"Ce qui fait le plus mal,c’est l’indifférence internationale"

al esra/​aloufok, vendredi 30 décembre 2005

La "Paix" de l’occupant …Détention admi­nis­trative, iso­lement, condi­tions inhu­maines de détention : les pri­son­niers pales­ti­niens subissent de plein fouet la vio­lence de l’occupation israélienne.

Détention admi­nis­trative : une arme illégale pointée constamment sur les Pales­ti­niens

Le ministère pales­tinien aux affaires des pri­son­niers et libérés a dénoncé, ce mer­credi 28 décembre, la pour­suite de la détention admi­nis­trative, et notamment pour de longues périodes, par les forces de l’occupation.

Pour le ministère, la détention admi­nis­trative est un crime, du fait que les forces de l’occupation main­tiennent en prison des cen­taines de pri­son­niers, sans aucun jugement, cette poli­tique étant uti­lisée depuis les pre­mières années de l’occupation de la Cis­jor­danie et de la bande de Gaza, en 1967.

Le rapport du dépar­tement de liaison, du ministère, montre que la détention admi­nis­trative a subi une légère baisse, en 1977, due à des pres­sions inté­rieures et exté­rieures, et elle a été gelée en 1980, en libérant le dernier pri­sonnier, en 1982, Ali Awad Jamal, de Jénine, qui avait passé six ans et neuf mois, sans aucune accu­sation ni aucun jugement.

Le rapport montre que depuis le déclen­chement de l’Intifada al-​​Aqsa, en sep­tembre 2000, la question de la détention admi­nis­trative a été appliquée de nouveau, avec force et sans aucune mesure avec le passé, les détenus admi­nis­tratifs ayant dépassé les plu­sieurs milliers.

Le rapport indique que 950 détenus admi­nis­tratifs se trouvent actuel­lement pri­son­niers, soit 10,3% de l’ensemble des pri­son­niers, et ce sont pour la plupart des intel­lec­tuels, pro­fes­seurs, médecins, avocats, jour­na­listes, étudiants, hommes de religion, et plu­sieurs d’entre eux sont malades, âgés, mais il y a aussi des mineurs.

Les femmes sont également visées par la détention admi­nis­trative. La plupart des détenus admi­nis­tratifs se trouvent dans la prison du Naqab (Negev), avec 820 pri­son­niers, et tous souffrent de condi­tions répres­sives en vio­lation évidente avec toutes les chartes internationales.

Selon le rapport, la plupart des pri­son­niers adm­nis­tratifs ont subi de longs inter­ro­ga­toires, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Il fait remarquer que les auto­rités israé­liennes ont trans­formé en détention admi­nis­trative l’emprisonnement de plu­sieurs pri­son­niers qui avaient fini de purger leurs condam­na­tions. Parmi les pri­son­niers ayant subi ce transfert d’un statut à l’autre, il y a Saleh el Arouri, qui a fini sa condam­nation de 10 ans, mais qui n’a pas été libéré, et est passé depuis mai 2003 à la détention admi­nis­trative, et le pri­sonnier Shukri Khawaja, qui a fini sa peine de 8 ans pour se retrouver en détention administrative.

Il est de plus très fré­quent que la détention soit renou­velée, auto­ma­ti­quement, pour un pri­sonnier, alors qu’il s’attendait à finir sa période de détention, de trois à 6 mois. Ce qui constitue une sorte de pression morale très forte sur les prisonniers.

Le rapport indique que la semaine der­nière, il y a eu renou­vel­lement de la détention admi­nis­trative à plus de 140 détenus, prin­ci­pa­lement dans le Naqab, pour trois à six mo is de détention.

Les pri­son­niers malades détenus dans les prisons israé­liennes lancent un cri d’alarme aux ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales des droits de l’homme.

Ils réclament leur inter­vention rapide pour mettre fin à leurs souf­frances. Le centre de Risalat al-​​Huquq, actif dans la bande de Gaza, a délégué deux avocats aurpès des pri­son­niers, qui ont pu établir un rapport acca­blant sur la situation des prisonniers.

