Agressions de diplomates français par des soldats israéliens en Palestine*

JP Perrin, dimanche 28 juin 2009

Les soldats israé­liens ont agressé plu­sieurs fois des diplo­mates français : la direc­trice du centre culturel français de Naplouse (Cis­jor­danie) a été sortie de son véhicule, jetée à terre et rouée de coups par des mili­taires israé­liens près de Jérusalem.

Si Nicolas Sarkozy fait beaucoup d’efforts pour se rap­procher de l’Etat hébreu, on ne peut pas dire que la réci­proque soit vraie. A preuve la mul­ti­pli­cation des « bavures » com­mises par les forces de sécurité israé­liennes à l’encontre de res­sor­tis­sants français en mission et soi­gneu­sement étouffées par le Quai d’Orsay. Lundi, la direc­trice du centre culturel français de Naplouse (Cis­jor­danie) a été sortie de son véhicule, jetée à terre et rouée de coups par des mili­taires israé­liens près de Jéru­salem. « Je peux te tuer », a lancé en anglais l’un des soldats. Sa voiture portait pourtant des plaques diplo­ma­tiques. Depuis, on lui a décon­seillé de porter plainte pour ne pas « gêner » la visite de Néta­nyahou. Mardi, c’est le directeur du centre culturel de Jérusalem-​​Ouest, Olivier Debray, qui, à bord d’un véhicule pourvu de plaques consu­laires, a été insulté par des policiers.

Miette. D’une façon générale, le corps consu­laire français se plaint de la vio­lation régu­lière par les poli­ciers et les soldats israé­liens des usages consu­laires. Le 11 juin 2008, Catherine Hyver, consule adjointe à Jéru­salem, avait été retenue dix-​​sept heures sans une goutte d’eau ni une miette de pain par la sécurité israé­lienne à un point de passage de la bande de Gaza.

Excré­ments. Mais l’incident le plus cho­quant est l’occupation du domicile de l’agent consu­laire français, Majdi Chak­koura, à Gaza pendant l’attaque israé­lienne de janvier. En son absence, les soldats israé­liens ont com­plè­tement ravagé les lieux - pourtant signalés à l’armée israé­lienne -, volé une grosse somme d’argent, les bijoux de son épouse, son ordi­nateur et détruit la thèse sur laquelle il tra­vaillait. Et ils ont souillé d’excréments le drapeau français. Le Quai d’Orsay n’a là encore élevé aucune pro­tes­tation. Une occu­pation sem­blable s’est pro­duite au domicile d’une pro­fes­seure pales­ti­nienne du centre culturel français. Avec ce tag écrit en français sur la biblio­thèque dévastée : « Sale arabe, ont va revenir te tuer ». C’est, dit-​​on à Gaza, la faute de français - le « t » en trop - qui a choqué l’enseignante.