Attaque israélienne à Beit Hanoun

Communiqué - Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, mardi 14 novembre 2006

En une semaine, 86 Pales­ti­niens dont 16 enfants ont trouvé la mort suite aux bom­bar­de­ments de l’armée israé­lienne dans le nord de la bande de Gaza.

Le 8 novembre au matin, un quartier rési­dentiel de Beit Hanoun a été visé par les obus israé­liens faisant 18 vic­times dont sept enfants. Ce qu’on peut qua­lifier de mas­sacre est le dernier exemple en date de la poli­tique du pire menée par le gou­ver­nement israélien depuis le désen­ga­gement de la bande de Gaza en août 2005. Dans une tribune publiée le 12 juillet dans Libé­ration inti­tulée « La dan­ge­reuse escalade d’Israël », nous dénon­cions, lors du déclen­chement de l’attaque israé­lienne le 28 juin dernier, une stra­tégie mili­taire et une vision sécu­ri­taire à courte vue. De telles poli­tiques ne peuvent qu’aboutir à une radi­ca­li­sation de la situation, notamment en menaçant la trêve des attentats mise en place depuis deux ans.

Ce nouvel acte israélien s’inscrit dans une logique poli­tique claire : empêcher toute évolution dans le sens d’un accord inter­pa­les­tinien. Comme lors du déclen­chement de l’attaque israé­lienne en juin dernier, il inter­vient quelques jours après que les dis­cus­sions entre MM Abbas et Haniyeh sur la for­mation d’un gou­ver­nement d’union nationale aient connu un nouveau développement.

Jusqu’où pourra aller le gou­ver­nement israélien ? Depuis le 28 juin, 342 Pales­ti­niens ont été tués par l’armée israé­lienne et 1 186 blessés. La bande de Gaza, privée de toutes les res­sources de base, est entiè­rement isolée du reste du monde et la situation huma­ni­taire sur place a atteint un seuil de gravité alarmant.

Que valent les condam­na­tions de la com­mu­nauté inter­na­tionale après la tra­gédie de Beit Hanoun si Israël reste certain de son impunité ?

A chaque bom­bar­dement israélien s’éloigne la pers­pective d’un règlement poli­tique du conflit, fondé sur les prin­cipes d’équité et de justice

Le gou­ver­nement français et l’Union euro­péenne ont les moyens de faire pression sur l’Etat israélien pour qu’il cesse ses attaques dans la bande de Gaza et mette fin à son blocus. Nous leur demandons fer­mement d’utiliser ces moyens et d’inviter Israël à ouvrir de véri­tables négo­cia­tions avec les repré­sen­tants élus du peuple palestinien.

Paris, le 13 novembre 2006