Cisjordanie : colère après le boycott de produits palestiniens à Jérusalem-Est

Depuis la semaine dernière, des entreprises palestiniennes ont interdiction de vendre leurs produits à Jérusalem-Est. En effet, les autorités israéliennes empêchent leurs camions de passer les check-points. Cinq sociétés palestiniennes autorisées à vendre à Jérusalem sont touchées. Cela représente un manque à gagner de deux millions de dollars par jour, selon les responsables palestiniens qui réclament l’intervention de la communauté internationale. Une manifestation a eu lieu dimanche 13 mars au nord de Ramallah.

Nicolas Ropert, RFI, mardi 15 mars 2016

Vue de la vieille ville de Jérusalem. Wayne McLean

Nasser Atyani enchaîne les réunions. Le directeur de l’union des sociétés agroalimentaires palestiniennes tente de faire changer d’avis les autorités israéliennes. L’interdiction pour les entreprises palestiniennes de Cisjordanie de vendre à Jérusalem-Est est une violation des accords économiques.

« C’est un gros problème pour ces sociétés. On essaie toujours de comprendre la raison officielle des autorités israéliennes, mais ils refusent de nous donner une réponse claire. Si cette décision est maintenue, elle empêchera 50 tonnes de viandes et près de 480 tonnes de produits laitiers d’être vendues chaque mois sur le marché de Jérusalem-Est », affirme Naser Atyani.

Selon les responsables palestiniens, le manque à gagner s’élève à deux millions de dollars par jour. Et c’est toute la filière agricole qui sera touchée si l’interdiction se poursuit. Les fermes qui vendent leur lait ou leur viande aux entreprises pourraient devoir mettre la clé sous la porte.

« C’est une décision inacceptable, explique Xavier Abu Eid, le porte-parole de l’OLP, l’Organisation de libération de la Palestine. Le gouvernement israélien est actuellement en train de boycotter les produits palestiniens alors qu’il demande à des pays comme la France d’interdire le boycott des produits israéliens. »

Il en appelle à la communauté internationale pour obliger Israël à revenir en arrière. Sinon les Palestiniens pourraient à leur tour boycotter les produits israéliens, très présents dans les supermarchés palestiniens.