Com­mu­niqué du col­lectif national pour une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens sur la situation actuelle dans les ter­ri­toires palestiniens

CNP, jeudi 5 juillet 2007

Les ter­ri­toires de Gaza et de Cis­jor­danie se trouvent en proie à la vio­lence opposant entre elles les deux prin­ci­pales for­ma­tions poli­tiques pales­ti­niennes, le Hamas et le Fatah.

Cette situation aggrave ter­ri­blement les souf­frances qu’endure le peuple pales­tinien. En menaçant de sépa­ration Gaza et la Cis­jor­danie, en mettant en danger la démo­cratie pales­ti­nienne et l’unité de son mou­vement national, elle ne peut que favo­riser les poli­tiques visant à interdire défi­ni­ti­vement au peuple pales­tinien d’accéder à la recon­nais­sance de ses droits nationaux.

Engagés de longue date aux côtés du peuple pales­tinien dans sa résis­tance et dans son combat pour une paix juste et durable avec les Israé­liens, et sans chercher d’aucune manière à nous ingérer dans ses affaires, nous nous adressons solen­nel­lement à l’ensemble de ses com­po­santes, pour les exhorter à tout mettre en œuvre pour que cessent les vio­lences, que soit mis un terme aux atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme, d’où qu’elles viennent. Nous les appelons à reprendre le chemin de l’unité nationale. Les conflits actuels ne peuvent, à nos yeux, trouver de solution que par les voies de la poli­tique et de la démo­cratie, du respect de la volonté popu­laire telle qu’elle s’est exprimée à l’occasion des der­nières élec­tions, celles du pré­sident de l’Autorité nationale pales­ti­nienne et du Conseil légis­latif palestinien.

Nous ne sau­rions tou­tefois ignorer que la res­pon­sa­bilité pre­mière de cette tra­gédie incombe à l’État d’Israël et aux qua­rante années d’occupation qu’il a imposées aux ter­ri­toires pales­ti­niens, au mépris de l’ensemble des réso­lu­tions des Nations unies. C’est l’occupation, l’isolement de Gaza et sa trans­for­mation en prison à ciel ouvert pour ses habi­tants, l’annexion en cours de la Cis­jor­danie et de Jérusalem-​​Est par la colo­ni­sation et la construction d’un véri­table mur de la honte, qui ont généré inten­tion­nel­lement le chaos, la misère et même la famine, la cor­ruption et les ten­sions de toute nature. C’est l’occupation et son corol­laire, le refus de recon­naître la légi­timité de tous les repré­sen­tants élus du peuple pales­tinien, depuis Yasser Arafat, qui ont engendré un immense désespoir. C’est tou­jours l’occupation, la mise sous tutelle du peuple pales­tinien et sa division que les diri­geants israé­liens pré­tendent à présent imposer, avec le soutien des Etats-​​Unis.

Nous dénonçons le cynisme dont font preuve les diplo­maties des prin­ci­pales puis­sances de la planète. Celles-​​ci se sont rendues com­plices de la poli­tique des auto­rités israé­liennes. Elles ont concouru à l’isolement inter­na­tional des Pales­ti­niens, sus­pendant leurs aides finan­cières à la suite des der­nières élec­tions géné­rales pales­ti­niennes, refusant ensuite toute aide au gou­ver­nement d’union nationale, conduisant à la division et délé­gi­timant toute forme de résis­tance à l’occupation.

Cette attitude est d’autant plus scan­da­leuse qu’elle contraste sin­gu­liè­rement avec la dili­gence qui carac­térisa la mise en appli­cation d’autres réso­lu­tions, concernant la situation inté­rieure d’autres États de la région, comme le Liban. Elle relaie la vision du monde que propage l’administration amé­ri­caine. Une vision que l’on a vu se déployer en Irak, et qui répand le chaos dans des régions entières, favorise la « guerre des cultures » et le « choc des civi­li­sa­tions », bafoue les prin­cipes les plus élémen­taires de la démo­cratie, ali­mente les affron­te­ments entre les peuples, pro­voque replis de toutes sortes et racisme.

Nous le redisons avec force : il ne peut y avoir de paix sans justice et de sta­bilité au Proche-​​Orient sans recon­nais­sance du droit du peuple pales­tinien, comme le reven­diquent l’ensemble de ses com­po­santes, à dis­poser d’un État sou­verain sur l’intégralité de Gaza et de la Cis­jor­danie, avec Jérusalem-​​Est pour capitale.

Nous en appelons au réveil des consciences, à la mobi­li­sation des citoyennes et des citoyens. L’occupation des ter­ri­toires pales­ti­niens doit cesser, le mur d’annexion et les colonies israé­liennes doivent être tota­lement déman­telés. Le blocus qui affame le peuple pales­tinien et l’isolement inter­na­tional de la bande de Gaza doivent être levés. Les aides finan­cières doivent être réta­blies au profit des ins­ti­tu­tions issues du vote démo­cra­tique des Palestiniens.

Nous exi­geons de la « com­mu­nauté inter­na­tionale », et sin­gu­liè­rement du gou­ver­nement français et de ses homo­logues de l’Union euro­péenne, des sanc­tions contre l’État d’Israël tant que ce dernier bafouera le droit et violera les réso­lu­tions de l’ONU. La Palestine est aujourd’hui menacée dans son exis­tence même. Avec elle, c’est le sort des peuples de la région qui est en jeu. Au-​​delà, c’est l’avenir de la paix, de la démo­cratie et l’espoir d’un autre monde, de justice et de fra­ternité, qui se jouent. Nous sommes toutes et tous concernés. Il faut agir avant que l’irréparable ne soit commis.

Arrêt de l’occupation !

Application des résolutions des Nations unies !

Respect des décisions démocratiques du peuple palestinien !

Sanctions contre l’État d’Israël tant que le droit sera bafoué !