Blair à Gaza

L’Orient le Jour et France 24, mardi 15 juillet 2008

Blair se rend à Gaza aujourd’hui 15 juillet, mais il ne s’entretiendra pas avec le Hamas

Le repré­sentant du quar­tette pour le Proche-​​Orient, Tony Blair, devrait se rendre aujourd’hui à Gaza et visiter un projet destiné à amé­liorer le trai­tement des eaux usées dans le nord du ter­ri­toire, a indiqué hier une source au sein de l’ONU.

Selon cette source, Tony Blair ren­con­trera également la com­mis­saire générale de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés pales­tinien (Unrwa) Karen Abou Zayd et le directeur de l’organisation à Gaza John Ging pour « dis­cuter des ques­tions humanitaires ».

En mars 2007, cinq Pales­ti­niens avaient péri dans une inon­dation pro­voquée par l’effondrement d’un bassin d’eaux usées à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza. M. Blair avait lancé plu­sieurs projets dans les ter­ri­toires pales­ti­niens après sa nomi­nation à la tête du quar­tette, dont celui de la réha­bi­li­tation de ce bassin.

La source a tou­tefois indiqué que M. Blair ne ren­con­trerait aucun res­pon­sable du mou­vement isla­miste Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007. « Aucune ren­contre n’est prévue en dehors de ce pro­gramme et aucune coopé­ration n’a eu lieu avec le Hamas », a-​​t-​​elle ajouté. Il s’agira de la pre­mière visite de l’ancien Premier ministre bri­tan­nique à Gaza depuis sa nomi­nation à la tête du quar­tette pour le Proche-​​Orient (États-​​Unis, UE, Russie, ONU) en juin 2007.

« La bande de Gaza est ouverte à tous ceux qui viennent pour aider le peuple pales­tinien », a réagi un porte-​​parole du Hamas, Fawzi Barhoum. Tony Blair « vient super­viser des projets huma­ni­taires et il n’existe aucun arran­gement pour ren­contrer le Hamas », a-​​t-​​il insisté.  [1]

Selon France 24, "Tony Blair, émis­saire du "quartet" des média­teurs inter­na­tionaux au Proche-​​Orient, est attendu cette semaine à Gaza en dépit du boy­cottage occi­dental du Hamas, qui contrôle tota­lement le ter­ri­toire depuis plus d’un an.

L’ancien Premier ministre bri­tan­nique sera ainsi la plus haute per­son­nalité occi­dentale à se rendre à Gaza depuis que le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas en a perdu le contrôle au profit du mou­vement isla­miste qui refuse de recon­naître le droit d’Israël à l’existence.

Une trêve entre l’Etat juif et le Hamas est en vigueur depuis près d’un mois grâce à une médiation égyp­tienne et un porte-​​parole du mou­vement pales­tinien, Ismaël Rou­douane, a déclaré que la visite de Blair confirmait "la sta­bilité de la situation à Gaza en matière de sécurité".

De source pales­ti­nienne, comme de source occi­dentale, on n’exclut pas qu’une éven­tuelle dété­rio­ration de la situation conduise à un report de la visite, mais Rou­daoune a assuré que le Hamas prenait "toutes les mesures de sécurité nécessaires".

Les ser­vices de Blair ont refusé de fournir le moindre détail sur le dépla­cement de l’ancien leader tra­vailliste bri­tan­nique, qui boy­cotte le Hamas depuis sa nomi­nation comme repré­sentant du "quartet" composé des Etats-​​Unis, de l’Onu, de l’Union euro­péenne et de la Russie.

Un projet urgent de traitement des eaux usées

Le mandat confié à Blair est de se concentrer sur les moyens écono­miques d’aider le futur Etat pales­tinien à voir le jour dans le cadre de l’accord de paix envisagé avec Israël avant la fin de l’année selon les enga­ge­ments pris en novembre par les deux parties à la confé­rence d’Annapolis.

La plupart des projets promus par Blair ont pour cadre la Cis­jor­danie, admi­nistrée par l’Autorité pales­ti­nienne d’Abbas sou­tenue par le "quartet", mais le Premier ministre a prévu un chantier important d’évacuation des eaux usées dans le nord de la bande de Gaza.

Les Gazaouis jugent le projet urgent car l’an dernier le débor­dement d’un bassin de rétention de l’usine de trai­tement des eaux usés avait inondé une zone peuplée, pro­vo­quant cinq noyades.

Cela a pris des mois à Blair et aux autres res­pon­sables occi­dentaux pour obtenir la per­mission d’Israël d’importer à Gaza les cana­li­sa­tions et autres maté­riels indis­pen­sables à la réa­li­sation de ce projet dans le nord de Gaza.

Israël, qui a com­mencé à alléger son blocus des maté­riaux des­tinés à Gaza à la suite de la trêve entrée en vigueur le mois dernier, objectait que la matériel néces­saire au projet pouvait être détourné de son usage par les acti­vistes pales­ti­niens pour fabriquer des roquettes .  [2]