Assas­sinat de Mabhouh ; Dubaï lancera un mandat d’arrêt contre Neta­nyahu si le Mossad est impliqué

L’Orient le Jour, dimanche 7 février 2010

Le chef de la police de Dubaï, le général Dhahi Khalfan, a affirmé hier qu’il lan­cerait un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Ben­jamin Neta­nyahu, si le Mossad était res­pon­sable du récent assas­sinat à Dubaï d’un cadre du Hamas, dans une décla­ration au quo­tidien The National, organe du gou­ver­nement de l’émirat d’Abou Dhabi.

« Ben­jamin Neta­nyahu sera le premier à être recherché par la justice car ce serait lui qui aurait signé la décision de tuer (Mahmoud) al-​​Mabhouh à Dubaï », a-​​t-​​il précisé. Il n’a cependant pas rendu for­mel­lement le Mossad res­pon­sable du meurtre, survenu le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï, même s’il avait déclaré le 31 janvier qu’il n’écartait aucune piste dans l’enquête, y compris celle d’une res­pon­sa­bilité du Mossad. Le mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas a accusé Israël d’avoir assassiné Mahmoud al-​​Mabhouh, l’un des fon­da­teurs de sa branche armée.

Le gou­ver­nement de Dubaï a indiqué avoir demandé l’aide d’Interpol dans la recherche des sus­pects, au nombre « d’au moins sept hommes, déten­teurs de pas­se­ports de plu­sieurs pays euro­péens », selon le général Khalfan. Il s’agit du premier assas­sinat d’un res­pon­sable pales­tinien aux Émirats arabes unis, qui n’entretiennent pas de rela­tions avec Israël. Mahmoud al-​​Mabhouh, 50 ans, avait été le res­pon­sable de l’enlèvement au début de la pre­mière intifada pales­ti­nienne (19871993) de deux soldats israé­liens qui ont ensuite été tués, ainsi que de la pla­ni­fi­cation de plu­sieurs attentats anti-​​israéliens, selon le Hamas.

Le Mossad avait tenté d’assassiner en sep­tembre 1997 le chef du Hamas, Khaled Mechaal, à Amman. Il a mené de nom­breuses opé­ra­tions spec­ta­cu­laires d’assassinat de diri­geants pales­ti­niens à l’étranger, dont le bras droit du diri­geant his­to­rique Yasser Arafat, Abou Jihad, en avril 1988 lors d’un débar­quement à Tunis, et le chef de l’organisation radicale du Jihad isla­mique, Fathi Chakaki, en octobre 1995 à Malte.