Comité de Coordination de la Lutte Populaire, vendredi 29 janvier 2010
Dans sa politique d’arrestations et de répression contre les luttes populaires en Cisjordanie, les soldats israéliens ont arrêté Mohammed Khatib aujourd’hui (28 janvier), avant l’aube.
Khatib est membre du Comité Populaire contre le Mur et la colonisation dans le village de Bil’in en Cisjordanie et coordinateur du Comité de la Lutte Populaire.
Dans la nuit, vers deux heures du matin, Mohammed Khatib, son épouse Lamia et leurs quatre enfants, ont été réveillés par les soldats israéliens qui ont pris d’assaut leur maison. Une force d’envergure avait entouré la maison, avant de l’investir et d’enlever le plus rapidement Mohammed.
Environ une demi-heure après, cinq jeeps militaires ont encerclé de nouveau la maison, et six soldats y ont de nouveau fait irruption , où les enfants étaient assis térrifiés, et ont fouillés toutes les pièces, sans le moindre mandat. Lors de la perquisition, le téléphone de Mohammed Khatib et de nombreux documents ont été saisis, notamment ceux de la procédure judiciaire intentée par Bil’in à la Cour suprême d’Israël.
Les soldats sont sortis une heure et demi plus tard, laissant une note disant que des documents suspects comme « inciation à la lutte » avaient été saisis. Les activistes internationaux qui ont tenté de pénétrer dans la maison pour être avec la famille lors de la perquisition ont été rejetés agressivement.
Mohammed Khatib avait déjà été arrêté au cours de la vague actuelle d’arrestations et de répression le 3 aout dernier, pour les accusations d’incitation à la violence et de jets de pierres. Après deux semaines de détention, un juge militaire a statué que la preuve contre lui était falsifiée et avait ordonné sa libération, après qu’il a été prouvé que Khatib était à l’étranger au moment où l’armée a allégué l’avoir photographier jeter des pierres au cours d’une manifestation.
L’arrestation de Khatib aujourd’hui, entre dans l’escalade répressive de l’armée israélienne contre la lutte populaire palestinienne et de ses dirigeants. Khatib est le 35eme habitant de Bil’in a être arrêté sur des soupçons liés aux manifestations contre le mur depuis le 23 Juin 2009.
Les récentes vagues d’arrestations se sont surtout portés contre les membres des comités populaires, qui sont accusés d’incitation à la violence. L’accusation d’incitation, définie selon la loi militaire israélienne comme « une tentative, que ce soit verbalement ou autrement, à influencer l’opinion publique dans la région d’une manière à troubler la paix ou l’ordre public », est une tentative cynique de punir la base des comités, afin de les maintenir pour de longues durées derrière les barreaux. Ces actes d’accusation font partie de la stratégie israélienne d’utiliser une persécution "légale" comme un moyen d’éradiquer le mouvement populaire.
Des raids similaires ont également été menés dans le village de Al Maasara, au sud de Bethléem, et dans le village de Ni’ilin, où 110 personnes ont été arrêtées depuis un an et demi, ainsi que dans les villes de Naplouse, Ramallah et de Jérusalem est.
Parmi les personnes arrêtées lors de la récente campagne figure trois membres du Comité Populaire Ni’ilin, Sa’id Yakin de la commission nationale palestinienne contre le Mur, et cinq membres du Comité Populaire de Bil’in. Toutes ces personnes sont soupçonnées d’incitation à la violence.
Les militants Jamal Juma (Jérusalem) et Mohammed Othman (Jayyous), de l’ONG Stop The Wall, intervenant dans la lutte contre le Mur et actifs dans la campagne de boycott (BDS), ont récemment été remis en liberté après avoir été incarcérés de longues périodes sur la base de pseudo preuves secrètes mais sans aucune accusation portées contre eux.