Accords jordano-​​palestinien du Caire (27 septembre 1970)

mercredi 16 février 2005

(Extraits)

Le roi Hussein, Yasser Arafat et huit pays arabes signent, le 27 sep­tembre 1970, au Caire, un accord qui met fin à dix jours de combats en Jor­danie. C’est un com­promis, sans vain­queur ni vaincu : il affirme la sou­ve­raineté du roi sur la Jor­danie, mais garantit la conti­nuité de l’action des fedayine dans le royaume. Cet accord est com­plété par celui signé à Amman, le 13 octobre 1970.

1 - Toutes les opé­ra­tions mili­taires, tant de la part des forces armées jor­da­niennes que des forces de la résis­tance pales­ti­nienne, ces­seront sur le champ, de même que tous les mou­ve­ments mili­taires qui ne sont pas de routine. Toutes les cam­pagnes de pro­pa­gande incom­pa­tibles avec les objectifs de cet accord doivent cesser.

2 - Toutes les forces armées jor­da­niennes seront rapi­dement retirées d’Amman et retour­neront dans leurs bases habi­tuelles ; toutes les forces de fedayine seront retirées de la capitale et s’installeront dans les régions convenant à l’action des commandos.

3 - À Irbid et dans les autres villes jor­da­niennes, la situation mili­taire et civile qui existait avant les récents événe­ments sera rétablie, sous l’administration jordanienne.

4 - Les forces de sécurité inté­rieure seront res­pon­sables du maintien de la sécurité sous l’administration civile.

5 - Tous les pri­son­niers détenus de part et d’autre seront immé­dia­tement libérés.

6 - Un Haut Comité sera formé pour veiller à l’application de cet accord de base et de tous ceux qui en décou­leront éven­tuel­lement, et pour coor­donner l’action et les rela­tions des auto­rités jor­da­niennes et de la résis­tance pales­ti­nienne pour main­tenir la sécurité et nor­ma­liser la situation.

7 - Le Haut Comité dis­posera d’un bureau mili­taire, d’un bureau civil et d’un bureau d’assistance et de secours.

8 - Le Haut Comité élaborera un accord liant les deux parties afin d’assurer la conti­nuité de l’action des fedayine et le respect de la sou­ve­raineté du pays dans les limites imposées par la loi, à l’exception de ce qui est néces­saire à l’action des fedayine.

9 - Toutes les déci­sions prises par le Haut Comité en vue de l’application de l’accord sont exé­cu­toires pour les deux parties […].

12 - Afin de créer l’atmosphère favo­rable à l’exécution de cet accord, et d’atteindre les nobles objectifs qu’il vise, les deux parties met­tront fin à toutes les situa­tions excep­tion­nelles et au gou­ver­nement militaire.

13 - Si les auto­rités jor­da­niennes ou la résis­tance pales­ti­nienne contre­viennent à l’une des dis­po­si­tions de l’accord ou entravent son appli­cation, tous les pays arabes signa­taires pren­dront des mesures com­munes et col­lec­tives contre la partie coupable.

Signé par le roi Fayçal (Arabie saoudite), cheikh Sabah al Salern al Sabah (émir du Koweit), le pré­sident Gamal Abdel Nasser (RAU) le pré­sident Soleiman Frangié (Liban), le roi Hussein (Jor­danie) Yasser Arafat (OLP), le colonel Moammar el Kadhafi (Libye), le pré­sident Gaafar el Nimeiri (Soudan), Bahi Ladgham (Premier ministre de Tunisie), Ahmed Mohamed el Chami (membre du Conseil répu­blicain de la Répu­blique arabe du Yémen).