Blocus de Gaza : une ONG obtient la restitution d’un bateau arraisonné par Israël

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 10 août 2016

Une ONG suédoise a réclamé lundi qu’Israël remette en état une goélette arraisonnée en 2012 alors qu’elle défiait le blocus de la bande de Gaza, après une décision de la justice israélienne empêchant les autorités de confisquer le bateau.

La goélette Estelle, propriété de l’organisation suédoise Ship to Gaza (un Bateau pour Gaza), avait été arraisonnée le 20 octobre 2012 avec à son bord une trentaine de militants pro-palestiniens de différentes nationalités, donc cinq députés européens, cherchant à briser le blocus imposé par Israël à ce territoire palestinien au bord de la Méditerranée.

Presque quatre ans plus tard, l’Estelle est toujours amarrée dans le port israélien de Haïfa, a dit à l’AFP par téléphone le porte-parole de Ship to Gaza, Dror Feiler. L’Etat israélien entendait le confisquer en invoquant une loi maritime datant du 19e siècle, mais la Cour suprême israélienne a invalidé cette mesure dimanche.

Le sort du trois-mâts met en lumière un procédé israélien —la confiscation des bateaux— visant à dissuader les tentatives régulièrement menées par des militants pro-palestiniens pour briser par la voie maritime le blocus imposé depuis dix ans par Israël à la bande de Gaza dirigée par son ennemi islamiste du Hamas.

Cependant, la Cour suprême israélienne n’a pas statué sur le procédé en tant que tel. Elle a fait valoir que la procédure de confiscation avait commencé des mois après l’arraisonnement, alors qu’elle aurait dû être lancée bien plus tôt, indique son arrêt.

La Cour a ordonné que le bateau soit autorisé à repartir "immédiatement", a précisé le ministère israélien de la Défense dans un communiqué. L’Etat israélien devra payer 40.000 shekels (9.400 euros) en frais de justice aux propriétaires du bâtiment. "La dernière fois que quelqu’un a vérifié pour nous, il y a peut-être un an et neuf mois, le bateau n’était pas en bon état, et c’est peu dire", a déclaré Dror Feiler. "Nous allons réclamer que le bateau soit remis en état de reprendre la mer", a ajouté M. Feiler, l’un des Suédois qui se trouvaient sur le navire quand la marine israélienne en avait pris le contrôle dans les eaux internationales, au large de Gaza.

Ship to Gaza a aussi l’intention de réclamer un dédommagement pour le tort subi, bien plus élevé que les frais de justice, a-t-il dit.

Une tentative pour briser le blocus de Gaza s’était conclue par la mort de dix Turcs en 2010 quand des commandos israéliens avaient donné l’assaut au Mavi Marmara, un navire affrété par une ONG humanitaire turque.

Ship to Gaza a indiqué sur son site internet préparer une nouvelle opération vers Gaza et a lancé une collecte de fonds.