Appel aux ins­tances natio­nales et aux groupes locaux de l’AFPS pour une soli­darité finan­cière immé­diate contre la répression de la résis­tance non vio­lente à Al Ma’sara

AFPS 14, lundi 11 mai 2009

Si tout le monde connait Bil’in et main­tenant Ni’lin, Al Ma’sara, troi­sième pôle coor­donné de lutte non vio­lente contre le mur et la colo­ni­sation est moins connu. Lors de la mani­fes­tation heb­do­ma­daire du 1er mai de résis­tance contre le mur à Al Ma’sara où plu­sieurs Pales­ti­niens ont été blessés, 7 per­sonnes ont été arrêtées, 5 Pales­ti­niens dont deux leaders du mou­vement à Al Ma’sara, un israélien et un britannique.

Appel aux ins­tances natio­nales et aux groupes locaux de l’AFPS pour une soli­darité finan­cière immé­diate contre la répression de la résis­tance non vio­lente à Al Ma’sara

Arrestations arbitraires à Al Ma’sara le 1er mai

Si tout le monde connait Bil’in et main­tenant Ni’lin, Al Ma’sara, troi­sième pôle coor­donné de lutte non vio­lente contre le mur et la colo­ni­sation est moins connu. Lors de la mani­fes­tation heb­do­ma­daire du 1er mai de résis­tance contre le mur à Al Ma’sara où plu­sieurs Pales­ti­niens ont été blessés, 7 per­sonnes ont été arrêtées, 5 Pales­ti­niens dont deux leaders du mou­vement à Al Ma’sara, un israélien et un britannique.

Ces deux der­niers ont été libérés sous caution le jour même à la condition de ne pas entrer en Cis­jor­danie pendant deux semaines et moyennant une caution de 1500 NIS (300 €) chacun à verser d’ici le 3 mai.

Mohammad et Hassan Bur­jiyah d’Al Ma’sara sont empri­sonnés pour une durée indé­ter­minée. Un de leurs frères est depuis 4 ans en prison, condamné à 15 ans. Le 4è fils de la famille a été tué par l’armée à son retour d’Allemagne. Leur mère est l’âme du comité de femmes du village.

Il est question que les trois autres Pales­ti­niens (le maire Mahmoud Zwahre, intervenu en France à l’automne dernier sur la résis­tance non-​​violente, Mustafa Fuara, un résident d’Al-Ma’sara et Azmi Ash-​​Shyukhi, un habitant d’Hébron), soient libérés sous caution avec enga­gement à ne pas se trouver à proximité d’une mani­fes­tation pendant 6 mois. Ceci était prévu d’abord pour mardi 5 mai puis pour jeudi 7, moyennant 5000 NIS (1000 €) de caution pour chacun, somme passée à 10 000 NIS (2000 €) le 7, la libé­ration étant main­tenant repoussée au dimanche 10 mai. Le salaire d’un pro­fesseur est en Cis­jor­danie de 1500 NIS (300 €) par mois. Ven­dredi 8 mai la mani­fes­tation a eu lieu et a réuni beaucoup de monde concré­tisant ce que Jumah, troi­sième leader du mou­vement à Al Ma’sara non arrêté le 1er mai, disait le len­demain : "Pas question de céder à l’intimidation". "Nous conti­nuerons même s’ils nous arrêtent tous" écrit-​​il dans son dernier courriel.

Le dur­cis­sement de la répression a com­mencé à Al Ma’sara en février dernier. ·Mahmoud Zwahre avait lors d’une mani­fes­tation heb­do­ma­daire été arrêté, gardé à vue pendant plu­sieurs heures à la fin des­quelles le capi­taine israélien lui avait signifié que si les mani­fes­ta­tions conti­nuaient il serait arrêté pour de longs mois. Ce à quoi Mahmoud lui avait répondu que ces menaces ne l’impressionnaient pas car il connaissait leur droit, reconnu par Israël, de mani­fester de façon non-​​violente.

Le ven­dredi suivant, la mani­fes­tation la plus nom­breuse jamais réunie à Al Ma’sara se déroulait, par­venant à écarter et franchir les rou­leaux de bar­belés que l’armée avait dis­posés sur la route à la sortie du village. Cette nuit-​​là, l’armée investit le village, sort Mahmoud de sa maison, brise des meubles, visite son ordi­nateur, le met à genoux, yeux bandés et mains liées, dans la rue en vête­ments légers. Mohammad subit le même sort. Les menaces d’arrestation sont réitérées.

