Amnesty Inter­na­tional : l’UE ne met pas les droits de l’Homme au coeur de ses rela­tions avec Israël

Communiqué d’Amnesty International, mardi 21 août 2012

« Le rehaus­sement des rela­tions alors que les normes euro­péennes et les demandes de l’Union sont ignorées constitue un exemple clair d’application duale des règles et transmet un message erroné. »

Bruxelles, 27 juillet 2012

Fin juillet, l’UE a annoncé un ren­for­cement des rela­tions bila­té­rales avec Israël en enté­rinant 60 nou­veaux domaines de coopération.

Amnesty Inter­na­tional regrette que cette décision ait été prise sans avoir considéré comme il le fallait la nécessité de traiter sérieu­sement les vio­la­tions per­ma­nentes des droits de l’Homme et de la légis­lation huma­ni­taire inter­na­tionale qui sur­viennent en Israël même et dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occupés et sans donner à cette question toute l’attention qu’elle mérite. Ce rehaus­sement ne cadre pas avec les enga­ge­ments que l’UE s’est engagée à res­pecter en élaborant la nou­velle Poli­tique euro­péenne de voi­sinage et la liste des Droits de l’Homme récemment approuvée.

« Les droits de l’Homme partout dans le monde et les obli­ga­tions huma­ni­taires inter­na­tio­nales devraient être au coeur des rela­tions avec tous les pays, y compris Israël »,a déclaré Nicolas Beger, Directeur du Bureau d’Amnesty Inter­na­tional, en charge des Ins­ti­tu­tions euro­péennes. « Le rehaus­sement des rela­tions alors que les normes fixées par l’UE et les exi­gences de cette der­nière sont ignorées constitue un exemple clair d’application de double règle et transmet un message erroné ». L’UE n’a pas saisi l’occasion de dia­logue qui lui était fournie, lors de la réunion de fin juillet du Conseil d’Association UE-​​Israel, pour inter­roger le ministre des Affaires étran­gères israélien et sou­lever les ques­tions urgentes qui se posent dans le cadre de ses rela­tions avec ce pays, notamment les vio­la­tions continues des légis­la­tions inter­na­tio­nales. L’UE a échoué une fois de plus à mettre fin à la large impunité accordée au per­sonnel de sécurité et aux mili­taires israé­liens lorsqu’ils com­mettent des vio­la­tions, y compris les vio­la­tions per­pé­trées au cours de l’Opération « Plomb durci » (contre Gaza en 2008-​​2009). Jusqu’à présent également il n’y a pas eu d’enquête minu­tieuse et impar­tiale concernant l’assassinat de civils et les diverses allé­ga­tions de torture et autres trai­te­ments cruels et inhu­mains. Enfin, l’UE demeure aveugle face à la situation tou­jours plus périlleuse dans laquelle se débattent les migrants et les deman­deurs d’asile ori­gi­naires d’Afrique sub­sa­ha­rienne en Israël, alors même que les auto­rités du pays ont initié récemment des dépor­ta­tions de masse des migrants afri­cains et que l’on y assiste à une montée dra­ma­tique des actes de vio­lence racistes.

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Traduction O pour l’AFPS