Assassinat d’un cadre du Hamas à Dubaï : la signature du Mossad

Georges Malbrunot, mardi 2 février 2010

Plu­sieurs spé­cia­listes français du ren­sei­gnement sont formels : le modus ope­randi plutôt sophis­tiqué de la liqui­dation du haut cadre mili­taire du Hamas à Dubaï porte la signature du Mossad israélien.

Agé de 50 ans, Mahmoud Abdel Raouf al-​​Mabhouh a été élec­trocuté le 20 janvier par des hommes déten­teurs de pas­se­ports euro­péens. Ce dernier détail semble écarter la thèse, évoquée par cer­tains, d’un règlement de comptes interpalestinien.

« Le recours à des faux pas­se­ports est une tech­nique souvent uti­lisée par les ser­vices de ren­sei­gne­ments israé­liens », nous déclare un agent du ren­sei­gnement français.

En 1995 déjà, l’homme qui, pour le compte du Mossad, liquida à Malte Fathi Shkaqi, le chef du Djihad isla­mique pales­tinien, était détenteur d’un pas­seport… français. A une cer­taine époque, de nom­breux pas­se­ports français avaient été volés. Ce qui inquiéta d’ailleurs nos amis américains.

Deux ans plus tard, le Mossad utilisa, cette fois, des pas­se­ports cana­diens pour couvrir sa ten­tative d’assassinat à Amman contre Khaled Meshaal, le chef de la direction poli­tique en exil du Hamas.

Même si les auto­rités dubaiötes ont récupéré les pas­se­ports des auteurs pré­sumés de l’assassinat, la pro­ba­bilité de remonter jusqu’aux exé­cu­tants est faible [1].

En Israël, on attribue à Mabhouh un rôle de premier plan dans la chaîne de livraison d’armes au Hamas à Gaza, depuis l’étranger. Or nous l’avons déjà écrit sur ce blog : depuis la fin de la guerre menée par Tsahal contre le Hamas en janvier 2009, les isla­mistes ont su recons­tituer leurs stocks d’armes, en les faisant tran­siter par les tunnels de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza, voire par la mer. [2]

Le Mossad n’a plus procédé à des liqui­da­tions d’ennemis notoires à l’étranger, depuis celle, en février 2008 à Damas, d’Imad Mou­gnieh, haut cadre mili­taire du Hez­bollah libanais. Celle des deux cadres du Hamas à Bey­routh, en fin d’année der­nière, étant une affaire interne aux inté­gristes, tout comme la dis­pa­rition du général syrien, Mohammed Sou­leiman, un proche du pré­sident Bashar al-​​Assad, tué durant l’été 2008 par des membres d’un service syrien.

En tuant Mabhouh, l’Etat hébreu prend le risque de voir le Hamas se venger, comme l’a d’ailleurs juré le mou­vement inté­griste, mais en pré­cisant une chose : cela se fera « en temps opportun » [3].

Le Hamas est, en effet, placé devant un dilemme. Le mou­vement de la résis­tance isla­mique n’a jamais attaqué des intérêts israé­liens hors de l’Etat hébreu. Peut-​​il prendre le risque de sortir des fron­tières d’un combat purement islamo-​​nationaliste ?

Il aurait sans doute beaucoup à y perdre, alors que ces der­nières années, le Hamas a plutôt cherché à tendre des perches à l’Occident. « Mais il est en posture dif­ficile. A Gaza, les souches nais­santes d’Al Qaida vont le traiter de lâche, s’il ne riposte pas », fait valoir un ancien diplomate en poste à Jérusalem.

[1] voir aussi le Monde

Les ser­vices secrets israé­liens soup­çonnés d’avoir assassiné à Dubaï l’un des chefs mili­taires du Hamas

Comme c’est la règle dans ce genre d’affaires, on ne saura jamais avec cer­titude si le Mossad, le service israélien chargé du ren­sei­gnement exté­rieur, est res­pon­sable de la mort de Mahmoud Abou Al-​​​​Mabhouh, l’un des prin­cipaux res­pon­sables mili­taires du Mou­vement de la résis­tance isla­mique (Hamas), trouvé mort, mercredi 20 janvier, dans une chambre de l’hôtel Al-​​​​Bustan Rotana, situé près de l’aéroport de Dubaï, où il était arrivé la veille, en pro­ve­nance de Damas.

Israël ne dira rien. Ce que l’on constate en revanche, si l’on rap­proche les cir­cons­tances de cet assas­sinat de celles d’autres "exé­cu­tions ciblées" attri­buées au Mossad, c’est que la dis­pa­rition d’un homme qui était chargé de l’approvisionnement en armes du Hamas à Gaza va dans le sens des intérêts israéliens.

