AFPS Rennes, mardi 28 octobre 2008
Ce matin, nous prenons la direction de Deir Samit, pour rejoindre des paysans dont une partie des terres se situe de l’autre côté du mur , reconnu comme illégal par la Cour de justice internationale.
Il prend ici la forme d’une clôture de sécurité composée de plusieurs rangées de fils de fer barbelés électrifiés et de multiples détecteurs. De ce fait, ces terres ne sont accessibles qu’en fonction du bon vouloir des autorités militaires israéliennes.

Nous constatons que seulement trois personnes âgées se sont vu délivrer une autorisation de passage.
De notre côté, nous attendons plusieurs heures la venue d’une patrouille qui nous permettrait de les rejoindre. Quelques véhicules passent sans s’arrêter…puis un tracteur muni d’une herse passe le long de la clôture pour tracer des sillons frais : cela permet de repérer des traces de pneus, de pas, et ainsi contrôler toute intrusion.
Au bout de quelques heures, on apprend par téléphone que les soldats refusent de nous ouvrir la barrière sous prétexte qu’hier les Français étaient venus perturber la colonie d’Otni’el…
En accord avec la Coordination d’agriculteurs palestiniens, nous prenons le chemin du retour. La cueillette quotidienne peut se solder par des frustrations…
Un journaliste palestinien qui travaille pour France 2 et l’AFP est venu nous filmer et nous interviewer. A vos magnétoscopes !
Petit rappel pour ceux qui ne savent pas ce qu’est une colonie. Par exemple celle d’hier : la Palestine est constituée ici d’innombrables collines. Sur ces collines il y a des oliviers. Un jour les Israéliens décident que le coin est bon pour surveiller ou habiter … ils confisquent donc le haut de la colline, y installent des caravanes, puis des maisons, puis d’autres maisons, des piscines … ils s’agrandissent en confisquant et nomment tout cela “ zone militaire”.
Autour de la zone militaire, il y a encore des oliviers évidemment mais les Israéliens refusent que les agriculteurs s’en occupent dans la zone militaire de "protection et c’est là que nous étions hier. Il faut aussi savoir que si les agriculteurs palestiniens ne s’occupent pas de leur terre pendant trois ans, elle est considérée comme abandonnée : elle est alors expropriable et tombe dans l’escarcelle des colons Israéliens : la colonie peut alors peu à peu s’étendre.