Après Obama, Benyamin Netanyahou reçu par Sarkozy

Pierre Barbancey, vendredi 13 novembre 2009

Le premier ministre israélien est à nouveau à Paris sans remettre en cause la colonisation.

Le premier ministre israélien, 
Benyamin Neta­nyahou, était reçu, hier soir (11 novembre) , par Nicolas Sarkozy. Le pré­sident français aura-​​t-​​il choisi le huis clos total pour ces entre­tiens, comme son homo­logue amé­ricain, Barack Obama, ou au contraire va-​​t-​​il chercher à damer le pion aux Amé­ri­cains en se pré­sentant comme le plus grand ami d’Israël  ? À l’heure où ces lignes étaient écrites, on n’en savait rien [1].

En revanche, les décla­ra­tions du ministre français des Affaires étran­gères, Bernard Kouchner, n’ont pas caché l’agacement français face à l’attitude israé­lienne. Bernard Kouchner a reconnu mardi un « vrai dif­férend poli­tique » entre Benyamin Neta­nyahou et le pré­sident français sur la question de la colo­ni­sation. « Nous pensons tou­jours que le gel des colo­ni­sa­tions, c’est-à-dire ne pas colo­niser pendant qu’on parle (de par­venir à la paix), serait abso­lument indis­pen­sable », a-​​t-​​il sou­ligné. Kouchner est allé plus loin, en déplorant qu’il n’y ait plus en Israël d’« aspi­ration à la paix. Il me semble, et j’espère me tromper, que cette aspi­ration a disparu, comme si on n’y croyait plus ».

Le refus d’Israël de geler sa colo­ni­sation et la lettre commune adressée par Nicolas Sarkozy et le premier ministre bri­tan­nique, Gordon Brown, à Neta­nyahou demandant une enquête indé­pen­dante sur le conflit de Gaza, à la suite du rapport Gold­stone mettant en cause Israël pour crime de guerre, ont contribué à ce froid, bien que cette lettre soit surtout une manière de faire oublier la lâche abs­tention fran­çaise et bri­tan­nique lors du vote de la réso­lution à l’ONU.

Le pro­cessus de paix en panne, la question de la colo­ni­sation mais aussi l’attitude d’Israël face au pro­gramme nucléaire iranien seront au centre des entre­tiens. On espère également que 
Nicolas Sarkozy a évoqué le cas de Salah Hamouri, comme l’ont demandé la veille Monique Cerisier Ben-​​Guiga, séna­trice des Français de l’étranger, et Jean-​​Claude Lefort, coor­di­nateur du Comité national de soutien à Salah Hamouri, qui étaient reçus à l’Élysée par un conseiller du pré­sident français. Selon le porte-​​parole 
du Quai d’Orsay, Bernard Valero, la diplo­matie fran­çaise « parle sans tabou » à ses inter­lo­cu­teurs.  [2]

[1] voir aussi le Nou­velObs, du 12 novembre :

Sarkozy a reçu très discrètement Netanyahu

Le chef de l’Etat et le Premier ministre israélien n’ont fait état d’aucune avancée sur la question de la colo­ni­sation. En revanche, Ben­jamin Neta­nyahu s’est déclaré "prêt à ren­contrer le pré­sident syrien "pour reprendre les négo­cia­tions de paix".

Le pré­sident Nicolas Sarkozy et le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu se sont entre­tenus pendant une heure qua­rante mercredi 11 novembre à l’Elysée, évoquant notamment les "moyens de relancer, sans délai, le pro­cessus de paix au Proche-​​​​Orient", selon un com­mu­niqué conjoint. Les hommes d’états pro­mettent de "déployer tous les efforts dans ce but et (de) rester en contact étroit sur cette question". Nicolas Sarkozy et Ben­jamin Neta­nyahu n’ont fait état d’aucune avancée sur la question de la colo­ni­sation, que le pré­sident français sou­haite voir gelée mais que le Premier ministre israélien n’entend que limiter. Seuls les sherpas de deux diri­geants - Jean-​​​​David Lévitte côté français, Uzi Arad côté israélien - ont assisté à cet entretien qui s’est déroulé dans les appar­te­ments privés du chef de l’Etat.

