Ashton réclame l’ouverture “dans les deux sens” de Gaza

Le Soir et Afp, dimanche 18 juillet 2010

La chef de la diplo­matie euro­péenne Catherine Ashton a réclamé samedi à Ramallah (Cis­jor­danie) l’ouverture “dans les deux sens” des points de pas­sages entre la bande de Gaza et le monde extérieur.

“Il faut que les points de passage (du ter­ri­toire pales­tinien) soient ouverts dans les deux sens à la popu­lation comme aux biens de consom­mation”, a déclaré M. Ashton aux jour­na­listes après une ren­contre à Ramallah (Cis­jor­danie) avec le Premier ministre pales­tinien Salam Fayyad.

“Nous le disons clai­rement : les gens de Gaza doivent pouvoir vivre nor­ma­lement”, a sou­ligné Mme Ashton qui doit se rendre dimanche dans la bande de Gaza.

Elle a réaf­firmé que les Euro­péens “étaient désireux de s’impliquer dans les pro­cé­dures aux points de passage (fron­ta­liers) à condition que l’Union euro­péenne ait un rôle bien défini à jouer, et évidemment en coopé­ration avec l’Autorité pales­ti­nienne”, ajoutant que cette question “n’est pas pour le moment sur la table”.

La bande de Gaza est aux mains du mou­vement isla­miste Hamas depuis un coup de force en juin 2007.

De son côté, M. Fayyad a demandé une “levée du siège” imposé depuis quatre ans par Israël à la bande de Gaza, en sou­li­gnant que “l’économie de Gaza ne saurait sub­sister uni­quement grâce à des impor­ta­tions” et qu’il lui fallait pouvoir exporter librement. Les expor­ta­tions tou­jours bloquées

Israël a accepté d’assouplir son blocus de la bande de Gaza à la suite d’intenses pres­sions inter­na­tio­nales après la mort de neuf Turcs dans l’assaut de sa marine le 31 mai contre une flot­tille huma­ni­taire qui tentait de forcer le passage.

L’Etat hébreu a notamment autorisé l’entrée de biens de construction pour des projets de la com­mu­nauté inter­na­tionale approuvés par l’Autorité pales­ti­nienne. Mais il interdit qua­siment toutes les expor­ta­tions et main­tient des res­tric­tions dra­co­niennes au passage des personnes.

Les Euro­péens réclament, outre l’augmentation des points de passage, la reprise des expor­ta­tions depuis la bande de Gaza et la libé­ra­li­sation des condi­tions de cir­cu­lation des per­sonnes de et vers le territoire.

Au cours de sa visite de quelques heures, la Haute repré­sen­tante de l’UE aux Affaires étran­gères visitera des ins­tal­la­tions de l’agence de l’ONU pour les réfugiés pales­ti­niens (UNRWA) et des pro­grammes d’aide au secteur privé local financés par l’Union.

En revanche, elle ne ren­con­trera aucun repré­sentant du Hamas, tou­jours considéré par l’Union euro­péenne et les Etats-​​Unis comme une “orga­ni­sation terroriste”.

Le dépla­cement de Mme Ashton à Gaza inter­vient dans le cadre d’une visite de trois jours dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens et en Israël qu’elle a com­mencée samedi.

Elle prévoit de ren­contrer dimanche le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu, le ministre de la Défense Ehud Barak ainsi le ministre des Affaires étran­gères Avigdor Lieberman.

Une ving­taine d’ONG ont demandé à l’UE d’”insister pour la levée totale du blocus de Gaza”, à l’occasion de la visite de Mme Ashton à Gaza.