Catherine Monnet, lundi 7 juillet 2008
Tout l’establishment politique s’est donné le mot : du Premier ministre au chef de l’armée, tout le monde réclame de raser, purement et simplement, la maison du conducteur du tractopelle où vivent une vingtaine de personnes.
Cela faisait deux ans qu’Israël ne l’avait plus fait : l’armée a pourtant reçu l’ordre du ministre de la Défense de commencer à démolir les maisons de deux Palestiniens responsables d’attaques meutrières.Le premier avait abattu en mars 8 élèves d’une école religieuse juive à Jérusalem. Le second a tué 3 personnes mercredi à Jérusalem à l’aide d’un tractopelle. Pour sa famille, c’était un geste de démence.
Tout l’establishment politique s’est donné le mot : du Premier ministre au chef de l’armée, tout le monde réclame de raser, purement et simplement, la maison du conducteur du tractopelle où vivent une vingtaine de personnes.
Sollicité dans ce sens, le procureur général a fait savoir que les démolitions de maisons sont légales mais problématiques. Cela fait plus de deux ans qu’Israël n’avait pas eu recours à une telle pratique de punition collective.
Juridiquement, pourtant, rien ne l’empêche, mais les recours déposés par les associations de défense des droits de l’homme compliquent sérieusement la procédure administrative.
Dans ce cas précis, les difficultés seront d’autant plus grandes que la famille du conducteur tente toujours de comprendre ce qui a bien pu pousser Hossam Douayyat à faire un tel acte et plaide la folie passagère.
Dans une interview accordée au quotidien Maariv, son père se demande pourquoi c’est toute sa famille et lui qui devraient payer pour l’acte de son fils qu’il ne comprend et n’explique toujours pas.« Mon fils n’est pas un religieux, il n’est pas un terroriste, il a peut-être cherché à s’enfuir après un accident et il a ensuite eu un accès de folie meurtrière » plaide le père.
Pour l’instant, les enquêteurs n’ont trouvé aucune preuve que cet acte était bien prémédité, ou qu’ Hossam Douayyat appartenait à une quelconque organisation.