Après le carnage israélien à Beit Hanoun, pro­tection inter­na­tionale du peuple pales­tinien, sanc­tions contre Israël !

AFPS, jeudi 9 novembre 2006

Après plus de quatre mois d’une offensive qui a fait plus de 400 morts, et un siège de plu­sieurs jours au cours duquel 56 Pales­ti­niens ont été tués, l’armée israé­lienne a bom­bardé le 8 novembre au matin un quartier rési­dentiel de Beit Hanoun au nord de la bande de Gaza.

Au moins dix-​​huit Pales­ti­niens -dont sept enfants, selon le porte-​​parole du ministère pales­tinien de la Santé-​​ ont péri durant ce bom­bar­dement. Quatre des maisons tou­chées appar­tiennent à des membres d’une même famille.

Ce carnage a eu lieu au len­demain du retrait officiel de l’armée israé­lienne de cette ville pales­ti­nienne de la bande de Gaza. Le 7 novembre, huit autres Pales­ti­niens ont été tués dans le nord de ce petit territoire.

Le redé­ploiement de l’armée et des colons israé­liens du ter­ri­toire de la bande de Gaza, opéré voici un peu plus d’un an, n’a pourtant pas laissé de répit aux Gazaouis. Elaboré et mis en œuvre de façon uni­la­térale par Israël pour délé­gi­timer toute pers­pective de négo­ciation et pour pour­suivre la colonisation-​​ annexion de la Cis­jor­danie -comme s’il n’y avait aucune inté­grité du ter­ri­toire pales­tinien, ni d’appartenance nationale commune des Pales­ti­niens de la bande de Gaza et de Cisjordanien-​​ ce « redé­ploiement » s’est en réalité traduit par une suc­cession de « pluies » et autres « nuages » de bombardements.

Après ceux d’été, ceux d’automne sont tout aussi meur­triers. On se rap­pelle comment, cet été, la plage de Gaza était mitraillée depuis la mer, au prix de plu­sieurs vies humaines, alors même que se négo­ciait un accord national pales­tinien, et pré­ci­sément pour cette raison ; puis comment de nouveau la popu­lation civile pales­ti­nienne était prise pour cible, alors que le pré­sident Mahmoud Abbas et son Premier ministre, Ismaïl Hanyeh, par­ve­naient à un accord dans lequel une partie de la com­mu­nauté inter­na­tionale, et sin­gu­liè­rement l’Europe, lisait en fili­grane l’objectif de deux Etats ; et là aussi pré­ci­sément pour cette raison.

Pour bloquer toute pers­pective de négo­ciation. Pour semer les germes du chaos en semant la mort. ET de fait, depuis, l’armée israé­lienne a assassiné plu­sieurs cen­taines de Palestiniens.

Ce nouveau carnage n’a rien d’une erreur de tir comme le pré­tendent les auto­rités israé­liennes. C’est un acte délibéré pour miner l’accord Fatah-​​ Hamas en vue de constituer un gou­ver­nement d’union nationale.

Exi­geant du gou­ver­nement pales­tinien la recon­nais­sance de l’Etat d’Israël, celle des accords signés et la renon­ciation à la vio­lence, la com­mu­nauté inter­na­tionale a décidé de condamner à l’étouffement écono­mique une popu­lation occupée et sous blocus ; à aucun moment cependant elle n’exige la réci­proque de la puis­sance occu­pante, en dépit de la terreur d’Etat que celle-​​ci déploie.

Au contraire, le "boycott" par l’UE de l’AP, la sus­pension de l’aide, n’ont fait qu’encourager le déchaî­nement des agres­sions de l’armée israé­lienne. Ainsi à Beit Hanoun, un mas­sacre de plus.

Alors que l’ensemble des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes de résis­tance res­pecte depuis près de deux ans une trêve uni­la­térale, il est évident que de tels car­nages ne peuvent que la radi­ca­liser. Le mou­vement Hamas a du reste promis « vengeance ».

La politique israélienne est meurtrière pour tous.

L’AFPS demande au gouvernement français :

- d’intervenir d’urgence au sein du Conseil de Sécurité des Nations unies pour exiger la mise en place d’une force inter­na­tionale de pro­tection du peuple palestinien

- de décider de sanc­tions écono­miques contre Israël tant que cet Etat ne recon­naîtra pas le droit du peuple pales­tinien à un Etat indé­pendant dans les fron­tières de 1967, ne recon­naîtra pas le droit inter­na­tional, ne recon­naîtra pas les accords signés, ne renoncera pas à la vio­lence, ne renoncera pas à la colo­ni­sation ; notamment de sus­pendre toute coopé­ration mili­taire avec Israël.

- d’intervenir auprès de ses par­te­naires euro­péens et au sein des Nations unies pour des déci­sions inter­na­tio­nales de même nature.

Paris, le 8 novembre 2006.