NouvelObs, dimanche 21 mars 2010
Le secrétaire général de l’ONU a appelé Israël et les Palestiniens à trouver un accord de paix d’ici 2 ans, lors d’une visite en Cisjordanie, tandis que l’ancien président carter demande à Israël "d’infléchir spectaculairement sa politique".
Le Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, Union Européenne, Russie) "soutient fermement les efforts" pour créer un Etat palestinien viable et indépendant, a déclaré samedi 20 mars le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, alors qu’il était en visite à Ramallah, en Cisjordanie [1]. Le chef de l’ONU a rencontré lors de sa visite en Cisjordanie occupée le Premier ministre palestinien Salam Fayyad. Cette rencontre fait suite à une réunion pour la paix au Proche-Orient qui s’est tenue à Moscou et à laquelle le secrétaire général de l’ONU participait en compagnie notamment de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton. [2]
Ban Ki-Moon a tenu à souligner que le Quartette a adressé un "message clair et fort" en faveur de la création d’un Etat palestinien et a renouvelé sa condamnation de la colonisation israélienne.
Un accord de paix dans les 24 mois ?
"Nous condamnons fermement, au nom du Quartette, les récentes mesures israéliennes en vue d’établir 1.600 unités de logements dans une colonie" de Jérusalem-Est annexée, a-t-il réaffirmé. Le Quartette pour le Proche-Orient a appelé vendredi à un gel de la colonisation israélienne et a réclamé un calendrier afin de parvenir à un accord de paix dans les 24 mois.
L’appel, malgré le rejet d’Israël, a satisfait les Palestiniens qui souhaitent désormais le voir traduit en actes.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon s’est, par ailleurs, rendu, pendant sa visite à Ramallah, à un point de vue sur une colline à la périphérie de la ville, d’où il a pu contempler la colonie israélienne de Givat Zeev et le mur de séparation construit par Israël.
Ce poste d’observation dominait l’implantation de Givat Zeev et ses rangées de maisons aux toits rouges où vivent 11.000 Israéliens. On pouvait apercevoir également dans le paysage les quartiers juifs de Jérusalem-Est, le mur de séparation construit par Israël en Cisjordanie, par endroits une barrière et à d’autres des blocs de ciment, ainsi qu’un camp de détention pour les Palestiniens arrêtés par les troupes israéliennes.
[1] voir aussi el WatanBan Ki-Moon en tournée en Cisjordanie occupée : Le Quartette réaffirme son soutien pour un Etat palestinien indépendant
[2] De même l’ancien Président américain Jimmy Carter assure qu’
L’ex-président américain Jimmy Carter a jugé indispensable hier que Palestiniens et Israéliens négocient directement une solution à deux Etats au Proche-Orient mais il a souligné que cela impliquerait qu’Israël infléchisse spectaculairement sa politique.
Carter, qui joua avec succès les médiateurs entre l’Egypte et Israël pour aboutir aux accords de Camp David en 1978 et à la signature de la paix l’année suivante, n’a jamais mâché ses mots envers les gouvernements israéliens successifs, se plaçant souvent en porte-à-faux avec la politique officielle américaine.
L’ancien président démocrate a présenté comme « très embarrassante » l’annonce par Israël la semaine dernière, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, du projet de construction de 1.600 nouveaux logements pour des Juifs dans un secteur de Cisjordanie occupée situé au nord de la vieille ville d’Al Qods.
Dans une intervention devant sa fondation, le Carter Center, il a affirmé que jamais le monde arabe n’accepterait un Etat palestinien dont Al Qods-Est ne serait pas la capitale. « Mais cela va demander un changement spectaculaire dans la politique de l’actuel gouvernement d’Israël », a-t-il prévenu.
« Nous sommes confrontés actuellement à une situation tragique. Je dirais que nous n’avons fait aucun progrès l’année écoulée et, en fait, nous avons probablement reculé dans nos efforts pour apporter la paix aux Israéliens et à leurs voisins », a poursuivi l’ancien président démocrate.
« Néanmoins, il convient de ne pas abandonner tout espoir. Je pense que la paix reste accessible à condition d’un engagement fort et déterminé en faveur de la solution à deux Etats prônée par la communauté internationale et d’autres », a conclu Carter, lauréat du prix Nobel de la paix.
Agé de 85 ans, celui qui a occupé la Maison-Blanche de 1977 à 1981 a présenté la recherche de la paix au Proche-Orient comme la priorité de son action depuis son départ de la Maison-Blanche.
En 2006, Carter avait publié un ouvrage dans lequel il comparait la politique menée par Israël dans les territoires occupés palestiniens à un « système d’apartheid ».
ATLANTA (Reuters) — publié par la Presse de Tunisie