Comment com­prendre et contrer cette répression ? 6000 € à envoyer au plus vite On le voit : la répression israé­lienne est ciblée : elle vise à déca­piter le mou­vement en empri­sonnant ses leaders locaux. Si les Israé­liens sont contraints à des libé­ra­tions contre caution, c’est qu’aucun com­por­tement violent contre l’armée ne peut être énoncé, c’est que les arres­ta­tions relèvent de l’arbitraire. (Pour les membres de la famille Bur­jiyah, il s’agit de tenter de briser le cristal de résis­tance qu’elle représente).

L’ampleur des cau­tions montre qu’il s’agit de rendre impos­sible leur ver­sement pour pouvoir garder en détention les Pales­ti­niens arrêtés, ceci avec, par ailleurs, le but de détourner les simples citoyens de par­ti­ciper au mou­vement de résis­tance non-​​violente. Le montant de la caution exigée conduisant au maintien en prison des per­sonnes arbi­trai­rement arrêtées, les habi­tants moins poli­tisés pren­drontils le risque de mani­fester ? C’est pour éviter cette pression que, dès août dernier, nous avons com­mencé à parler avec Mahmoud de l’importance de constituer des fonds de réserve pour le paiement des cau­tions, les­quelles sont res­ti­tuées après qu’a été prouvé devant le tri­bunal mili­taire qu’il n’y a pas eu acte de vio­lence contre l’armée.

Le mou­vement de soli­darité avec la Palestine, l’AFPS tout par­ti­cu­liè­rement, qui a affirmé comme prio­ri­taire son soutien à la résis­tance non vio­lente, doivent réagir et faire obs­tacle à cette poli­tique répressive.

L’information sur cette répression hon­teuse et illégale doit être la plus large pos­sible. Le soutien financier pour per­mettre la libé­ration des leaders et des simples citoyens doit être immédiat et approprié. L’urgence oblige à trouver et faire par­venir au plus vite les fonds néces­saires, à savoir en tout cas 6000 € ; ceci, avant qu’aient pu être pré­cisées les règles sur les­quelles contracter pour le fonc­tion­nement d’un fonds de rou­lement pour le ver­sement des cau­tions. La consti­tution de tels fonds (un par pôle de résis­tance) a été demandée comme une priorité par nos amis pales­ti­niens du mou­vement non-​​violent de résis­tance en octobre dernier. Ce sera une tâche prio­ri­taire pour le groupe de travail que le rapport d’orientation prévoit de créer (§ 3.4.2).

Les AFPS de Caen, Rouen et Saint Lô ont débloqué les 1200 € mis en réserve pour un tel fonds à Al Ma’sara après l’article paru dans Palestine Soli­darité n° 27. Avec les apports décidés par des orga­ni­sa­tions de Chambéry (où une mili­tante de l’AFPS a été le relais et le coeur de cette pre­mière semaine de mobi­li­sation active), de Gre­noble et du Trièves, qui ont des liens étroits avec Al Ma’sara, ce sont 3000 € qui par­vien­dront d’ici Dimanche 10 Mai à Al Ma’sara . Les événe­ments sur­venus à Al Ma’sara le 1er mai conduisent à appeler dès aujourd’hui d’autres groupes locaux et l’AFPS nationale à par­ti­ciper à ce soutien concret en décidant de contri­bu­tions finan­cières. Celles ci sont à adresser à l’AFPS Nationale en pré­cisant "pour le paiement des cau­tions des per­sonnes arrêtées à Al Ma’sara". Cet argent pourra alors être envoyé au compte de l’association Al Shmoh, centre des actions de résis­tance et de déve­lop­pement pour les 9 vil­lages de ce canton entre Bethléem et Al Khalil (Hébron), canton amputé par la construction du mur annexant des hec­tares et des hec­tares de leurs terres, canton convoité pour le déve­lop­pement des colonies du Gush Etzion dans la prison duquel ont été empri­sonnés nos amis, nos très chers amis.

Adresse à laquelle envoyer des mes­sages de soutien (en anglais, de pré­fé­rence) : jumah@alshmoh-center.org

Caen le 9 mai 2009 AFPS-​​14