Amnesty épingle Israël sur Gaza

Hassane Zerouki, vendredi 3 juillet 2009

L’ONG basée à Londres a publié un rapport acca­blant sur la der­nière offensive israélienne .

Cinq mois et demi après la fin de l’offensive israé­lienne de décembre-​​janvier dernier, contre Gaza, Amnesty inter­na­tional a rendu public hier un rapport accusant Israël d’avoir « violé les lois huma­ni­taires inter­na­tio­nales » en s’en prenant à des civils. Intitulé « Opé­ration plomb durci, 22 jours de morts et de des­truction à Gaza », le rapport, fruit d’une enquête sur le terrain, fait état de 1 400 Pales­ti­niens tués et 5 000 blessés du fait des bom­bar­de­ments israé­liens, soit le même nombre figurant dans le bilan des ser­vices de santé palestiniens.

Ce rapport ne constitue pas en soi une sur­prise : le 23 février dernier, l’ONG avait déjà publié un premier rapport dans lequel elle accusait Israël de « bom­bar­de­ments » dirigés contre des civils. Dans le rapport de 117 pages, publié hier, Amnesty renou­velle son appel à un embargo « total et immédiat » sur les armes à des­ti­nation aussi bien d’Israël que des isla­mistes du Hamas. Elle demande aux États d’engager des pour­suites judi­ciaires pour « crimes de guerre ».

L’organisation dénonce en effet l’armée israé­lienne qui n’a pas « dis­tingué entre cibles civiles et mili­taires », alors qu’elle ne pouvait ignorer la pré­sence de civils dans les sec­teurs visés, avec pour résultat la « mort de cen­taines de civils, désarmés dont 300 enfants, 115 femmes et 85 hommes âgés de plus de cin­quante ans ». Elle accuse en outre l’armée israé­lienne de s’être servie de civils pales­ti­niens, y compris d’enfants, comme « bou­cliers humains » en les forçant à rester à proximité de posi­tions qu’elle occupait ou même de les avoir obligés à exa­miner des objets sus­pects ris­quant d’être piégés.