Compte-​​rendu du cinquième jour de cueillette, jeudi 30 octobre 2008

AFPS Rennes, vendredi 31 octobre 2008

Journée bien triste aujourd’hui. Nous sommes allés vers Beth­lehem, là où il y avait une, puis deux colonies avec des terres pales­ti­niennes entre les deux : Betar Illit. Aujourd’hui les deux colonies se sont rejointes et nous vou­lions aller entre les deux, là où l’agriculteur pales­tinien a encore des oli­viers chargés d’olives et des tomates.

Jeudi 30 octobre

À l’entrée du village de Husan, des mar­chands pales­ti­niens ven­daient aux colons israé­liens. Nous avons été stoppés dès l’entrée de la colonie par le gardien accom­pagné d’abord par un soldat, puis cinq puis dix, puis tout un camion … Dès le début les Pales­ti­niens ont été enre­gistrés sur une liste.

Le chef de la colonie est aussi arrivé. Et les pour­parlers dif­fi­ciles ont eu lieu par télé­phone et direc­tement avec les agri­cul­teurs et dif­fé­rents membres de la colonie. Beaucoup de véhi­cules entraient et sor­taient de la colonie et plu­sieurs colons sont inter­venus dans les échanges, parfois avec véhé­mence. Un peu plus tard, nous avons eu l’autorisation d’aller dans le champ mais à condition d’être accom­pagnés par des soldats sur-​​armés.

L’agriculteur a refusé d’y aller avec des soldats sur ses propres terres, estimant que la décision d’accéder à son propre champ ne relève que de lui, suppose-​​t-​​on.

Nouveau blocage. 

Entre temps nous avions contacté la presse et Charles Enderlin de France 2 est arrivé avec un came­raman. Il a écouté les deux parties et il a essayé de com­prendre la situation. Un colon parlant francais en a profité pour nous filmer en annoncant avec arro­gance qu’il tran­mettait le document à la sécurité. Charles Enderlin a quand même pu accom­pagner le pro­prié­taire pales­tinien sur son champ et ils ont constaté l’abondance des olives, qui n’ont pas pu être récoltées… Les plans de tomates quant à eux avaient été saccagés. 

Pendant ce temps trois d’entre nous sont retournées inter­roger et filmer les colons qui fai­saient leur marché chez les Pales­ti­niens au bord de la route. Le blocage ne s’est pas levé et nous avons dû rebrousser chemin. L’agriculteur avait les larmes aux yeux … Com­passion d’Enderlin qui l’a salué chaleureusement.

Journée bien triste aujourd’hui, disions nous.