Les deux avocats ont déclaré que les pri­son­niers sont enfermés dans des condi­tions qui sont loin d’être adaptées aux êtres humains. Plu­sieurs pri­son­niers sont très malades, s’ajoute à cela l’interdiction de recevoir des vête­ments chauds alors que les cel­lules sont extrê­mement froides. Le pri­sonnier Muhammad Abu Rabb, de la prison de Shatta, a déclaré que la direction de la prison a interdit l’entrée des vête­ments chauds, et les pri­son­niers malades sont soignés au compte-​​gouttes. Il a affirmé que dans la prison de Shatta, seuls un médecin géné­ra­liste et un den­tiste tra­vaillent, en recevant deux malades tous les quatre jours, affirmant qu’il attend son tour d’être aus­culté depuis plus de 20 jours, malgré son état critique.

De son côté, le pri­sonnier Mustafa Afana, de la prison de Nafha, a affirmé qu’il souffre depuis trois ans de maux aux oreilles, d’un sif­flement aigu continu, le médecin l’ayant aus­culté ayant déclaré qu’il souf­frait d’une inflam­mation du nerf interne, il n’a tou­jours pas été admis aux soins, la direction de la prison refusant de le faire soigner. Pri­son­nières de la liberté

De son côté, le ministère des affaires des pri­son­niers et libérés a exprimé son inquiétude concernant les dures condi­tions dans les­quelles sont détenues les pri­son­nières dans la prison de Hasharon, où elles on subi des pro­vo­ca­tions et des mesures répres­sives de la part de la direction de la prison.

Un com­mu­niqué du ministère affirme que les pri­son­nières ont subi une pri­vation de diverses choses quo­ti­diennes, comme les appa­reils élec­triques et le télé­vision, tout comme elles ont été privées de pra­tiquer des exer­cices phy­siques, en signe de punitions.

Le com­mu­niqué précise que les condi­tions de détention sont déjà très dures, et ces mesures furent prises sans raisons ; les pri­son­nières ont alors réclamé de ren­contrer la direction qui a fait des pro­messes d’amélioration de leurs conditions.

Il faut rap­peler, ajoute le com­mu­niqué, que depuis 1967, des mil­liers de femmes ont été arrêtées par les forces de l’occupation, et au cours de l’Intifada, plus de 400 ont été arrêtées, parmi elles des mineures. Actuel­lement, se trouvent détenues 116 femmes, dont 6 mineures. L’isolement : une pra­tique barbare

Dans la prison de Had­darim, les forces de l’occupation pour­suivent l’isolement de 20 pri­son­niers dans des cel­lules sou­ter­raines. La famille de l’un des pri­son­niers, de Toubas, a affirmé : les geô­liers de Had­darim, section 01, main­tiennent leur fils avec 19 autres pri­son­niers, dans des cel­lules sou­ter­raines. Cette famille a réussi à entrer en com­mu­ni­cation avec son fils qui a expliqué leur situation. La famille du pri­sonnier Ahmad Lutfi Daraghme a porté plainte au bureau israélien des plaintes, ainsi qu’au comité inter­na­tional de la Croix-​​Rouge et autres ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales, pour tenter de sortir ces 20 pri­son­niers de l’isolement. Condam­na­tions injustes

Le tri­bunal mili­taire de Ofer a condamné à la prison plu­sieurs pri­son­niers, au moment où la direction des prisons conti­nuait à trans­férer des pri­son­niers de Ofer vers la prison du Naqab et de celle-​​ci vers Ofer (deux prisons militaires).

Le pri­sonnier Muhammad Aruri, 22 ans, de Aroura, au nord de Ramallah, a été condamné à 17 mois de prison ainsi qu’à 2000 shekels d’amende (pra­tique de vol légalisé par l’occupant, confirmant le statut d’otages des pri­son­niers), le pri­sonnier Muhammad Hamed Shalash, 23 ans, du village Shabqa, à 12 mois de prison et 5000 shekels d’amende, Issa Subhi Halayqa, de Shuyukh, près d’al-Khalil, à 10 mois de prison et 2000 shekels.

D’autre part, les pri­son­niers Farid Sara, 25 ans, de Nablus, a été libéré après avoir passé 24 mois en prison, ainsi que le pri­sonnier Hani Asimi, de Beit Laqya, et Mus’ab Fahmi Nassar, après une arres­tation de 14 jours.