Du moins du point de vue du Mossad : même s’il n’en est pas l’auteur, le fait qu’il soit désigné comme tel ren­force sa capacité de dis­suasion. Sur le plan diplo­ma­tique, en revanche, Israël n’aurait rien à gagner à une dété­rio­ration de ses rela­tions avec Dubaï, un émirat modéré et l’un des rares pays arabes de la région avec qui l’Etat juif n’a pas de dif­férend majeur. Une chose est sûre : il sera bien dif­ficile de retrouver les assassins de Mahmoud Abou Al-​​​​Mabhouh, qui était âgé de 50 ans.

Le chef de la police de Dubaï, le général Dhahi Khalfan, a affirmé que "sept indi­vidus déten­teurs de pas­se­ports euro­péens" étaient recherchés, tout en pré­cisant qu’ils avaient quitté le pays. Autant dire que les faux pas­se­ports vrai­sem­bla­blement uti­lisés ne per­met­tront pas de remonter jusqu’aux vrais cou­pables. Le général Khalfan a déclaré qu’il n’écartait aucune piste, y compris celle du Mossad.

Il semble que le res­pon­sable du Hamas soit entré sous sa vraie identité sur le ter­ri­toire émirati, mais sans gardes du corps, ce qui est plutôt inha­bituel vu ses res­pon­sa­bi­lités au sein des bri­gades Ezzedine Al-​​​​Qassam, la branche armée du Hamas, dont il était l’un des fondateurs.

Mahmoud Al-​​​​Zahar, l’un des chefs poli­tiques du Hamas à Gaza, a affirmé que les tueurs fai­saient partie de la délé­gation du ministre israélien chargé des infra­struc­tures, Uzi Landau, qui s’était rendu dans l’émirat voisin d’Abou Dhabi du 15 au 17 janvier, pour une confé­rence sur l’énergie renou­ve­lable. M. Landau a démenti.

Electrocuté puis étranglé

Les infor­ma­tions dif­fèrent sur la méthode uti­lisée : la thèse de l’empoisonnement a été avancée, avant que le Hamas n’indique que l’intéressé avait été élec­trocuté avant d’être étranglé dans sa chambre, sans doute - mais ce point reste incertain - après avoir été torturé. De Gaza, où Mahmoud Al-​​​​Mabhouh est né le 14 février 1960, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, son frère Fayeq a confirmé cette expli­cation. Il a précisé que les ser­vices israé­liens avaient déjà tenté à deux reprises de le tuer, la der­nière en date (par empoi­son­nement) remontant à six mois.

L’empoisonnement est une méthode que le Mossad a déjà uti­lisée : le 25 sep­tembre 1997, l’actuel chef du bureau poli­tique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas, avait été empoi­sonné à Amman. Mais ses agres­seurs israé­liens avaient été arrêtés, ouvrant une grave crise entre le roi Hussein de Jor­danie, qui était en pleine négo­ciation avec le Hamas, et le premier ministre d’alors, Benyamin Néta­nyahou. Le roi avait menacé Israël d’une réaction viru­lente si le diri­geant du Hamas venait à mourir. M. Néta­nyahou avait dû céder et faire délivrer un antidote à M. Mechaal.

Mahmoud Al-​​​​Mabhouh vivait à Damas, où il s’était réfugié depuis 1989 : Israël le recher­chait acti­vement pour son rôle dans le kid­napping, puis l’assassinat la même année, de deux soldats israé­liens, Avi Sasportas et Ilan Saadon.

On prête à Mahmoud Al-​​​​Mahbouh un rôle majeur dans l’armement du Hamas : c’est lui qui était chargé de l’acheminement des armes ira­niennes via le Soudan, puis l’Egypte, enfin Gaza, en uti­lisant les tunnels de contre­bande creusés sous la fron­tière égyp­tienne. Il aurait notamment organisé le convoi d’armes que l’aviation israé­lienne avait détruit, le 16 janvier 2009, au nord de Port-​​​​Soudan, sur la mer Rouge. C’est lui qui aurait pla­nifié le voyage du cargo Francop, bourré d’armes et de muni­tions, que la marine israé­lienne a arrai­sonné le 4 novembre 2009. C’est tou­jours lui qui aurait acheminé à Gaza des roquettes d’une portée supé­rieure à 60 kilo­mètres, capables d’atteindre Tel-​​​​Aviv et son aéroport…

Si aucun de ces faits n’est confirmé, le Mossad avait cependant bien des raisons de vouloir s’attaquer à Mahmoud Al-​​​​Mabhouh. Son pré­dé­cesseur pour le trafic d’armes au profit du Hamas, Ezzedine Cheikh Khalil, avait déjà été tué en 2004 à Damas dans l’explosion d’une voiture piégée. Imad Moughnieh, chef poli­tique et mili­taire du Hez­bollah, res­pon­sable de nom­breux attentats anti­amé­ri­cains et anti-​​​​israéliens, avait été également tué dans un attentat simi­laire à Damas, le 12 février 2008.

