Blocus à Gaza : l’ONU met Israël en garde

NouvelObs, mardi 22 janvier 2008

Chris­topher Gunness, porte-​​parole de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés pales­ti­niens (Unrwa), a prévenu, lundi 21 janvier, que l’organisation onu­sienne devra cesser ses dis­tri­bu­tions de nour­riture à 860.000 per­sonnes dans la bande de Gaza "mer­credi ou jeudi" si le blocus israélien est maintenu. [Israël annonce que les livraisons de car­burant devraient reprendre par­tiel­lement ce mardi. NdR ]

"En raison de la pénurie de fuel, nous allons devoir cesser notre dis­tri­bution de nour­riture à 860.000 per­sonnes mer­credi ou jeudi si la situation perdure", a affirmé le porte-​​parole. La bande de Gaza, qui compte 1,5 mil­lions d’habitants, est entiè­rement dépen­dante de l’aide exté­rieure alors qu’Israël a décidé, depuis jeudi dernier, de bloquer l’entrée de tous les car­bu­rants et de tous les pro­duits en riposte aux tirs de roquettes contre son territoire.

Le Hamas réclame l’ouverture de la frontière égyptienne

Un peu plus tôt, c’est le Hamas qui a demandé à la Ligue arabe d’astreindre l’Egypte à ouvrir sa fron­tière. "Nous appelons la Ligue arabe à briser le blocus. Nous voulons une réso­lution demandant à l’Egypte et l’astreignant à ouvrir ce ter­minal (Rafah) pour per­mettre l’acheminement de tout ce dont le peuple pales­tinien a besoin", a déclaré un des chefs du Hamas, le député Khalil Al-​​Hayyah, lors de mani­fes­ta­tions à Rafah, seule fenêtre du ter­ri­toire de Gaza vers le monde exté­rieur mais fermé qua­siment en per­ma­nence depuis juin 2005. Des cen­taines de Pales­ti­niens se sont réunis pour exiger la réou­verture du terminal.

Moubarak demande la levée du blocus

Les délégués per­ma­nents auprès de la Ligue arabe devaient se réunir en urgence lundi au Caire pour dis­cuter du blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, menacée d’une crise huma­ni­taire. Selon l’agence offi­cielle égyp­tienne MENA, le pré­sident égyptien Hosni Mou­barak a appelé lundi Israël à cesser ses attaques contre la bande de Gaza et à lever le blocus imposé depuis jeudi à ce ter­ri­toire. Dans un appel télé­pho­nique au Premier ministre israélien Ehud Olmert, Hosni Mou­barak a "sou­ligné la nécessité de mettre un terme à l’agression israé­lienne contre le peuple pales­tinien". Il a également mis en garde contre "la dété­rio­ration de la situation huma­ni­taire consé­cutive au blocus de la bande de Gaza par Israël", a ajouté MENA.

Olmert jus­tifie le blocus Par ailleurs, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a jus­tifié lundi le blocus en vigueur depuis quatre jours. "Nous ne per­met­trons pas que des dizaines de mil­liers d’Israéliens soient soumis quo­ti­dien­nement aux tirs de roquettes alors que la vie dans la bande de Gaza suit son cours normal", a-​​t-​​il indiqué au chef de la diplo­matie néer­lan­daise, Maxime Verhagen, en visite à Jéru­salem. "La popu­lation (de Gaza) doit com­prendre que tant que le Hamas est au pouvoir, nous ne lui four­nirons que le strict minimum", a-​​t-​​il ajouté.

La ministre israé­lienne des Affaires étran­gères Tzipi Livni a abondé dans le même sens, jus­ti­fiant à son tour le blocus de Gaza. Que les diri­geants du Hamas "pleur­nichent ne doit pas nous influencer sur les réponses à apporter aux citoyens d’Israël" face aux tirs de roquettes, a déclaré Tzipi Livni lors d’une visite à Sdérot (sud), cible régu­lière des roquettes pales­ti­niennes, en com­pagnie de Maxime Verhagen. "Nous com­battons le ter­ro­risme tout en veillant à main­tenir une situation huma­ni­taire accep­table", a-​​t-​​elle déclaré.

Gaza dans le noir

Dimanche, le mou­vement isla­miste Hamas a décidé la fer­meture de la seule cen­trale élec­trique de la bande de Gaza pour écono­miser le fuel, Israël ayant cessé les livraisons au ter­ri­toire pales­tinien. Après la tombée de la nuit, la ville de Gaza, prin­cipale agglo­mé­ration du ter­ri­toire, était plongée dans le noir total. Tard dimanche soir, l’aviation israé­lienne a mené deux raids à Gaza, tuant un militant lié au Jihad Isla­mique, selon un res­pon­sable pales­tinien de la sécurité. L’armée israé­lienne a confirmé ces bom­bar­de­ments, pré­cisant que l’objectif du premier raid était un transport de roquettes.