Les trans­ferts des pri­son­niers dr. Muhammad Ghazal et dr. Naser Dine Sha’er, pro­fes­seurs à l’université an-​​Najah, de Nablus, arrêtés au mois de sep­tembre dernier, de la prison de Ofer vers celle du Naqab, visent à empêcher les pri­son­niers d’avoir une situation rela­ti­vement stable et leur per­mettre d’agir. Ils ont été trans­férés avec d’autres pri­son­niers qui sont Bilal al-​​Masri, Isma’il Sha­qqour, Ihab Ajami, Idris Muhammad Hajja, Muhammad Jawda Natshe, Sulayman Baraq’a et Muammar Ayad, ainsi que Ya’qub Sha­wabika et Amjad Masri.

Prisons israé­liennes : des condi­tions humi­liantes

Les pri­son­niers se sont plaints à l’avocat de Nadi al-​​asir al-​​filistini des condi­tions qui se dégradent à l’intérieur de la prison de Damoun.

Les pri­son­niers ont expliqué à Raed Mahamid que l’eau contient une part impor­tante de chlore et de sable, que les pièces sont très humides et non aérées. Plu­sieurs pri­son­niers sont interdits de visites fami­liales. Ils se sont plaints des mul­tiples pro­vo­ca­tions menées par la direction de la prison, qui fouille les pièces à tout moment, même en pleine nuit.

Les pri­son­niers ne peuvent pas, de plus, uti­liser l’eau chaude, pendant plus de deux heures, ce qui signifie que l’ensemble des pri­son­niers ne peuvent se laver. Plu­sieurs pri­son­niers sont malades, et leur état nécessite l’hospitalisation, comme Ra’fat Amine Turkman, de Jénine, Muhammad Mahmoud Samara, de Jénine, et Shadi Mahmoud Muflih, de Naplouse.

D’autre part, des pri­son­niers détenus dans la prison de Hasharon (Telmond) ont fait part à l’avocat Raed Mahamid que plu­sieurs d’entre eux sont atteints d’une maladie de peau (Scabies) qui sévit depuis plus de trois semaines. Plu­sieurs pri­son­niers se sont ins­crits pour être aus­cultés mais les visites sont rares. Les pri­son­niers se plaignent de la sur­po­pu­lation à l’intérieur des cel­lules, 9 pri­son­niers se trouvent dans une même cellule, ce qui oblige cer­tains à dormir sur le sol.

De plus, le vol organisé que repré­sentent les amendes sou­tirées par l’administration péni­ten­tiaire israé­lienne est incessant, chaque pri­sonni er est obligé de payer 400 shekels et est privé de visites chaque fois que l’administration veut punir un pri­sonnier. Touché par balles, ils lui refusent les soins

Depuis le 4 décembre, Amjad Ata Warid, 30 ans, de Naplouse, est arrêté et détenu dans la prison du Naqab. Il mène une grève de la faim pour être soigné. Amjad a une main para­lysée, après avoir été atteint d’une balle lors de son arres­tation ; il a également deux balles logées dans son épaule et trois balles dans la poi­trine, ce qui lui cause des dou­leurs insup­por­tables. Son état nécessite une inter­vention chi­rur­gicale, mais la direction de la prison, pré­textant le coût de son hos­pi­ta­li­sation et de cette opé­ration, refuse.

Lorsque le pri­sonnier a proposé de payer lui-​​même, la direction a encore refusé.

Le pri­sonnier Amjad est soigné juste avec des anal­gé­siques. Il réclame aux ins­ti­tu­tions des droits de l’homme de s’occuper de son cas et de le faire admettre dans un hôpital pour se faire soigner. Diri­geants pales­ti­niens empri­sonnés

Abdel Rahim Mallouh, diri­geant du FPLP, avait été agressé il y a quelques semaines dans la prison de Ofer, et transféré à la prison de Had­darim, après avoir été hos­pi­talisé, ayant été blessé. Le député Wasil Taha, du Ras­sem­blement national démo­cra­tique, lui a rendu visite à la prison de Had­darim, et a discuté avec lui les der­niers déve­lop­pe­ments poli­tiques palestiniens.

Le res­pon­sable du FPLP a déclaré que les élec­tions légis­la­tives pales­ti­niennes sont une nécessité pour la construction d’u n système poli­tique pour le peuple pales­tinien. Il a mis en garde contre le fait de ne pas faire par­ti­ciper les habi­tants d’al-Quds (Jéru­salem) à de telles élec­tions, ce qui repré­sen­terait un grave danger pour le projet national palestinien.