Cisjordanie : troisième attaque anti-israélienne en 24 heures

Le Nouvel Obs avec AFP, vendredi 1er juillet 2016

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Forces de sécurité israéliennes déployées le 1er juillet 2016 à Hebron peu après une attaque survenue près du tombeau des Patriarches ((c) Afp)

Jérusalem (AFP) - Une Palestinienne a tenté vendredi de poignarder un garde-frontière israélien à Hébron avant d’être abattue, au lendemain d’une attaque tout près de cette ville de Cisjordanie occupée dans laquelle une Israélienne de 13 ans a été tuée à coups de couteau.

La nouvelle attaque est survenue près du tombeau des Patriarches, lieu révéré par les juifs et les musulmans à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a indiqué la police israélienne, en précisant qu’aucun garde-frontière n’avait été blessé.

"Une femme terroriste armée d’un couteau s’est approchée d’un poste des gardes-frontières à l’une des entrées du Caveau des Patriarches. Elle a soudain sorti un couteau et a tenté de poignarder l’un des policiers", a précisé la police dans un communiqué. "Il a riposté et a tué par balles la terroriste".

Il s’agit de la troisième attaque palestinienne au couteau en 24 heures, alors que le rythme des violences s’était considérablement ralenti ces derniers mois.

Jeudi, un Palestinien a poignardé à mort dans son sommeil une adolescente israélo-américaine de 13 ans après s’être infiltré dans sa maison dans la colonie juive de Kyriat Arba, toute proche de Hébron. Il a été abattu par des gardes.

Cette attaque était la première à l’intérieur d’une colonie contre des civils israéliens depuis l’assassinat d’une infirmière tuée en présence de ses six enfants dans la colonie d’Otniel en janvier.

- Hébron, la poudrière -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé un meurtre "horrible" et annoncé le bouclage de Bani Naïm, le village proche de Hébron dont était originaire l’assaillant, la révocation des permis de travail pour les membres de sa famille et le début de la procédure pour détruire sa maison.

Quelques heures plus tard, jeudi soir à Netanya près de Tel-Aviv, un autre Palestinien originaire de Tulkarem en Cisjordanie a blessé à coups de couteau un homme et une femme avant d’être tué par un passant.

Hébron, la plus grande ville du territoire palestinien occupé depuis 1967, est une poudrière depuis que 500 colons se sont installés dans son centre historique, barricadés sous haute protection militaire et retranchés derrière une zone tampon interdite d’accès aux 200.000 habitants palestiniens.

La ville, et plus particulièrement le Tombeau, a concentré une partie des violences qui secouent depuis début octobre les Territoires palestiniens, Israël et Jérusalem et ont coûté la vie à 213 Palestiniens, 33 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais.

La plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques, selon Israël. Des dizaines d’autres ont été tués lors de heurts. Nombre des attaques ont été commises au couteau par des individus isolés et d’autres ont été perpétrées à la voiture bélier ou à l’arme à feu.

Environ 400.000 Israéliens vivent dans les colonies de Cisjordanie, considérées par la communauté internationale comme illégales.

- Renforts à Jérusalem -

Les dernières attaques ont eu lieu alors que les Palestiniens célèbrent le dernier vendredi du ramadan, le mois de jeûne musulman qui s’achève au début de la semaine prochaine.

A Jérusalem, des milliers de policiers ont été déployés dans et autour de la Vieille ville en préparation des dernières prières hebdomadaires du ramadan sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et premier pour les juifs qui l’appellent Mont du Temple.

"Des milliers de (Palestiniens) devront se rendre dans la Vieille ville pour les prières", selon un communiqué de la police. Les policiers déployés en renfort "devront patrouiller dans les différents secteurs pour prévenir, et riposter si nécessaire, à tout incident".

Pour éviter de possibles troubles, les autorités israéliennes avaient annoncé que les non-musulmans seraient interdits d’entrée sur l’esplanade des Mosquées, haut lieu de tensions israélo-palestiniennes et souvent théâtre d’affrontements. Cette décision sera appliquée jusqu’à la fin du ramadan.

Alors que le processus de paix israélo-palestinien est au point mort depuis 2014, le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) doit publier vendredi à l’ONU à New York un rapport qui, selon un responsable onusien, demande à Israël de cesser "d’urgence" sa politique de colonisation en Cisjordanie.

Il dénonce du côté palestinien "la violence, le terrorisme et l’incitation à la violence".