Boycott, désinvestissement et sanctions

JEPJ, lundi 31 octobre 2005

Juifs pour une paix juste /

Pour la défense du droit inter­na­tional et des droits de l’homme : boycott, dés­in­ves­tis­sement et sanc­tions contre l’occupation.

Lors de sa ren­contre à Londres en sep­tembre 2005 le JEPJ [1] a décidé d’ajouter les clauses sui­vantes à sa décla­ration d’intentions (Décla­ration d’Amsterdam) :

Le JEPJ sup­porte les actions non vio­lentes des­tinées à faire cesser l’occupation de terres pales­ti­niennes et les vio­la­tions de la loi inter­na­tionale par Israël.

Le JEPJ appelle tous les états à s’assurer que leurs rela­tions avec Israël soient conformes aux lois inter­na­tio­nales et res­pectent la Décla­ration uni­ver­selle des droits de l’homme.

Depuis 38 ans, des confis­ca­tions mas­sives de terres et d’eau, des bar­rages rou­tiers, des exé­cu­tions extra­ju­di­ciaires, des clô­tures, des couvre-​​feux et des puni­tions col­lec­tives ont eu lieu dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés en vio­lation du droit inter­na­tional. L’oppression, la ségré­gation et l’humiliation, les des­truc­tions de maisons, la construction du mur de l’annexion en Cis­jor­danie et les bar­rières cein­turant Gaza carac­té­risent la vie jour­na­lière du peuple pales­tinien occupé. Mal­heu­reu­sement le gou­ver­nement israélien utilise son « désen­ga­gement » de Gaza comme cou­verture pour conso­lider l’occupation de la Cis­jor­danie et l’annexion de larges sec­teurs de ter­ri­toire palestinien.

Pendant toutes ces années d’occupation, le gou­ver­nement israélien, s’est cru habilité à violer le droit inter­na­tional, la charte des Nations Unies, la décla­ration uni­ver­selle des droits de l’homme, la 4me convention de Genève et même les déci­sions de la cour inter­na­tionale de justice, avec l’accord tacite d’une grande partie de la com­mu­nauté internationale.

Les Nations Unies et la com­mu­nauté inter­na­tionale dans son ensemble n’ont pas réussi à imposer des sanc­tions effi­caces contre les vio­la­tions israé­liennes du Droit inter­na­tional. Pour cette raison une action citoyenne est néces­saire dans toute l’Europe, afin d’empêcher les gou­ver­ne­ments d’appliquer deux poids deux mesures et de continuer à tran­quilliser Israël.

La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ rappelle que :

Le respect des prin­cipes de la charte des Nations Unies exige l’établissement d’une paix juste et durable entre Israël et le futur état palestinien

Tous les états membres des Nations Unies par leur accep­tation de la charte des Nations Unies se sont engagés à agir confor­mément à l’article 2 de la charte.

La cré­di­bilité d’un système inter­na­tional de justice, son autorité et sa signi­fi­cation pour la com­mu­nauté inter­na­tionale exigent qu’Israël soit forcé de cesser l’occupation.

Israël, état puissant qui occupe le ter­ri­toire d’un autre peuple, est un membre à part entière de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Il doit répondre de sa poli­tique et de ses actes selon les normes acceptées inter­na­tio­na­lement par toutes les autres nations. Toute autre démarche envers l’état d’Israël, le consi­dérant sans jus­ti­fi­cation comme un cas dif­férent de tous les autres pays, est dis­cri­mi­na­toire. Pour toutes ces raisons nous consi­dérons l’occupation du ter­ri­toire pales­tinien par Israël comme un pro­blème international

Nous avons tous intérêt à y mettre fin.

Nous ne sommes pas prêts à accepter l’aveuglement des soi-​​disant super­puis­sances, l’indolence des Nations Unies, l’apathie du « Quartet », et enfin, l’indifférence des états du Moyen-​​Orient et des Méditerranéens.

Nous ne sommes pas prêts à garder le silence à propos des affir­ma­tions par la puis­sance occu­pante, Israël, de parler au nom des juifs du monde entier, de se réclamer de nos ancêtres, dont beaucoup ont été vic­times du génocide nazi, et de pré­tendre agir pour toutes les vic­times de l’antisémitisme et du racisme.