L’organisation chiite liba­naise avait alors accusé le Mossad et promis une revanche. "Le Hamas, de la même façon, appelle à des repré­sailles exem­plaires contre des intérêts israé­liens, constate Ely Karmon, expert de l’Institut du contre-​​​​terrorisme de l’université d’Herzliya ; il peut compter sur l’aide du Hez­bollah, et vice-​​​​versa."

http://​www​.lemonde​.fr/​p​r​o​c​h​e​-​o​rient…

[2] voir aussi Adrien Jaulmes dans le Figaro :

La guerre de l’ombre du Mossad

L’assassinat à Dubaï d’un chef mili­taire du Hamas s’inscrit dans une longue liste d’éliminations d’adversaires d’Israël.Les agents secrets du Mossad ne reven­diquent jamais leurs opé­ra­tions, mais l’État hébreu se tient en alerte par crainte de représailles.

La guerre de l’ombre a ses règles. Des bombes explosent, des bateaux coulent et des hommes meurent de façon mys­té­rieuse. Mais les coups portés dans la lutte secrète que se livrent Israël, l’Iran et les orga­ni­sa­tions clan­des­tines du Hamas et du Hez­bollah ne sont jamais reven­diqués. Comme dans les meilleurs romans de John Le Carré, seule une poignée de joueurs enre­gistre les succès et les échecs, et prépare les ripostes. Les obser­va­teurs sont laissés à leurs spé­cu­la­tions. La mort de Mahmoud al-​​​​Mabhouh, cadre du Hamas retrouvé mort ven­dredi dernier dans une chambre d’hôtel de Dubaï, est celle de l’un de ces joueurs. Elle aurait pu rester ignorée si le Hamas n’avait publi­quement accusé Israël de l’avoir liquidé.

Le Mossad n’a, bien sûr, ni reven­diqué ni démenti cette action. Tout comme per­sonne n’avait non plus reven­diqué l’assassinat du général syrien Mohammed Suleiman. Ce proche col­la­bo­rateur de Bachar el-​​​​Assad avait été tué en août dernier de plu­sieurs balles dans sa villa de Rimal al-​​​​Zahabiyeh, une luxueuse station bal­néaire située au nord de Tartous. Cet alaouite, membre de la même minorité reli­gieuse que la famille Assad, avait été chargé de plu­sieurs dos­siers sen­sibles, dont celui des pro­grammes secrets de recherche en armement du régime syrien. Il aurait aussi été le res­pon­sable de l’approvisionnement en armes du Hez­bollah libanais. Pas plus que n’avait été reven­diqué l’assassinat d’Imad Mough­niyeh, chef de la branche armée du même Hez­bollah et maître de l’attentat à la voiture piégée et de la prise d’otages, tué dans la mys­té­rieuse explosion d’un véhicule au centre de Damas en février 2008. Ni celui de deux membres du Hamas, morts dans l’explosion d’une voiture piégée devant le bureau du repré­sentant de l’organisation Oussama Hamdane le 27 décembre 2009 dans la ban­lieue sud de Bey­routh. Ni celle de l’expert nucléaire iranien Massoud Ali Mohammed, tué dans l’explosion d’une moto à Téhéran le mois dernier.

Reste que ces éléments épars et sans liens appa­rents entre eux des­sinent un tableau plein de zones d’ombre mais où apparaît en clair-​​​​obscur un combat clan­destin et sans merci. Chaque épisode, aussi incomplet et inco­hérent soit-​​​​il, est un élément de la nou­velle guerre froide qui se déroule au Moyen-​​​​Orient.

