Conflit israélo-palestinien : Johnson brandit le spectre de "l’apartheid"

L’Orient le Jour avec AFP, jeudi 9 mars 2017

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson estime que l’alternative à une solution à deux Etats dans le conflit israélo-palestinien est un "système d’apartheid", dans une interview publiée jeudi dans le quotidien Jerusalem Post.

Le ministre britannique des Affaires étrangères a bouclé mercredi soir une visite de 24 heures en Israël et dans les Territoires palestiniens au cours de laquelle il a affirmé le ferme soutien britannique à Israël, et critiqué la colonisation israélienne. "Ce que nous disons, c’est que vous devez avoir une solution à deux Etats ou sinon vous aurez un genre de système d’apartheid", a déclaré Boris Johnson au quotidien, interrogé sur la position du président américain à ce sujet.

Rompant avec la politique américaine depuis des décennies, Donald Trump a affirmé le mois dernier que la solution à deux Etats n’était pas la seule voie possible pour résoudre le conflit et qu’un seul Etat était aussi envisageable, l’essentiel étant qu’Israël et les Palestiniens soient "contents".

La solution à deux Etats, c’est-à-dire la création d’un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël, est retenue par la plus grande partie de la communauté internationale. Elle paraît toutefois de plus en plus hors de portée, ce qui fait redouter aux Palestiniens la perspective d’un Etat unique dans lequel Israël ne reconnaîtrait pas les mêmes droits aux juifs et aux Arabes, un régime d’"apartheid" donc.

A Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, M. Johnson a souligné mercredi que la politique de son gouvernement était "absolument inchangée" : "Nous restons attachés à une solution à deux Etats", a-t-il assuré.

Dans le Jerusalem Post, Boris Johnson a qualifié de "problème chronique" ce qui "se passe dans les Territoires palestiniens occupés", une référence à la poursuite de l’occupation et de la colonisation.

Une grande partie de la communauté internationale et les Palestiniens considèrent que la poursuite de la colonisation en Cisjordanie prônée par le gouvernement israélien actuel, considéré comme le plus à droite de l’histoire du pays, constitue le principal obstacle à un accord de paix.

La frange la plus à droite du gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préconise l’annexion d’au moins une partie de la Cisjordanie occupée.