Accord des groupes palestiniens sur une trêve à Gaza

L’Orient le Jour, samedi 3 mai 2008

L’Égypte a obtenu jeudi 1er mai un accord des groupes pales­ti­niens sur un projet de trêve avec Israël qui débu­terait à Gaza puis s’étendrait en Cis­jor­danie, en échange d’une levée du blocus israélien. Cette offre doit désormais être dis­cutée avec Israël.

Douze groupes armés pales­ti­niens ont donné leur accord à l’offre de trêve avec Israël, déjà approuvée la semaine der­nière par les prin­cipaux mou­ve­ments pales­ti­niens Hamas et Fateh, a annoncé hier un haut res­pon­sable égyptien dans un com­mu­niqué officiel rap­porté par l’agence égyp­tienne MENA. Le projet énonce des prin­cipes chers à des groupes armés, comme le Jihad isla­mique, qui veut une trêve globale s’appliquant aussi bien en Cis­jor­danie qu’à Gaza, mais, dans les faits, le texte parle d’une appli­cation pro­gressive et par étapes. L’offre prévoit « une accalmie globale, réci­proque et simul­tanée, qui serait appliquée pro­gres­si­vement, en com­mençant par la bande de Gaza et s’étendant ulté­rieu­rement à la Cis­jor­danie », selon le haut res­pon­sable anonyme cité. « Cette accalmie est la pre­mière étape d’un plan d’action qui vise à créer les condi­tions adé­quates pour la levée du blocus (de Gaza par Israël) et la fin de l’état de division (des rangs) pales­ti­niens ». Ces pour­parlers ont été menés par le chef des ren­sei­gne­ments égyp­tiens Omar Sou­leimane, qui joue le rôle de médiateur dans les négo­cia­tions israélo-​​palestiniennes.

Le Jihad isla­mique, res­pon­sable d’une grande partie des tirs de roquettes sur Israël et partie pre­nante des dis­cus­sions du Caire, a dit qu’il ne signerait pas la trêve mais ne serait pas un obs­tacle à son appli­cation. Le Front popu­laire de libé­ration de la Palestine (FPLP) a déclaré de son côté que son mou­vement ne croyait pas aux bien­faits d’une trêve sous occu­pation, mais qu’il n’avait pas sou­haité faire obs­tacle au consensus inter­pa­les­tinien. Le FPLP-​​Commandement général d’Ahmad Jibril a dit être « en faveur de la trêve à condition qu’elle soit équi­librée, réci­proque et globale, et qu’elle concerne la Cis­jor­danie aussi bien que Gaza ». Le Hamas s’est, pour sa part, félicité de l’accord. « C’est une étape impor­tante et la balle est main­tenant dans le camp de l’occupation israé­lienne. Elle doit choisir entre faire réussir les efforts égyp­tiens ou les faire échouer. Dans ce cas, elle devra en assumer les consé­quences », a affirmé à l’AFP un porte-​​parole, Sami Abou Zouhri. « Nous attendons désormais une réponse offi­cielle d’Israël à travers Le Caire pour fixer notre position défi­nitive sur la trêve », a-​​t-​​il ajouté.

L’ambassadeur pales­tinien au Caire, Nabil Amr, a d’ailleurs affirmé à l’AFP qu’après avoir obtenu l’accord des Pales­ti­niens, M. Sou­leimane allait se rendre en Israël pour sou­mettre l’offre. Le pré­sident égyptien Hosni Mou­barak a, en outre, d’ores et déjà informé le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, lors d’un entretien télé­pho­nique hier, de la teneur de la position palestinienne.

Interrogé par l’AFP, Mark Regev, porte-​​parole du gou­ver­nement israélien, s’est contenté de réitérer les condi­tions édictées par Israël. Pour être « durable et réel », un retour au calme doit s’accompagner de « trois points : absence totale de tirs de Gaza contre Israël, ces­sation absolue des attaques ter­ro­ristes et fin du trafic d’armes dans la bande de Gaza », a-​​t-​​il dit.

Paral­lè­lement, le roi Abdallah II de Jor­danie a ren­contré hier le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, en visite sur­prise à Amman. « Lors de la réunion, le roi a sou­ligné le besoin, pour les négo­cia­tions israélo-​​palestiniennes, de par­venir à un accord basé sur une solution à deux États avant la fin de cette année », a indiqué le palais royal. « Ils ont parlé de l’implication de la Jor­danie dans (ce) pro­cessus (de paix) », a précisé Mark Regev.

En soirée, la vio­lence était tou­tefois de nouveau de mise. Un acti­viste du Jihad isla­mique a été tué et six per­sonnes ont été blessées dans un raid aérien israélien contre un garage à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon des sources palestiniennes.

La radio publique israé­lienne a, par ailleurs, déclaré qu’une enquête de l’armée israé­lienne avait conclu que l’armée n’était pas res­pon­sable de la mort lundi dans la bande de Gaza d’une Pales­ti­nienne et de ses quatre enfants.