Bronca d’Israéliens dans un vol Athènes-Tel Aviv contre deux passagers arabes

Libération avec AFP, mercredi 6 janvier 2016

Deux hommes, un Arabe israélien et un Palestinien selon la presse israélienne, ont dû descendre de l’avion qui devait les emmener d’Athènes à Tel Aviv après avoir subi la bronca de passagers israéliens inquiets de leur présence, selon la compagnie grecque Aegean Airlines.

L’incident « particulièrement malheureux » s’est produit dimanche soir et a retardé le départ du vol Athènes-Tel Aviv d’une heure et demie, a expliqué mardi à l’AFP la compagnie grecque, confirmant des informations de la presse israélienne.

Aegean Airlines a seulement précisé que l’un des hommes avait un passeport israélien, et l’autre un permis de résidence en Israël.

Selon la compagnie, ils ont accepté de débarquer et d’attendre un prochain vol après avoir été confrontés aux protestations « d’abord de 3-4 passagers », qui ont réclamé qu’ils soient soumis à un contrôle de sécurité pour une raison qui n’a pas été expliquée.

« Même s’il est hélas probable qu’ils aient fait l’objet de discrimination raciale (...), le pilote s’est senti obligé de retarder le vol et d’appeler la police pour vérifier à nouveau leurs papiers », qui se sont avérés « en ordre », poursuit Aegean Airlines dans un communiqué.

Mais les protestations s’étaient entretemps étendues à quelque « 60-70 » passagers.

Visant ces protestataires, « le pilote a dit que ceux qui ne se sentaient pas en sécurité pouvaient descendre, et qu’ils ne seraient pas remboursés », mais « à ce stade les deux hommes n’étaient pas bien et ont demandé eux-mêmes à descendre », a précisé Aegean Airlines.

La compagnie a précisé leur avoir offert une nuit d’hôtel et le transport jusqu’à l’aéroport, et a tenu dans son communiqué à « les remercier pour leur compréhension et collaboration ».

Les Arabes israéliens, c’est-à-dire les Palestiniens restés dans l’Etat hébreu après sa création en 1948, et leurs descendants, représentent plus de 17% de la population israélienne et ont tous les droits des citoyens israéliens. Les quelque 300.000 Palestiniens vivant à Jérusalem-est ont, pour leur part, presque tous un permis de résidence israélien.