Attaque palestinienne à El Qods (Jérusalem)

T. Hocine, jeudi 3 juillet 2008

Un Pales­tinien au volant d’une pel­le­teuse a tué hier au moins trois Israé­liens et blessé plus de 45 autres dans le centre de cette ville sainte ravagée par le pro­cessus de colonisation.

Consé­quence de la dés­illusion des Pales­ti­niens, née du blocage du pro­cessus de paix par Israël, ou plus sim­plement pour­suite des actions de la résis­tance pales­ti­nienne contre l’occupant israélien, la scène proche-​​orientale a enre­gistré, hier, l’apparition d’un nouveau mou­vement par la force des armes et en plein centre de la ville sainte d’El Qods, puisqu’il en est à sa deuxième opé­ration depuis le mois de mars dernier.

Il s’agit des Bri­gades des hommes libres de la Galilée. En effet, un Pales­tinien au volant d’une pel­le­teuse a tué hier au moins trois Israé­liens et blessé plus de 45 autres dans le centre de cette ville sainte ravagée par le pro­cessus de colo­ni­sation. Selon la police, l’auteur de cette opé­ration était un homme âgé de 30 ans, habitant du village de Sour Baher, marié et père de deux enfants. L’attentat s’est produit à midi précise dans l’une des rues les plus pas­santes de la ville, sur le chantier du tramway actuel­lement en construction, pro­vo­quant un mou­vement de panique. Un tramway très contro­versé avec des impli­ca­tions internationales.

« Nous dénom­brons pour l’instant quatre morts, dont le conducteur de la pel­le­teuse, et 45 blessés, dont trois griè­vement », a déclaré un porte-​​parole israélien. Un groupe pales­tinien peu connu, « Les Bri­gades des hommes libres de la Galilée », a affirmé, hier, être res­pon­sable de l’attaque. Ce groupe avait également reven­diqué l’attentat meur­trier contre une école tal­mu­dique le 6 mars à El Qods, mais cette reven­di­cation n’avait jamais été confirmée de sources poli­cières. L’attaque s’est pro­duite lorsque le conducteur pales­tinien de la pel­le­teuse s’est lancé dans une course folle sur une cen­taine de mètres dans la rue Jaffa, ren­versant un bus, des véhi­cules et des pas­sants avant d’être abattu par un policier d’une unité d’élite. Il s’agit du premier attentat à El Qods depuis le 6 mars. Huit étudiants israé­liens d’un ins­titut d’études tal­mu­diques d’El Qods ouest avaient été tués par balles par un Pales­tinien qui a été abattu peu après.

L’attentat était le plus meur­trier depuis quatre ans en Israël. L’attaque d’hier inter­vient alors que le mou­vement isla­miste Hamas et Israël ont signé une trêve des vio­lences dans la bande de Ghaza. Le mou­vement isla­miste qui contrôle la bande de Ghaza a qua­lifié cette attaque de « réponse natu­relle aux agres­sions israé­liennes », mais a indiqué n’avoir aucune infor­mation sur ses auteurs. Jus­tement, dans cette portion de la Palestine, des cen­taines de Pales­ti­niens ont pris d’assaut, hier, le ter­minal de Rafah à la fron­tière entre la bande de Ghaza et l’Egypte avant d’être repoussés par les forces de l’ordre égyp­tiennes et une inter­vention du Hamas qui a rétabli le calme. Le calme est effec­ti­vement revenu à la fron­tière où le Hamas a repris contrôle de la situation côté pales­tinien, selon le res­pon­sable égyptien.

L’Egypte avait dépêché en urgence des « dizaines de poli­ciers » le long de la fron­tière de 14 km après avoir ouvert Rafah excep­tion­nel­lement mardi et hier. Il s’agissait de laisser un certain nombre de Pales­ti­niens de la bande de Ghaza por­teurs de permis de rési­dence à l’étranger et de visas, ainsi que les étudiants et les malades, de passer sur ter­ri­toire. « Les Pales­ti­niens sont appa­remment en colère parce que le quota est limité », a dit un res­pon­sable égyptien. Aucun Pales­tinien n’a pu pénétrer hier en Egypte, alors qu’un peu plus de 200 avaient pu le faire mardi, a-​​t-​​il précisé. Le ter­minal de Rafah est fermé qua­siment en per­ma­nence depuis 2006. Mais des cen­taines de mil­liers de Pales­ti­niens s’étaient rués en Egypte du 25 janvier au 3 février après la des­truction de la clôture fron­ta­lière à Rafah par des mili­tants du Hamas pour échapper au blocus israélien. En réalité, c’était pour fuir cette immense prison puisque toutes les voies d’accès sont bou­clées et gardées par l’armée israé­lienne qui y a imposé un blocus inhumain.