question est aujourd’hui posée : quelle va donc être la position de la France, membre permanent du Conseil, qui dit vouloir la solution à deux Etats ? Elle ne doit en aucun cas prendre prétexte d’un éventuel véto américain pour se réfugier dans l’abstention, elle qui avait soutenu des résolutions condamnant la colonisation le 18 février 2011 et le 30 décembre 2014.

Le Bureau national