Compte-​​rendu du deuxième jour de cueillette, lundi 27 octobre 2008

AFPS Rennes, mardi 28 octobre 2008

Ce matin, nous prenons la direction de Deir Samit, pour rejoindre des paysans dont une partie des terres se situe de l’autre côté du mur , reconnu comme illégal par la Cour de justice internationale.

Il prend ici la forme d’une clôture de sécurité com­posée de plu­sieurs rangées de fils de fer bar­belés élec­trifiés et de mul­tiples détec­teurs. De ce fait, ces terres ne sont acces­sibles qu’en fonction du bon vouloir des auto­rités mili­taires israéliennes.

Nous constatons que seulement trois per­sonnes âgées se sont vu délivrer une auto­ri­sation de passage.

De notre côté, nous attendons plu­sieurs heures la venue d’une patrouille qui nous per­met­trait de les rejoindre. Quelques véhi­cules passent sans s’arrêter…puis un tracteur muni d’une herse passe le long de la clôture pour tracer des sillons frais : cela permet de repérer des traces de pneus, de pas, et ainsi contrôler toute intrusion.

Au bout de quelques heures, on apprend par télé­phone que les soldats refusent de nous ouvrir la bar­rière sous pré­texte qu’hier les Français étaient venus per­turber la colonie d’Otni’el…

En accord avec la Coor­di­nation d’agriculteurs pales­ti­niens, nous prenons le chemin du retour. La cueillette quo­ti­dienne peut se solder par des frustrations…

Un jour­na­liste pales­tinien qui tra­vaille pour France 2 et l’AFP est venu nous filmer et nous inter­viewer. A vos magnétoscopes !

Petit rappel pour ceux qui ne savent pas ce qu’est une colonie. Par exemple celle d’hier : la Palestine est constituée ici d’innombrables col­lines. Sur ces col­lines il y a des oli­viers. Un jour les Israé­liens décident que le coin est bon pour sur­veiller ou habiter … ils confisquent donc le haut de la colline, y ins­tallent des cara­vanes, puis des maisons, puis d’autres maisons, des pis­cines … ils s’agrandissent en confis­quant et nomment tout cela “ zone militaire”.

Autour de la zone mili­taire, il y a encore des oli­viers évidemment mais les Israé­liens refusent que les agri­cul­teurs s’en occupent dans la zone mili­taire de "pro­tection et c’est là que nous étions hier. Il faut aussi savoir que si les agri­cul­teurs pales­ti­niens ne s’occupent pas de leur terre pendant trois ans, elle est consi­dérée comme aban­donnée : elle est alors expro­priable et tombe dans l’escarcelle des colons Israé­liens : la colonie peut alors peu à peu s’étendre.