Organisation militaire redoutable

L’existence de Mahmoud al-​​​​Mabhouh, ou du moins ce que l’on en connaissait, res­semble à celle de dizaines de mili­tants du Hamas. Assassins et ter­ro­ristes pour les Israé­liens, résis­tants et héros pour les Pales­ti­niens, leur vie est celle d’hommes traqués, n’ayant rien à perdre. Morts en sursis, dévoués comme les anciens bol­che­viques au triomphe de leur cause, ils sont peu sou­cieux des règles de la morale ordi­naire. Mabhouh était né en 1960 dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Ces camps, habités par les des­cen­dants des Pales­ti­niens chassés de leurs vil­lages à la création d’Israël, sont le lieu où se recrutent les acti­vistes pales­ti­niens les plus déter­minés. Mabhouh était l’un d’entre eux. Pendant la pre­mière intifada, il est l’un des créa­teurs de la branche armée du Hamas, les Bri­gades Ezzedine al-​​​​Qassam, qui dotent la branche pales­ti­nienne des Frères musulmans d’une orga­ni­sation mili­taire redou­table, secrète et cloi­sonnée. Aussi connu sous son nom de guerre, Abou Abdullah, il organise l’enlèvement de deux soldats israé­liens et par­ticipe à la pré­pa­ration de plu­sieurs attentats. Empri­sonné, sa maison rasée en repré­sailles par Israël, il par­vient à fuir Gaza vers l’Égypte, puis la Syrie. Exilé, ce com­battant devient un logis­ticien, chargé d’organiser les réseaux com­plexes qui, depuis l’Iran, la Chine et la Corée du Nord, puis via la mer Rouge, le Soudan et l’Égypte, four­nissent ses armes au Hamas.

C’est une activité dan­ge­reuse. Israël considère le Hamas à Gaza comme un valet de l’Iran, chargé de main­tenir un front ouvert dans le sud du pays, et cherche par tous les moyens à couper ses routes clandestines.

L’année der­nière, en pleine opé­ration « Plomb durci » contre Gaza, plu­sieurs cargos chargés d’armes sont coulés dans un port sou­danais par des com­mandos, pro­ba­blement israé­liens. Un convoi de camions aurait aussi été attaqué en plein désert sou­danais dans un raid auda­cieux de l’aviation israé­lienne, lancé à plus de 1 000 kilo­mètres de ses bases. D’autres navires ont depuis été arrai­sonnés en Médi­ter­ranée. Le dernier, le porte-​​​​conteneurs Francop, inter­cepté au large de Chypre en novembre 2009, trans­portait plus de 300 tonnes d’armes. Mais ces inter­cep­tions n’interrompent pas tota­lement le trafic. Le Hamas continue à recons­tituer ses arsenaux et aurait réussi à se doter de roquettes à longue portée capables d’atteindre Tel-​​​​Aviv, ainsi que de missiles antiaériens.

Pas de traces d’effraction ni de violence

Lorsque Mabhouh atterrit à Dubaï le 19 janvier dernier, il a rendez-​​​​vous avec un contact iranien pour orga­niser l’une de ces livraisons. C’est un homme prudent, qui voyage sous une fausse identité et garde profil bas. Il descend dans un hôtel proche de l’aéroport, le al-​​​​Bustan Rotana, et prend soin de bar­ri­cader sa porte avec une chaise. Mais il ne ren­con­trera jamais son rendez-​​​​vous. Son corps est retrouvé le len­demain dans sa chambre par des employés de l’hôtel. Aucune trace n’indique une mort vio­lente, et les médecins concluent d’abord à une crise cardiaque.

L’affaire éclate neuf jours plus tard, quand le Hamas accuse publi­quement le Mossad de l’avoir assassiné. Selon les médias arabes, il aurait été paralysé à l’aide d’un pis­tolet élec­trique et étouffé sous un oreiller, ou bien élec­trocuté. Selon le Times de Londres, les assassins lui auraient plutôt injecté une sub­stance pro­vo­quant un arrêt car­diaque. Les tueurs auraient ensuite tran­quillement quitté l’hôtel et embarqué à l’aéroport de Dubaï pour une des­ti­nation inconnue, en pré­sentant des passeports européens.

« Il a ouvert la porte de sa chambre volon­tai­rement, appa­remment à l’un des assassins », a dit à la télé­vision al-​​​​Arabiya le colonel Dahi Khalfan, le chef de l’enquête à Dubaï. Une mys­té­rieuse « femme étrangère » est aussi évoquée. « Nous ne savons pas quel était son rôle, mais nous sus­pectons que c’est elle qui a réussi à convaincre Mabhouh d’ouvrir la porte de sa chambre », disent aussi les enquêteurs.

