Clotilde, Gilad ….et Salah

FL, dimanche 26 juillet 2009

Salah arrive le 26 juillet aux 2/​3 de sa peine et pourrait « béné­ficier »d’une remise de peine . Mais pour marquer son emprise sur Jérusalem-​​est occupée puis annexée Israël applique très rarement cette pos­si­bilité aux Pales­ti­niens de Jéru­salem et peut vouloir expulser et bannir Salah de Jéru­salem voire de Palestine. Les diri­geants français, qui ont déjà trop tardé, doivent donc exiger la libé­ration immé­diate de Salah le 26

« Libé­ration immé­diate » de Clo­tilde Reiss, uni­ver­si­taire de 23 ans, « prisonnière inno­cente » arrêtée le 1er juillet pour des raisons « hau­tement fan­tai­sistes » : tels sont les termes uti­lisés à juste titre par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy dès qu’ils ont été informés de la situation de cette jeune fran­çaise détenue en Iran.

Salah Hamouri, 24 ans, étudiant à Béthléem, bina­tional, français par sa mère, pri­sonnier en Israël depuis le 13 mars 2005(plus de 4 ans !) est dans le même cas mais les auto­rités fran­çaises n’ont jamais utilisé les mêmes termes. Et elles n’ont évoqué son cas, mais jamais N.Sarkozy, que 2 ans après son enlè­vement suite à la mobi­li­sation du comité de soutien. Au contraire elles ont repris à chaque fois les termes invoqués par le tri­bunal mili­taire israélien sié­geant en ter­ri­toire occupé ! Salah a été condamné à 7 ans de prison pour un supposé « délit d’intention », non prouvé et non prou­vable, à l’encontre d’un res­pon­sable de parti extrê­miste israélien. 7 ans par le tri­bunal mili­taire de la puis­sance occu­pante, tri­bunal illégal et illé­gitime au regard du droit inter­na­tional et de la position offi­cielle de la France qui ne reconnaît pas l’occupation des ter­ri­toires pales­ti­niens suite à la guerre de 1967 et pas plus l’annexion de Jérusalem-​​Est où habite Salah et sa famille.

Nos auto­rités s’abritant der­rière le « plaider cou­pable » accepté par Salah ne sont pas sans savoir que la très grande majorité des Pales­ti­niens l’acceptent pour éviter des peines beaucoup plus lourdes . Le pro­cureur du tri­bunal mili­taire a d’ailleurs appelé l’avocate israé­lienne de Salah le 18 février pour lui pro­poser le « marché », relevant du chantage, d’une peine 2 fois moins lourde s’il « plaide cou­pable »…suite à une démarche de B.Kouchner, présent en Israël les 16-​​17 février 2008. Mais B.Kouchner n’a jamais exigé, ni demandé, une libé­ration pure et simple de Salah après les 3 ans de prison déjà subis.

Si les ser­vices consu­laires français ont assuré leur devoir auprès de Salah transféré en Israël (« transfert »interdit par l’article 49 de la IVeme Convention de Genève sur les popu­la­tions occupées) jamais nos diri­geants, en France ou lors de leur passage en Israël, n’ont appuyé Salah et sa famille, et exigé sa libé­ration immé­diate. A la dif­fé­rence de Gilad Shalit, israélo-​​français (par un grand-​​parent ayant vécu en France) tan­kiste pri­sonnier à Gaza depuis fin juin 2006 (16 mois après Salah) et qui par­ti­cipait au siège meur­trier de Gaza (punition col­lective en vio­lation de la IVeme Convention de Genève : article 33) [1]. Pour lui, mobi­li­sation immé­diate de nos diri­geants, réception de sa famille plu­sieurs fois en France et en Israël. Rien de tout cela pour Salah pourtant déjà victime de l’occupation israé­lienne et qui n’est qu’un pri­sonnier pales­tinien parmi plus de 10 000 autres pri­son­niers dont 40 députés ou maires. Salah n’a pas d’état pales­tinien pour le défendre et il n’a qu’un pas­seport : le pas­seport français. Cela devrait res­pon­sa­bi­liser d’autant plus nos diri­geants pour exiger sa libé­ration immé­diate, surtout qu’ils reven­diquent de très bonnes rela­tions avec les diri­geants israéliens.

Salah arrive le 26 juillet aux 2/​3 de sa peine et pourrait « béné­ficier »d’une remise de peine . Mais pour marquer son emprise sur Jérusalem-​​est occupée puis annexée Israël applique très rarement cette pos­si­bilité aux Pales­ti­niens de Jéru­salem et peut vouloir expulser et bannir Salah de Jéru­salem voire de Palestine. Les diri­geants français, qui ont déjà trop tardé, doivent donc exiger la libé­ration immé­diate de Salah le 26 ; sans condition et sans contre­partie ; le retour dans sa famille à Jérusalem-​​est et la pos­si­bilité de reprendre ses études à Béthléem. N.Sarkozy doit recevoir, aussi, la famille de Salah, ne doit pas condi­tionner sa libé­ration à celle de G.Shalit, l’état israélien ayant la pos­si­bilité de l’échanger avec des cen­taines de pri­son­niers pales­ti­niens (dont des élus,des enfants et des femmes) s’il désire réel­lement récu­pérer son soldat. La France ne doit pas non plus accepter les contre­parties contraires aux intérêts pales­ti­niens ou français que les auto­rités israé­liennes ne man­queront pas d’exiger. Les auto­rités fran­çaises doivent agir réel­lement comme le demandent depuis des mois le comité de soutien national avec des maires, députés, séna­teurs de ten­dances diverses, des pré­si­dents de régions ou de conseil généraux comme celui de Atlan­tique ou le comité de soutien de Ques­tembert dans le Mor­bihan où Salah a de la famille.

[1] Son unité de char était pourtant au minimum en « délit d’intention »,si ce n’était déjà fait, de bom­barder Gaza : plu­sieurs dizaines de tués par l’armée israé­lienne les semaines pré­cé­dentes. Si on peut sou­haiter la visite de Gilad par des ins­tances huma­ni­taires et sa libé­ration il est néces­saire aussi de montrer l’intolérable « 2 poids-​​​​2 mesures » de nos auto­rités envers Salah et Gilad qui a été fait pri­sonnier dans le contexte d’un siège meur­trier de la popu­lation de Gaza et d’un empri­son­nement massif de pales­ti­niens. Sa famille ne peut le visiter à Gaza, c’est aussi le cas pour les mil­liers de Gazaouis qui ont des proches empri­sonnés en Israël.