Cisjordanie : un soldat israélien poignardé par un Palestinien, l’assaillant tué

TV5 Monde avec AFP, lundi 19 septembre 2016

Un soldat israélien a été blessé samedi dans une attaque au couteau perpétrée dans la ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, par un Palestinien qui a ensuite été abattu par les forces israéliennes, a rapporté l’armée dans un communiqué.

L’attaque a eu lieu durant une opération de routine des forces israéliennes dans le quartier de Tel Roumeida. "En réponse à la menace immédiate, les forces sur place ont tiré sur l’assaillant, qui est décédé", affirme l’armée.

Selon le ministère palestinien de la Santé, le Palestinien tué est un jeune homme de 25 ans du nom de Hatem al-Chaloudi. C’était un habitant de Tel Roumeida comme Mohamed Rajabi, un adolescent de 16 ans tué lors d’une attaque vendredi.

L’attaque de samedi est la quatrième menée contre des Israéliens en moins de 24H, signe que les violences persistent en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés par l’État hébreu malgré une accalmie de trois semaines.

Vendredi, trois assaillants présumés ont été abattus en commettant des attaques anti-israéliennes ayant fait quatre blessés dans et près de Hébron ainsi qu’à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, selon les forces de sécurité israéliennes.

L’un des assaillants présumés, Saïd al-Amrou, 28 ans, était un citoyen jordanien en visite à Jérusalem selon Amman, qui a dénoncé samedi un "acte barbare" d’Israël.

Le royaume, lié à Israël par un accord de paix, a "mis en doute" la version de la police israélienne sur les circonstances de la mort de son ressortissant.

Ce dernier "faisait partie d’un groupe de touristes qui était entré (...) jeudi dans les Territoires palestiniens pour visiter Jérusalem", a assuré la porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères, Sabah Refaï.

Beaucoup de Palestiniens sont titulaires d’un passeport jordanien mais une source officielle jordanienne a indiqué à l’AFP que Saïd al-Amrou n’était pas palestinien.

Hanane Achraoui, haute responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a condamné ce qu’elle a qualifié d’"exécutions sommaires".

"Israël applique d’une manière flagrante une politique systématique et délibérée d’exécutions sommaires à l’encontre du peuple palestinien. De tels actes de provocation constituent une violation directe du droit et des conventions internationales", a-t-elle jugé dans une déclaration samedi.

"Nous appelons la communauté internationale à intervenir rapidement et d’une manière efficace, et à demander des comptes à Israël avec des mesures punitives avant qu’il ne soit trop tard".

Un porte-parole militaire israélien a pour sa part affirmé à l’AFP que l’attaque de samedi était "une nouvelle expression de l’incitation (à la violence par des Palestiniens contre Israël) dans la rue et sur les réseaux sociaux".

Depuis octobre, les violences ont coûté la vie à 227 Palestiniens (bien 227), 34 Israéliens, deux Américains, un Érythréen, un Soudanais et un Jordanien, selon un décompte de l’AFP.

La plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques, pour beaucoup commises au couteau ou à la voiture bélier, selon les forces israéliennes.

Inquiétudes de Ban

Selon des analystes, les attaques palestiniennes résultent des vexations de l’occupation israélienne, de l’absence de perspective proche d’indépendance, des frustrations économiques et des dissensions interpalestiniennes.

Dans la bande de Gaza, trois jeunes Palestiniens ont été blessés vendredi par des tirs israéliens près de la frontière, selon une source médicale palestinienne, l’armée israélienne faisant état d’émeutes près de la barrière frontalière.

Les violences qui agitent les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël depuis près d’un an alarment la communauté internationale.

La paix est un objectif dont "nous sommes malheureusement plus éloignés que jamais", a affirmé jeudi Ban Ki-moon.

Le secrétaire général de l’ONU a également déploré que depuis 1967 500.000 colons israéliens se soient installés dans les Territoires palestiniens alors que "la colonisation est illégale au regard de la loi internationale" et constitue "un obstacle à la paix".