« Nous ven­gerons la mort de ce grand homme », a déclaré ven­dredi dernier Khaled Mechaal, le chef en exil du mou­vement isla­miste pales­tinien après les funé­railles de Mabhouh dans le camp de réfugiés pales­ti­niens de Yarmouk, dans la ban­lieue de Damas. « Vous vous faites des illu­sions si vous croyez que nous aban­don­nerons la résis­tance, qui ne sera nul­lement affectée par l’occupation, la colo­ni­sation de nos terres, le blocus ali­men­taire, les assas­sinats ou même le mur de sépa­ration », a-​​​​t-​​​​il dit, s’adressant aux Israé­liens. « Il est vrai que cet assas­sinat nous a affligés, mais c’est la guerre entre nous : vous nous tuez et nous vous rendons la pareille, vous menez contre nous une guerre injuste et nous ripostons par une résis­tance légitime, telle est la loi de la guerre entre nous. (…) Les Bri­gades Ezzedine al-​​​​Qassam ripos­teront à ce crime sio­niste au moment et dans le lieu opportuns », a menacé Mechaal.

L’affaire Mechaal, fiasco de Nétanyahou

Le chef du Hamas connaît mieux que qui­conque les méthodes du Mossad. Le scé­nario de l’opération contre Mabhouh rap­pelle celui de la ten­tative d’assassinat menée contre lui, en 1997. La seule dif­fé­rence est son résultat. Mechaal est bien vivant, et son assas­sinat raté reste l’un des plus cui­sants échecs du Mossad.

À l’époque, plu­sieurs agents israé­liens, entrés en Jor­danie avec de faux pas­se­ports cana­diens, par­viennent, au beau milieu d’une rue d’Amman, à injecter dans l’oreille de Khaled Mechaal un mys­té­rieux poison. Mais l’opération capote à cause de l’intervention des gardes du corps de Mechaal, qui par­viennent à appré­hender deux membres du com­mando. L’affaire déclenche une grave crise diplo­ma­tique entre la Jor­danie et Israël, suscite la fureur des auto­rités cana­diennes et oblige Benyamin Néta­nyahou, premier ministre de l’époque, à une humi­liante reculade. Les Israé­liens sont obligés de fournir l’antidote au poison, qui sauve Mechaal, et de libérer plu­sieurs pri­son­niers du Hamas, dont le cheikh Yassine, le fon­dateur his­to­rique du mou­vement. Le chef du Mossad de l’époque, Danny Yatom, est contraint à la démission. Mechaal devient le prin­cipal diri­geant du Hamas.

Si l’opération qui a coûté la vie à Mahmoud al-​​​​Mabhouh a bien été l’œuvre du Mossad, l’agence israé­lienne a cette fois-​​​​ci fait preuve d’une bien meilleure pla­ni­fi­cation. Tout en refusant de recon­naître la res­pon­sa­bilité de la mort de Mabhouh, Israël a décrété un état d’alerte dans l’armée, les ambas­sades et les repré­sen­ta­tions israé­liennes à l’étranger, invo­quant le danger de repré­sailles du Hamas. Ou du Hez­bollah, à l’approche de l’anniversaire de la mort d’Imad Mough­niyeh, que le mou­vement libanais a juré de venger. http://​www​.lefigaro​.fr/​i​n​t​e​r​n​a​tiona…

[3] selon AP le 1 février

Tsahal appelle ses offi­ciers à l’étranger à la vigi­lance après l’assassinat d’un com­mandant du Hamas à Dubaï

L’armée israé­lienne a appelé ses offi­ciers de haut rang et ses attachés mili­taires à se tenir sur leurs gardes lors de leurs dépla­ce­ments à l’étranger de peur de repré­sailles après l’assassinat d’un com­mandant du Hamas à Dubaï, a-​​​​t-​​​​on appris lundi de sources mili­taires israé­liennes. D’après des res­pon­sables mili­taires israé­liens, qui ont requis l’anonymat, Tsahal craint que des mili­tants du Hamas n’essaient de cap­turer des offi­ciers de hauts rangs ou des attachés mili­taires israé­liens à l’étranger et leur a demandé d’être vigilants.

Le Hamas a accusé ven­dredi des agents israé­liens d’avoir tué Mahmoud al-​​​​Mabhouh, 50 ans, l’un des fon­da­teurs des Bri­gades Ezzedine Al-​​​​Qassam, la branche mili­taire du mou­vement isla­miste pales­tinien. Il avait été retrouvé assassiné dans un hôtel de Dubaï le 20 janvier dernier. Israël n’a ni démenti ni confirmé ces allé­ga­tions. http://​fr​.news​.yahoo​.com/​3​/​20100201