Nous ne sommes pas prêts à assister pas­si­vement à une poli­tique qui à déjà engendré trop de vic­times, de des­truc­tions insup­por­tables et de souf­frances constantes.

Nous consi­dérant comme citoyens euro­péens convaincus que les droits de l’homme sont la base poli­tique de la société civile euro­péenne, nous par­ta­geons la res­pon­sa­bilité (de la lutte) pour la paix et la justice avec nos orga­ni­sa­tions sœurs et amies en Israël, en Palestine et dans tous les pays de la com­mu­nauté internationale.

Nous sommes déter­minés à adopter une position ferme contre l’occupation israé­lienne des ter­ri­toires pales­ti­niens, c.à.d. contre le courant de haine et d’hostilité qui pour­raient se ter­miner par une catas­trophe pour les Pales­ti­niens et les Israéliens.12-oct.-05

Nous sommes convaincus que les diri­geants et les déci­deurs israé­liens, ainsi que la majorité de la société civile israé­lienne, ont le pouvoir de modifier cette situation into­lé­rable, mais sont réti­cents et/​ou opposés à le faire. Pour cette raison, il s’avère impos­sible de ter­miner l’occupation sans pres­sions exté­rieures. Une pression inter­na­tionale non-​​violente mais efficace, en renfort d’un combat commun israélien et pales­tinien contre l’occupation est un moyen déter­minant pour sortir de cette impasse.

La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ souligne :

- L’« appel au boycott, au dés­in­ves­tis­sement et à des sanc­tions contre Israël jusqu’à ce qu’il res­pecte le droit inter­na­tional et les droits de l’homme » lancée par des repré­sen­tants de la société civile pales­ti­nienne en mai 2005.

- Le « pro­gramme de lutte » approuvé par le 5e Forum social mondial de Porto Alegre en janvier 2005 appelant les mou­ve­ments sociaux à « se mobi­liser pour des dés­in­ves­tis­se­ments et des boy­cotts » expli­ci­tement pour « forcer Israël à appliquer les réso­lu­tions inter­na­tio­nales et à res­pecter les déci­sions de la Cour inter­na­tionale de justice pour l’arrêt immédiat, la des­truction du mur illégal de l’apartheid et la fin de l’occupation »

- La réso­lution finale de la Confé­rence inter­na­tionale des Nations Unies pour la paix au Proche-​​Orient publiée à Paris en juillet 2005, annonçant pour 2006 l’inauguration d’« une cam­pagne générale de boy­cotts, de dés­in­ves­tis­se­ments et de sanc­tions pour forcer Israël à ter­miner l’occupation et à se conformer au droit inter­na­tional et à res­pecter toutes les réso­lu­tions des Nations Unies concernées ».

- La pétition dont le lan­cement fut approuvé lors de la réunion du Comité euro­péens de coor­di­nation des NGO pour la Palestine (ECCP) à Bruxelles en mai 2005, qui appelle tous les citoyens de l’UE « à recom­mander vivement à notre Ministre des affaires étran­gères, au Conseil de l’Union euro­péenne et aux Nations Unies de prendre des mesures poli­tiques et écono­miques, y compris des sanc­tions, des­tiner à empêcher Israël de continuer la construction du mur et l’obliger à res­pecter l’avis consul­tatif de la Cour inter­na­tionale de justice ».

- De nom­breuses orga­ni­sa­tions juives et israé­liennes approuvent l’idée d’un boycott sélectif et de sanc­tions contre Israel :
- Ta’ayush,
- Anar­chists Against the Wall,
- Bat Shalom,
- ICAHD (Israeli Com­mittee Against House Demo­lition),
- Jewish Voice for a Just Peace (JVP/​US), Not in My Name (US) ;
- Matzpen (Israël/​International) ;
- New Profile (une orga­ni­sation de refu­seniks, fémi­niste et anti­mi­li­ta­riste en Israël
- Jews Against the Occu­pation (New-​​York) ;
- la pétition du ministre du gou­ver­nement Ronnie Kasrils et du par­le­men­taire Max Ozinsky, qui a réuni plus de 500 signa­tures de juifs sud-​​africains ;
- Jewish Voices Against the Occu­pation (US) ;
- Jewish Women for Justice in Israel and Palestine (US) ;
- Gush Shalom (Israel) ;
- Jews for Global Justice (US) ; et Visions of Peace With Justice (US), parmi d’autres

