Afps, mardi 27 décembre 2005
L’un des axes de la solidarité de notre association à la lutte du peuple palestinien est le soutien à des projets en Palestine occupée.
Nombre de nos groupes apportent un soutien, logistique, financier ou de formation, à des partenaires en Cisjordanie, dans la bande de Gaza ou dans les camps de réfugiés au Liban. Pour certains, des jumelages ou des partenariats dans la durée se sont développés, parfois de longue date pour des groupes de l’AMFP (Association Médicale Franco-Palestinienne), l’une de nos organisations “mères”. Cette réalité concrète s’est développée au niveau local, voire régional, mais sans relais réel au niveau national. Dans la logique déjà retenue par la commission Projets précédente, l’AG de mai a décidé que l’une de nos priorités était bien de maintenir et développer les projets dans une stratégie politique de solidarité qui permette aux Palestiniens de tenir, sur place, chez eux, et de résister ainsi au rouleau compresseur de l’occupation. L’accroche locale ou régionale en Palestine sera plus efficace si elle est couplée avec des missions de solidarité, telles la cueillette des olives à l’automne. Qu’il s’agisse d’un jardin d’enfants dans un village bédouin près de Jérusalem que les colons attaquent sans cesse pour en faire partir la tribu, ou de la création d’un dispensaire dans un village près de Ramallah complètement enfermé par des check points rendant impossible l’accès aux soins, il s’agit bien d’une démarche politique, et non humanitaire, d’aide à la résistance des Palestiniens. Pour coordonner ces projets et leur donner une cohérence, tout en gardant bien sûr l’autonomie d’engagement des groupes locaux (GL), la commission “Projets de solidarité” a entrepris un nouveau bilan. Il s’agit pour le moment d’avoir une image nationale claire de ce qui est fait par les GL, des choix d’intervention qui y sont privilégiés. Peu de groupes ont répondu à cette demande de bilan, ou de façon peu claire quant à l’évolution de leurs projets. Si nous voulons réaliser la mutualisation indispensable à notre bon fonctionnement, il faut que les réponses des GL soient nombreuses et circonstanciées. Ainsi pourrons nous déterminer s’il existe une dynamique nationale de nos groupes, et sinon, éventuellement, en proposer une. De nombreux GL n’ont pas encore pris en charge cet aspect de notre solidarité. On nous ressasse, depuis des mois, que « tout va mieux », et maintenant, que « Sharon, devenu centriste, veut un état palestinien ». Pourtant, mur d’apartheid, colonies de peuplement en extension constante, tramway de la colonisation, main mise sur Jérusalem, sur l’eau et les terres… La politique des dirigeants israéliens ne change pas : il faut voler la Palestine aux Palestiniens. Par nos projets, par notre efficacité à les mener et les coordonner, nous pouvons aider les Palestiniens à résister, à rester sur leur terre. Faisons-le ensemble.
Claude Léostic