Avec « My Land », comprendre les réfugiés palestiniens (1)

AFPS Roubaix…, vendredi 27 janvier 2012

La terre n’est-elle pas assez grande pour tous ? Pourquoi alors ces guerres des territoires ? …

L’association France Palestine Soli­darité (FPS) a organisé une carte blanche pour essayer de répondre à ces ques­tions. Dans une salle pleine, l’émotion était à son comble. La pro­jection du film My Land n’a pas laissé les par­ti­ci­pants insen­sibles à un conflit qui dure depuis un demi-​​siècle. Pour cela, il a fallu un docu­men­taire mûrement réfléchi, comme celui de Nabil Ayouch. « L’idée est née en 2003 et le projet a com­mencé en 2009 au camp des réfugiés au Liban », a expliqué Moha Arabe, pré­sident de l’association FPS de Roubaix-​​Tourcoing. La séance « ciné-​​débat » était orga­nisée en par­te­nariat avec le FPH (Fond des par­ti­ci­pa­tions des habi­tants), l’ADEP et Radio Pastel FM mais la pré­sence des élus de dif­fé­rents partis faisait croire à un meeting poli­tique. « Il faut une mobi­li­sation citoyenne », a lancé Éric Mouvaux, du Front de gauche. Il est vrai que c’est un sujet qui ras­semble poli­tiques et reli­gieux. « Ce n’est pas avec une gomme qu’on va effacer un peuple », a fait remarquer Jean-​​Claude Lefort, pré­sident de FPS. Le peuple en question est constitué de réfugiés pales­ti­niens, les apa­trides qui ont fui leurs terres - ou plutôt qui ont été invités à quitter de force leur terre. « Au Liban, je n’ai ni le droit d’acheter une maison ni celui de tra­vailler. À la télé, je vois des per­sonnes avec des pas­se­ports, ils vont et viennent librement. Nous, on n’a rien. On n’est rien. On vit à la merci des autres », a confié Mohammed, 25 ans, du camp de Shatila.

« C’est une fable quand les Israé­liens disent "nous avons fait de ce désert un jardin » a ajouté André Rose­vegue, membre du bureau national de l’Union juive fran­çaise pour la paix. « C’est l’incompréhension et l’intolérance qui posent pro­blème. Le malaise existe aussi bien chez les jeunes Pales­ti­niens que chez les jeunes Israé­liens », a précisé Pierre Dubois, futur maire de Roubaix. On le com­prend, le docu­men­taire a donné lieu à maintes réflexions. La voix off a même témoigné du conflit inté­rieur de Nabil Ayouch lui-​​même, fruit d’un mariage entre un musulman et une juive !

Et quand la parole est donnée aux vieux Pales­ti­niens réfugiés ou aux jeunes Israé­liens, on ressent le désarroi des uns et des autres. « Ce n’est pas simple de voir que quelqu’un paie le prix pour que je puisse vivre dans ce paradis » a témoigné le jeune Shai Noy.

Pour conclure, Jean-​​Claude Lefort a insisté sur « la soli­darité humaine car les aider c’est nous aider nous-​​mêmes. Il faut sauver Israël de lui-​​même par la paix et par le droit ». Un petit espoir et un hommage à la souf­france de tout un peuple.

(1) titre original : Avec « My Land », comprendre les apatrides palestiniens