La session plé­nière annuelle de 2005 des JEPJ déclare :

Que la mise en œuvre de cam­pagnes de boycott et de dés­in­ves­tis­sement contre l’occupation israé­lienne n’est pas de nature anti­sémite. En effet nous entre­prenons cette action dans la conviction que la fin de l’occupation sert à long terme les intérêts du peuple israélien. Que la situation dans les pays de l’UE diffère d’un Etat à l’autre, les groupes nationaux des JEPJ doivent décider de la forme locale la plus adé­quate des actions à entre­prendre dans le cadre d’actions non-​​violentes contre l’occupation. Qu’un boycott sélectif pourrait encou­rager les Israé­liens à agir pour le respect des droits des Palestiniens.

La fédé­ration des Juifs euro­péens pour une paix juste et beaucoup de ses orga­ni­sa­tions affi­liées sou­tiendra et mènera une cam­pagne intégrée d’actions contre l’occupation à tous les niveaux : local, régional, national, européen et international.

Actions proposées

- 1. Nous sommes convaincus que dif­fé­rents types de mesures inter­con­nectées visant spé­ci­fi­quement la machi­nerie de l’occupation, et le dis­po­sitif militaire-​​scientifique-​​technologique-​​économique qui y est associé, consti­tuent une réponse appro­priée. Nous coopé­rerons avec d’autres orga­ni­sa­tions de terrain et inclurons dans nos acti­vités des actions contre la vente d’armes et de pièces vers et venant d’Israël, la vente et l’entretien d’équipement servant à l’occupation, l’entraînement et les tests de per­sonnel mili­taires et d’armes israé­liennes dans toute l’UE ainsi que l’entraînement et la for­mation de poli­ciers et de mili­taires des pays de l’UE par Israël.

- 2. Dés­in­ves­tis­sement de com­pa­gnies sup­portant l’occupation et engagées dans la construction du mur et d’implantations ou la des­truction de loge­ments et de terres pales­ti­niennes. Coopé­ration avec des groupes locaux, pales­ti­niens et israé­liens et les mili­tants du dés­in­ves­tis­sement pour iden­tifier les cibles appropriées.

- 3. Faire cam­pagne auprès des impor­ta­teurs, des gros­sistes et des détaillants pour étiqueter les pro­duits « israé­liens » ori­gi­naires en totalité ou en partie d’au-delà des fron­tières de 1967, ou qui en contiennent des com­po­sants, comme pro­duits des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés.

- 4. Encou­rager le boycott de ces pro­duits par les consom­ma­teurs en publiant des listes conso­lidées, conjoin­tement avec Gush Shalom, des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes et des groupes de soli­darité locaux en uti­lisant le site web du JEPJ. Là où détaillants et gros­sistes refusent de fournir l’information sur l’origine de ces mar­chan­dises, ceux-​​ci seront inclus dans la liste, qua­lifiés de pro­duits poten­tiels des implantations.

- 5. Se connecter avec d’autres groupes pour l’élaboration et la mise à jour d’informations et pour militer en faveur du dés­in­ves­tis­sement et les boy­cotts de consom­ma­teurs. Ceci pourrait aider à endiguer l’éparpillement (frag­men­tation) des cam­pagnes de soli­darité poli­tique avec le peuple palestinien.

Il est temps de trans­former nos cri­tiques et notre oppo­sition aux poli­tiques des gou­ver­ne­ments israé­liens en actions réelles et non-​​violentes. Bien que surtout sym­bo­liques dans un premier temps, de telles actions sont des­tinées à activer une base citoyenne qui pourrait faire pression sur nos propres gou­ver­ne­ments. L’objectif initial est de sus­pendre les pri­vi­lèges com­mer­ciaux et de coopé­ration scien­ti­fique accordés à Israël dans le cadre du traité d’association entre l’UE et Israël, jusqu’à ce que ce dernier res­pecte les obli­ga­tions en matière de respect des droits de l’homme ins­crites dans ce traité.

DECLARATION FINALE - SESSION PLENIERE ANNUELLE 2005

[1] Fédé­ration des Juifs euro­péens pour une paix juste (JEPJ).