Gilles Paris, jeudi 19 juillet 2012
La décision appartient désormais à l’armée israélienne, décisionnaire en Cisjordanie. C’est elle qui se prononcera in fine sur la transformation du Collège d’Ariel en établissement universitaire. En cas de réponse positive, le maire d’Ariel, Ron Nachman, qui n’aime rien tant que de poser pour la postérité aux côtés des grands de ce monde (les murs de son bureau sont constellés de tels trophés) pourra estimer sa mission accomplie.
Quelle mission ? La banalisation d’une colonie de près de 18 000 habitants fichée au coeur de la partie nord de la Cisjordanie que les Israéliens appellent Samarie. Adieu les austères camps retranchés arpentés par des colons à kippa tricotée, M-16 en bandoulière, l’"Université de Centre Samarie", si elle voit le jour, sera un élément supplémentaire de l’occultation d’une réalité en cours également dans les têtes, après l’organisation de spectacles de théâtre qui avaient déjà fait polémique, mais aussi la route 5 (que les Israéliens peuvent emprunter à partir de la grande banlieue de Tel Aviv sans imaginer traverser un territoire occupé) et l’organisation en municipalité, un privilège à l’est de la Ligne verte, en territoire palestinien occupé.

A mieux y regarder, il manque encore une chose à Ariel : son inclusion au tracé de la "clôture de sécurité" érigée unilatéralement par Israël en Cisjordanie. Une décision lourde de sens puisque l’annexion de facto d’Ariel au territoire israélien signifierait l’échec du projet à l’origine de la colonie : la création d’un continuum territorial jusqu’à la vallée du Jourdain, dans le double objectif de contrôle du nord de la Cisjordanie et d’obstacle à la création d’un éventuel Etat palestinien.