Bush au Proche-​​Orient

Morsi Attalla, jeudi 17 janvier 2008

Pourquoi s’étonner qu’Israël insiste à pour­suivre ses mas­sacres contre le peuple pales­tinien alors que le pré­sident amé­ricain, le parrain de la paix, fait une tournée dans la région au nom de la volonté d’instaurer une paix basée sur les visions des deux pays ?

Il est aujourd’hui évident que la sau­va­gerie avec laquelle Israël traite le peuple pales­tinien est une partie de la culture du rêve sio­niste. Nous ne devons pas oublier qu’Israël est né à partir des opé­ra­tions ter­ro­ristes atroces exé­cutées par les bandes sio­nistes réunies sous l’ombrelle de l’armée de la défense israé­lienne depuis la décla­ration de la création de l’Etat hébreu en 1948.

Israël, à l’encontre de tous les Etats du monde, n’est pas né de l’évolution natu­relle de la société. Il est né sous l’emblème d’un droit erroné qui tire sa légi­timité du soutien illimité des forces colo­ni­sa­trices qui ont des ambi­tions illé­gi­times dans les richesses de la région.

Nous devons concevoir les mas­sacres atroces per­pétrés à Gaza selon une com­pré­hension de la réalité des objectifs de l’Etat hébreu. Cet Etat qui trompe un large secteur de l’opinion publique mon­diale en pré­tendant qu’il est le seul modèle démo­cra­tique au Moyen-​​Orient. Et ce, alors que son registre dévoile des pra­tiques racistes, dis­cri­mi­na­toires et agres­sives qui ne s’opposent pas seulement aux fon­de­ments élémen­taires de la démo­cratie mais aussi aux plus simples droits de l’homme.

Israël possède 20 lois dis­cri­mi­na­toires contre les citoyens arabes alors que 17 lois incitent à la dis­cri­mi­nation de manière directe et franche que ce soit en donnant la priorité au citoyen juif ou en étouffant les droits élémen­taires du citoyen arabe. La Cour suprême de justice en Israël a émis des cen­taines de ver­dicts en faveur de l’octroi aux juifs des pri­vi­lèges absolus au point de consi­dérer la pro­vo­cation raciste contre les citoyens arabes comme une liberté d’expression.

Pourquoi donc s’étonner de la sau­va­gerie des mas­sacres per­pétrés à Gaza ces der­niers jours dans un pays supposé être démo­cra­tique ? Ce alors que la dis­cri­mi­nation contre les citoyens arabes de natio­nalité israé­lienne s’étend à tous les aspects de la vie. Partant des res­tric­tions à la liberté de pos­séder des terres et des loge­ments, jusqu’à la res­triction imposée à la liberté de la langue et de la culture. Il ne s’agit donc pas d’une simple lecture d’une série de mas­sacres qui n’est pas la pre­mière et qui ne sera pas la der­nière tant que per­sistent le silence inter­na­tional honteux d’une part et l’impartialité et le soutien amé­ri­cains pro­vo­ca­teurs d’autre part.

La lecture actuelle de la situation en Palestine dévoile une véri­table volonté arabe de réa­liser la paix, et une absence totale de volonté de la part d’Israël. Cependant, nous avons tous vu le trai­tement de faveur dont jouit Israël de la part du pré­sident de la plus grande super­puis­sance, qui a com­mencé sa tournée dans la région par la visite de ce pays.

Lors de la confé­rence de presse tenue avec Olmert, le pré­sident amé­ricain G. Bush, a inten­tion­nel­lement ignoré les mas­sacres israé­liens contre les Pales­ti­niens. Par contre, il a exprimé un effroi évident face à ce qu’il a appelé les mis­siles pales­ti­niens et le danger que repré­sente le mou­vement du Hamas.

Le pré­sident Bush n’a rien dit sur Jéru­salem et n’a fait nul­lement allusion au droit des réfugiés bien que ce dernier soit enre­gistré dans la réso­lution inter­na­tionale n°194 et qu’il figure parmi les trois condi­tions sti­pulées par l’Onu pour recon­naître Israël et accepter sa can­di­dature à l’organisation internationale.

Bush a inten­tion­nel­lement ignoré qu’Israël refuse le droit de retour des réfugiés alors qu’il se donne le droit d’appliquer ce qu’il appelle la loi du retour légiféré en 1950. Cette loi octroie à tout juif le droit d’immigrer en Israël, d’acquérir sa natio­nalité et de béné­ficier de ses lois qui octroient aux immigrés juifs d’innombrables facilités.

Le pré­sident Bush a parlé du judaïsme de l’Etat comme s’il s’inspirait des paroles du dis­cours pro­noncé par David Ben Gourion, face à la Knesset en 1950 en répétant ces célèbres mots : l’Etat hébreu que nous voulons construire est un Etat pour les juifs où qu’ils soient, pour tous les juifs qui le veulent.