Coup de télé­phone à Mahmoud Abbas

Durant la ren­contre, le pré­sident français a télé­phoné à son homo­logue pales­tinien Mahmoud Abbas pour l’exhorter à reprendre les pour­parlers, selon la station Israel Radio. Cependant, le com­mu­niqué n’aborde pas le gel de la colo­ni­sation, point de désaccord entre la France et Israël, sur lequel Nicolas Sarkozy n’a pro­ba­blement pas fait l’impasse. Le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas exige un gel des colonies avant de reprendre les pour­parlers. Les Israé­liens, eux, ne pro­posent que de limiter les nou­velles construc­tions.

Résistance d’Israël

Ben­jamin Neta­nyahu arrivait de Washington où il a eu, lundi, un rendez-​​​​vous crispé, également d’une heure qua­rante, avec Barack Obama. Fait inha­bituel, ses dis­cus­sions avec le pré­sident amé­ricain ont été entourées d’un huis clos total. L’administration Obama a appelé à un gel des implan­ta­tions juives dans les ter­ri­toires pales­ti­niens. Mais Ben­jamin Neta­nyahu, jusqu’à présent, résiste. Il est resté sur ses posi­tions lors d’une visite quelque peu délicate en début de semaine aux Etats-​​​​Unis. La secré­taire d’Etat amé­ri­caine Hillary Clinton, lors de son dépla­cement au Proche-​​​​Orient la semaine der­nière, a estimé que les res­tric­tions israé­liennes pou­vaient être vues comme un premier pas vers un arrêt négocié des acti­vités de colonisation.

"Différend politique" entre la France et Israël

Paris se montre moins conci­liant. "Il y a un vrai dif­férend poli­tique" avec Israël sur la colo­ni­sation, avait reconnu mardi le ministre français des Affaires étran­gères Bernard Kouchner au micro de France-​​​​Inter. "Nous pensons tou­jours que le gel des colo­ni­sa­tions (…) pendant qu’on parle serait abso­lument indispensable".

Mahmous Abbas jette l’éponge

Paris mul­tiplie les contacts avec les diri­geants de la région pour voir s’il est pos­sible de ranimer le pro­cessus de paix. Le pré­sident français Nicolas Sarkozy a télé­phoné mardi à Mahmoud Abbas pour l’encourager "à pour­suivre son action au service des Pales­ti­niens et de la paix". La semaine der­nière, le suc­cesseur de Yasser Arafat avait annoncé qu’il ne bri­guerait pas un second mandat lors de la pré­si­den­tielle de janvier 2010, lassé de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers.

Négociations de paix avec la Syrie ?

D’après d’autres médias israé­liens, Ben­jamin Neta­nyahu s’est déclaré favo­rable à l’ouverture immé­diate de négo­cia­tions de paix avec la Syrie. Ven­dredi, ce sera au tour du pré­sident syrien Bachar al-​​​​Assad d’être reçu par le chef de l’Etat. Ben­jamin Neta­nyahu était venu en France pour parler de l’Iran et de ses ambi­tions nucléaires. Il espérait notamment que Paris fasse davantage pression sur Téhéran. D’après le com­mu­niqué conjoint diffusé par l’Elysée, "le dossier nucléaire iranien a également été évoqué à la lumière des dernières évolutions".

(Nou​velobs​.com avec AP)

http://​tempsreel​.nou​velobs​.com/actu…

[2] Par ailleurs, selon le Nouvel Obser­vateur, lors de son dis­cours à Berlin " pendant les céré­monies du 20ème anni­ver­saire de la chute du Mur de Berlin lundi 9 novembre, le pré­sident français, Nicolas Sarkozy, a affirmé que l’exemple de la capitale alle­mande sonnait "comme un appel à abattre les murs, qui à travers le monde, divisent encore des peuples".

"Si je suis heureux d’être ici, c’est que la chute du Mur de Berlin sonne aujourd’hui comme un appel, un appel à nous tous à com­battre les oppres­sions, à abattre les murs qui, à travers le monde, divisent encore des villes, des ter­ri­toires, des peuples", a estimé le chef de l’Etat sur le parvis de la porte de Brandebourg. (…)"http://​tempsreel​.nou​velobs​.com/spec….

Tiens, encore une pro­messe qu’on pourra lui rap­peler, comme celle d’aller partout sur la planète chercher les Français vic­times de l’injustice. Comme Salah, Mon­sieur le Président !