Barrages et démolitions (en Palestine occupée)

al-​​Ahram, mercredi 4 juin 2008

Malgré des pro­messes maintes fois répétées, Israël main­tient en Cis­jor­danie occupée plus de 600 bar­rages et obs­tacles entravant la cir­cu­lation des Pales­ti­niens. Pire, le nombre de ces bar­rages a aug­menté de 41 unités entre le 4 sep­tembre 2007 et le 29 avril 2008, passant de 566 à 607.

C’est ce qu’a affirmé dans un rapport l’Office de coor­di­nation des Affaires huma­ni­taires des Nations-​​Unies dans les ter­ri­toires pales­ti­niens (Ocha). L’augmentation s’explique par la construction de 144 nou­veaux obs­tacles et la levée de 103 autres. L’Ocha avait affirmé dans un pré­cédent rapport, le 11 avril, qu’Israël avait levé 44 obs­tacles en Cis­jor­danie sur les 61 qu’il s’était engagé à sup­primer pour amé­liorer le dépla­cement des Pales­ti­niens, mais l’organisation onu­sienne avait sou­ligné que la plupart n’avaient que peu ou pas d’importance. Israël avait accepté début avril de lever ces bar­rages, à l’occasion d’une visite de la secré­taire d’Etat amé­ri­caine Condo­leezza Rice, afin d’améliorer la vie quo­ti­dienne des Palestiniens.

Ces bar­rages et obs­tacles affectent au quo­tidien la liberté de cir­cu­lation des Pales­ti­niens, consti­tuent des points de friction quo­ti­diens avec l’armée israé­lienne et freinent l’essor de leur économie. Dans un rapport publié en avril, la Banque mon­diale a estimé que malgré des pro­messes d’aide inter­na­tionale, la crois­sance écono­mique dans les ter­ri­toires pales­ti­niens serait nulle en 2008 en raison des res­tric­tions imposées par Israël. L’Autorité pales­ti­nienne, dont la masse sala­riale a explosé en raison du gon­flement de la fonction publique, s’efforce de favo­riser le déve­lop­pement du secteur privé pour absorber les nou­veaux arri­vants sur le marché du travail et lutter contre le chômage. Mais les inves­tis­seurs sont décou­ragés par les bar­rages mili­taires israé­liens qui rendent la cir­cu­lation extrê­mement pro­blé­ma­tique en Cis­jor­danie alors que la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien.

Les entraves israé­liennes à la cir­cu­lation des Pales­ti­niens se couplent d’une poli­tique de démo­lition de mil­liers de maisons de Pales­ti­niens dont le logement a été construit sans avoir obtenu un permis, que les auto­rités israé­liennes dis­tri­buent au compte-​​gouttes. Selon l’Ocha, plus de 3 000 bâti­ments et maisons pales­ti­niens sont menacés de des­truction par Israël en Cis­jor­danie. Ces maisons sont situées en zone dite « C » de la Cis­jor­danie, entiè­rement contrôlée par Israël, qui y a détruit plus de 1 600 bâti­ments entre janvier 2000 et sep­tembre 2007.

Les refus de permis à une aussi large échelle font craindre l’existence d’une poli­tique spé­ci­fique des auto­rités d’encourager un « transfert silen­cieux » des popu­la­tions pales­ti­niennes de zone C, a indiqué l’ONG israé­lienne La Paix main­tenant dans un récent rapport. A titre de com­pa­raison, 2 900 ordres de démo­li­tions ont été émis concernant des colonies israé­liennes, entre 2000 et 2007, mais seuls 7 % d’entre eux ont été appliqués.